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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 00:05
CRIPsa
Compte rendu du cartel préparatoire à la formation sur la fin des cures chez les enfants

Début de  bibliographie :

. Françoise Dolto, Le séminaire de psychanalyse d’enfants,…
. POULAIN, « Du terminable dans la cure d’un enfant », Lettres de l’EFP (1973) ou Scilicet 5
. FREUD, Les cinq psychanalyses, « Le petit Hans », PUF.
. In La conclusion de la cure, Variété clinique de la sortie d’analyse, Seuil, 1994 :
-    L’enfant freudien
-    La résolution curative dans le cas du petit Hans
-    L’enfant et son entrée en analyse
-    L’enfant et la sortie de l’analyse
-    Les destins du fantasme dans la psychanalyse avec les enfants
. FERENCZI, « Un petit homme coq », Œuvres complètes, Paris, Payot, 1978, tome III, p. 72.
. SOKOLNICKA, « Analyse d’une névrose obsessionnelle infantile », Ornicar ? 37, Paris, Navarin, p. 90.

Résumé et réflexions autour du texte rédigé par Pierre-Gilles Guéguen, L’enfant freudien.

Il s’agit d’une série de cas d’enfants (tous des garçons !) entre 1909 et 1928. Cette série s’organise autour de l’identification paternelle et ses variations. Chacune de ces analyses propose un dénouement dans la logique de la mise au point de la fonction du père dans la psychanalyse et de son usage.
1-    Hans (1909) analysé par Freud via son père
Le symptôme est la phobie qui vient suppléer à la fonction paternelle. L’imaginaire sert de médiation au symbolique. Le complexe d’Œdipe est franchi mais pas résolu. Il maintient la croyance en l’existence du phallus maternel. Chez Freud en 1909, l’accent est mis sur l’Œdipe plus que sur les conséquences du complexe de castration. Avec Lacan, nous dirions aujourd’hui qu’il n’est pas séparé de l’objet (le regard n’est pas séparé de la vision) et le fantasme fondamental  n’est pas construit

2-    Arpad (1913) analysé par Ferenczi et commenté par Freud
Le symptôme est une passion sadique pour les poules. Identification au coq-père.
3 temps se développent dans la cure : 1. il situe le père comme exception => tout père est un Dieu 2. Le monde des dieux est différent de celui des hommes. 3. Il formule le désir de se marier avec toutes les femmes. Il transgresse l’interdit en restant fixé à un « usage pervers » du fantasme : être le coq de la basse-cour. Freud en fait le modèle d’une identification réussie au père sur le fondement de l’identification au père mort.

3-    L’enfant de Minsk (1920) analysé par Sokolnicka
Névrose obsessionnelle grave, rituels. Le sens du symptôme est la « prévention du châtiment du Bon Dieu après qu’une transgression ait été commise. La venue à la conscience du refoulé permet la résolution des symptômes. L’analyste procède aussi par renforcement du surmoi. Mais l’analyse permet aussi de faire éclore les reproches adressés au père de n’être pas à la hauteur. Début du deuil du père idéal.

4-    Rudi (1921) analysé par Spielrein
Nervosité, angoisse et troubles du sommeil.
Premier rêve : un voleur veut lui planter un couteau dans le ventre. Puis dans un autre rêve, il devient lui-même le voleur. L’angoisse disparaît. On est passé du rêve d’angoisse au rêve de désir. L’analyste a obtenu la remise en route de la chaîne signifiante dans le transfert. C’est l’entrée en analyse. Ce qui insiste chez l’enfant, c’est un fantasme de féminisation par le père. La thèse à soutenir au-delà des positions de l’analyste, c’est que ce qui est angoissant pour cet enfant c’est la soumission au père. La jouissance en jeu concerne le rapport au père et non à la mère.

5-    Jacques (1926) analysé par Morgenstern
Mutisme. Invention de la cure via le dessin.
En internat, âgé de 9 ans. Arrêt de la cure lorsque le symptôme s’arrête càd lorsque l’analyste trouve le motif dans sa peur qu’on ne lui coupât la langue pour le punir de s’être touché et dans le besoin de se punir pour son désir de la mort de son père. Le symptôme réalise cette punition. Mais l’analyste ne voit pas que la disparition de son mutisme répond à des conditions précises : 1. Jacques répond à sa sœur aînée, 2. puis aux questions des Sœurs, 3. il fait 2 dessins : les fratellini sortent d’un palais et des dames en habits d’homme. La question de Jacques était probablement son identité sexuelle et du rôle du père. Cette question il la posait à travers sa sœur et dans le transfert à travers S. Morgenstern. Il sort de la cure avec une identification au petit frère.

6-    Le cas Hermine
C’est en fait une analyste qui se donne pour objectif de rendre aux enfants la capacité de travailler et de survivre aux déceptions de la vie. Elle avait des intuitions intéressantes quant à la logique de la cure : l’idée de la fonction du père et de ses effets de soustraction de jouissance mais non articulée à la différence des sexes, obstination à lever les obstacles que les parents mettaient, sensible au tact, au cas par cas et à la capacité à supporter le transfert négatif.

Nos réflexions :
-    Le fait que ce soit tous des garçons est à retenir comme axe. La sortie des cures chez les filles est certainement très différente quant à l’identification.
-    Nous avons été frappée par la constante qui veut que toujours la cure s’arrête sur la résolution thérapeutique du symptôme même si l’analyste note qu’elle n’est pas terminée, le plus souvent les parents arrêtent ou parfois l’analyste met fin à la cure estimant le travail suffisant. Nous retenons de cela qu’il faut avec le symptôme être prudent et ne pas pousser trop vite à sa résolution sans quoi le travail de l’analyse s’en trouvera court-circuité.
-    Notre attention a aussi été retenue par la visée de la cure analytique chez les enfants avec Lacan, c’est la même qu’avec les adultes : construction du fantasme fondamental et séparation de l’objet.
-    On voit au fil de ces cas évoluer la conception de Freud concernant la fin du travail analytique avec les enfant : en 1909, il suffisait d’assurer la bonne mise en place de l’Œdipe, en 1913, il souligne l’identification réussie au père mort. Dans les cas suivants, on voit que les analystes ne l’ont pas suivi dans sa recherche concernant le masaochisme.
-    Il est frappant aussi de constater que les deux enfants pour qui l’analyste n’a pas vu l’insistance du fantasme de féminisation sont deux femmes.
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