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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 23:38
Désir et suicide

Pente au suicide et n’avoir pas été désiré

Lacan indique dans le sem V (p. 245) que nous rencontrons une irrésistible pente au suicide chez des sujets « plus ou moins caractérisés par le fait d’avoir été des enfants non désirés ».
« A mesure même que s’articule mieux pour eux ce qui doit les faire s’approcher de leur histoire de sujet, ils refusent de plus en plus d’entrer dans le jeu. Ils veulent littéralement en sortir. Ils n’acceptent pas d’être ce qu’ils sont, ils ne veulent pas de cette chaîne signifiante dans laquelle ils n’ont été admis qu’à regret par leur mère. »

Dans sa conférence à Genève sur le symptôme, Lacan revient également sur la façon dont le sujet a été désiré : « Nous savons bien » dit-il « l’importance qu’a eue pour un sujet, je veux dire ce qui n’était à ce moment que rien du tout, la façon dont il a été désiré. » « Il y a des gens qui vivent sous le coup, et cela leur durera longtemps dans leur vie, sous le coup du fait que l’un des deux parents – je ne précise pas lequel – ne les a pas désirés. C’est bien cela le texte de notre expérience de tous les jours. » « Même un enfant non désiré peut, au nom de je ne sais quoi qui vient de ses premiers frétillements, être mieux accueilli plus tard. N’empêche que quelque chose gardera la marque de ce que le désir n’existait pas avant une certaine date. »

Jacques Alain Miller, à une question qui lui était posée à la suite de sa conférence sur le passage à l’acte que vous trouvez dans la revue Mental, indique également que « l’enfant non désiré peut se sentir une vocation à la disparition… »

C’est cette conjonction entre pente au suicide et le fait de n’avoir pas été désiré que je voudrais déplier aujourd’hui.


Principe de plaisir et tendance vers la mort

Dans le séminaire V, p. 243, Lacan part là de la découverte que fait Freud à partir de ses cures et qu’il articule dans son texte « L’au-delà du principe de plaisir ».
« A considérer le mode de résistance ou d’inertie du sujet à une certaine intervention curative,… nous sommes amenés à articuler le principe de plaisir comme la tendance de la vie à retourner à l’inanimé. Le dernier ressort de l’évolution libidinale, c’est de retourner au repos des pierres. …. Cet apport de Freud, s’il est paradoxalement nouveau, voire scandaleux … n’est par ailleurs qu’une extension du principe du plaisir, tel que Freud le caractérisait par le retour à zéro de la tension. Il n’y a pas, en effet de plus radical retour à zéro que la mort…. »

Principe de plaisir comme retour à la mort, plaisir effectif et le voile, croyance, leurre.

Lacan poursuit p. 244 « … cette formulation du principe de plaisir, nous sommes tout de même forcés pour distinguer, de la situer au-delà du principe de plaisir. » « dès lors que l’on admet que le principe du plaisir est de retourner à la mort, le plaisir effectif, celui auquel nous avons affaire concrètement, nécessite un autre ordre d’explications. Il faut bien que quelque truc de la vie fasse croire aux sujets, si l’on peut dire, que c’est bien pour leur plaisir qu’ils sont là. On en revient à la plus grande banalité philosophique, à savoir que c’est le voile de Maïa qui nous conserverait en vie grâce au fait qu’il nous leurre. »

Réaction thérapeutique négative

« Il ne faut rien de moins à Freud pour justifier de l’existence de ce qu’il appelle la réaction thérapeutique négative…. Elle se manifeste par toute sorte de choses extrêmement gênantes pour le sujet comme pour nous et son entourage. … qu’à tout prendre n’être pas né peut paraître un meilleur sort pour tout ce qui est venu à l’être. La parole qu’Œdipe finit par articuler, son më phunai (n’être pas né), comme le terme dernier donnant le sens où vient culminer l’aventure tragique, bien loin d’abolir celle-ci, l’éternise au contraire, pour la simple raison que si Œdipe ne pouvait pas arriver à l’énoncer, il ne serait pas le héros suprême qu’il est. C’est justement en tant qu’il l’articule  finalement, c'est-à-dire qu’il se pérennise, qu’il est ce héros. »

Donc
1. Ce qui caractérise le principe de plaisir, c’est un retour à la tension zéro, à la mort, au repos des pierres. Ce qui justifie que nous l’appelions au-delà du principe de plaisir.
2. Dès lors, ce qui explique le fait que nous trouvons du plaisir à la vie, pourrait être lié à l’existence d’un voile, d’un leurre, d’une croyance.
3. Il arrive, tel Œdipe, qu’un sujet lèvant le voile sur ce qui cause son désir de savoir, sur ce qui l’a mis en quête de savoir, articule un souhait de mort. « Mieux vaut être n’être pas né que de vivre avec ce savoir sur mon être. »

Je vous lis les dires d’Œdipe (Sophocle p. 86, 87)
Et le Coryphée  (p. 87)

4. Comprenons bien ce que nous dit Lacan : Ce qui fait d’Œdipe un héros, c’est le fait dire ce « Maudit cet homme qui me sauva de la mort »… Car nous dit Lacan, en l’articulant, d’une part, il éternise son aventure tragique… et d’autre part, il se pérennise lui-même, il se rend durable, il se fait durer mais en endurant... S’il s’était donné la mort, il ne pourrait plus l’énoncer.



Poursuivons notre étude de cette conjonction entre pente au suicide et le fait de n’avoir pas été désiré.

Pour ce faire, je m’appuierai sur
-    l’articulation de Lacan dans ce chapitre du séminaire V : Désir et signifiant
-    sur le texte de Pierre Gilles Guegen dans Mental 17 : Suicide et parti pris de ne rien savoir
-    sur un cours de Jacques Alain Miller : Rapport indicible à la jouissance et castration



Séminaire V – Désir, dimension essentielle du signifiant

Qu’est-ce que Jacques Lacan nous amène sur le lien entre désir et suicide ?
Comment entendre ce « N’avoir pas été désiré » ?
Lacan dit, soulignons-le, que dans ces cas, c’est exactement ce que nous retrouvons dans les autres cas. Donc point commun : « la présence d’un désir qui s’articule non seulement comme désir de reconnaissance mais comme reconnaissance d’un désir. » Et Lacan ajoute « Le signifiant en est la dimension  essentielle. ».  Donc attention, s’arrêter à la réalité nous ferait manquer la fonction de ce qui est en jeu et qui est en jeu également dans les autres cas.
Quel est cet enjeu ?
Plus le sujet parle, plus s’affirme d’une part, son désir de reconnaissance – se faire reconnaître par l’analyste au moyen du signifiant –, plus il s’approche d’autre part, de la reconnaissance d’un désir.  Quel est ce désir  qui se reconnaît, qui s’entrevoit dans l’analyse ?

Lacan aborde ce désir à partir du texte de Freud sur le fantasme « Un enfant est battu » - plusieurs patient(e)s le lui ayant avoué avec beaucoup de culpabilité -. Lacan en reprend les trois temps.
1er temps : dans cette phase du fantasme (la plus archaïque), le sujet se fait spectateur. « Mon père bat l’enfant haï par moi. » L’enfant battu est un germain, un petit frère ou une petite sœur.
Pour Freud, la signification de ce fantasme se situe au niveau du père : le père refuse son amour à l’enfant battu. L’enfant battu est l’objet d’un sévice et ce sévice consiste à le dénier comme sujet, à réduire à rien son existence comme désirant, à le réduire à un état qui tend à l’abolir comme sujet.
2ème temps : ce temps est reconstruit dans l’analyse car il est refoulé; il ne peut pas être articulé par le patient. « Mon père me bat » Il témoigne du désir d’être l’objet du désir du père avec ce qu’il comporte de culpabilité, nécessitant que le patient se fasse battre.
3ème temps : La formulation « Un enfant est battu » est celle avouée par le patient.

Ce désir qui est entrevu par le sujet qui parle, Lacan le situe au second temps, ce temps où c’est le sujet lui-même qui est aboli, qui est battu par le père. La signification de « Mon père me bat » est double : à la fois reconnaissance et amour du père (ce qui le valorise, à savoir être choisi par le père) et mode de relation interdite du sujet avec le père (ce qui le profane, à savoir être l’objet du désir du père).

Et nous dit Lacan, ce dont il s’agit là, à travers ce fantasme, c’est du rapport du sujet au langage, au signifiant. Le fouet, c’est ce qui laisse une marque, c’est le signifiant. Je vous lis p. 243 «  Il y a donc le message, celui qui ne parvient pas à la place du sujet. C’est l’impensable (temps deux). En revanche, la seule chose qui demeure, c’est le matériel du signifiant, cet objet, le fouet, …qui reste comme un signe du rapport avec le désir de l’Autre. »
Et p. 247 Comment le sujet se sent-il affecté comme désir par le signifiant ? pour autant que c’est lui qui est aboli par le fouet imaginaire et bien entendu signifiant.

Nous retrouvons là ce qu’écrit très joliment Jacques-Alain Miller dans un texte intitulé « Los padres dans la direction de la cure (quarto 63) « Le père, c’est la parole. Et sans doute le sujet est fils de la parole ».

Donc ce qui se passe pour le sujet qui se découvre non désiré ou désiré qu’à regret, a lieu aussi pour tout sujet qui s’engendre à l’aide du signifiant…

Plus il s’engendre à l’aide du signifiant, moins il est identifié, moins il est « quelqu’un » mais plus il devient… ce sujet désirant, ce signifié qui court sous la chaîne signifiante.
Ex : « Cet enfant qui se croit quelqu’un dans sa famille, une seule taloche suffit souvent à le précipiter du faîte de sa toute-puissance. Et bien il s’agit d’un acte symbolique.» p. 241 dans la mesure où cet acte abolit le sujet, le barre, le fait chuter du signifiant auquel il s’est accroché pour le rendre ainsi désirant. En quelque sorte pour le faire entrer dans la chaîne.

Mais, et c’est là ce sur quoi Lacan attire notre attention, plus un sujet s’affirme avec le signifiant comme voulant sortir de la chaîne signifiante ou ne voulant pas y entrer, plus il y entre, plus il se trouve lié à cette chaîne. Plus il devient le signe de cette chaîne. « C’est précisément à partir du moment où le sujet est mort qu’il devient pour les autres un signe éternel, et les suicidés plus que les autres. » p. 245

Vignette clinique :

Une patiente en analyse raconte combien, alors qu’elle était enfant, un mensonge (qui lui avait échappé) lui a procuré une honte cuisante lorsqu’il a été dévoilé. Cette honte l’a hantée pendant très longtemps. Elle voulait effacer ce dire (ce S1), l’éliminer (tâche impossible) et s’auto-punir, c'est-à-dire s’éliminer avec son dire.  « J’ai voulu mourir » dit-elle.

Le soir du dévoilement, sa mère pourtant lui a demandé : « Pourquoi as-tu dit cela ? »
Impossible pour elle d’y répondre d’amener un 2ème signifiant, un S2, tant elle ne voulait plus y penser en raison de la honte.
Et n’osant plus parler de peur que quelque chose de honteux à nouveau lui échappe, elle a choisi de se taire, devenant par la suite une ombre silencieuse à l’image de son père (dont elle avait repéré « la souffrance silencieuse »)

Quand adulte, elle entre en analyse, elle se dit « complètement morte ». Elle a renoncé à l’amour, au désir. Toutefois elle formule très vite sa volonté de vivre.
Son analyse consiste, pour elle, à réapprendre à parler… à désirer…

Ce petit exemple clinique illustre, me semble-t-il, ce moment de décision d’un sujet de refuser  d’entrer dans la chaîne. Voulant sortir de la chaîne, éliminer son dire, elle y reste accrochée, au prix de nombreux symptômes, jusqu’au moment où elle entre en analyse bien des années plus tard… Elle va y reprendre la question posée par sa mère et tenter d’y répondre : « Pourquoi tu as dit cela ? » Elle scande d’ailleurs maintenant très fréquemment ses dires par la formule : « Pourquoi est-ce je dis cela ? »

Donc cette patiente, petite fille curieuse pourtant, a voulu sortir de la chaîne au prix de renoncer à son désir. Elle y est pourtant restée accrochée à ce dire laissé en suspens, ce dire qui lui était si étranger et que pourtant elle avait dit.

Parti pris de ne rien savoir

Lacan indique dans Télévision que le suicide « procède du parti pris de ne rien savoir. » (Autre Ecrits p. 542) C'est-à-dire d’une décision du sujet, d’une responsabilité qu’il a prise. Il cherche en envisageant cet acte ou en le mettant en œuvre, à « éviter une zone de savoir qui concerne au plus près son être au monde et sa possibilité de désirer » (Pierre-Gilles Guégen Mental p. 10) « Loin de considérer que le sujet qui a rencontré sur son chemin l’idée du suicide… est une victime à sauver, le psychanalyste cherchera au contraire à lui donner les moyens de se réapproprier son acte ou les pensées qui l’y conduisaient, à dévoiler la structure de l’acte ou à déchiffrer les pensées obsédantes qui l’envahissaient., en bref à le subjectiver… » (Pierre Gilles Guegen Mental p. 11)

« C’est pourquoi toute tentative de suicide est du point de vue de la psychanalyse à prendre au sérieux, de même qu’il convient de porter la plus grande attention à l’aveu des pensées suicidaires : il n’y a pas de suicide banal. On a tort de considérer comme bénin le suicide d’appel. Il ne faut pas croire, comme on le dit parfois, que la névrose obsessionnelle protège absolument du passage à l’acte. Il y a dans tout intention suicide une mise en jeu de l’être qui, qui comme telle, est toujours un pari. » (Pierre Gille Guegen – Mental p. 11)
« L’action de l’analyste consiste à donner au sujet, autant que faire se peut, le désir de surmonter la passion  de l’ignorance qui l’a amené à penser à se suicider ou à attenter à ses jours pour éviter un savoir le concernant. La voie de la psychanalyse consiste donc à obtenir par le déploiement de la parole, un savoir concernant le réel que le suicidaire dans son acte évite et obtient à la fois, mais trop tard, un savoir sur la castration et un consentement aux limites qu’elle impose. » (Pierre Gilles Guégen Mental p. 12)


Rapport indicible à la jouissance et castration

Pour éclairer ce qu’est ce consentement à la castration, je partirai d’un cours du JA Miller  du 10 mai 2006, cours dans lequel il commente des leçons du séminaire d’un Autre à l’autre.

JAM part d’une phrase de J Lacan « Le sujet surgit du rapport indicible à la jouissance, d’avoir reçu ce moyen, le signifiant, en est frappé d’une relation à ce qui, se développant à partir de là va prendre forme comme Autre. »

D’un côté le sujet surgit du rapport indicible à la jouissance => S
De l’autre le sujet en est frappé d’une relation à l’Autre => A
Entre les deux il y a le « d’avoir reçu le signifiant ».


Rapport à la jouissance  - Relation à l’Autre

D’un côté on a un rapport à quelque chose qui est indicible, qui n’a pas encore accédé au signifiant
De l’autre on a le développement signifiant, le sujet qui se trouve pris dans le développement signifiant, la relation signifiante à l’Autre.
On peut écrire cela comme cela.

X rapport J => S

S1 S2 => A

Entre les deux on a le « d’avoir reçu ce moyen, le signifiant », le point d’insertion du signifiant qu’on peut inscrire également à côté du S – le S surgit du rapport indicible à la jouissance d’avoir reçu ce moyen, le signifiant.
L’intérêt de Lacan n’a jamais cessé pour ce X du rapport indicible à la jouissance. Cet indicible, ce hors signifiant. C’est là qu’on peut situer le traumatisme, le troumatisme, jeu de mots de Lacan pour dire que le sujet qui surgit du rapport indicible à la jouissance, le sujet de la jouissance ne peut être désigné que par un trou. S, c’est le sujet comme trou. Ce X, Lacan l’a identifié à ce que vise le signifiant, à ce que vise la répétition. Il l’a identifié à la présence de l’analyste.

Par contre le S barré, le sujet comme manque à être, surgit du « d’avoir reçu ce moyen », de l’insertion du signifiant.
D’un côté on a le sujet représenté par le signifiant pour un autre signifiant, le sujet véhiculé par le signifiant…
Mais on a aussi le sujet représenté par autre chose, par cette perte que produit le signifiant et que Lacan écrit a. C’est la marque de ce qu’une fois dissipé, l’événement de jouissance revient au sujet. Ce petit a va fonctionner comme la cause du désir.

Pourquoi amener cette construction ? Pour nous indiquer que Lacan fait de la jouissance un point à l’infini, un point qu’aucune manœuvre de rapprochement, aucun pas à pas ne nous permet d’atteindre. C’est ce que Lacan appelle l’impossible. Ce que le névrosé nomme comme son insuffisance, son « Je ne suis pas à la hauteur », c’est une façon de cacher ce point d’impossible, de le faire exister comme possible. L’insuffisance du sujet névrosé est un alibi. Elle masque ce point d’impossible, cette impossibilité d’atteindre la jouissance (faire rapport sexuel). C’est cela la castration.

Certains sujets peuvent ne pas y consentir et décider de se passer de l’Autre, des détours du signifiant pour rejoindre dans l’acte suicide cette jouissance.

Pour conclure,
Notre question tournait autour de ces dires de Lacan sur la pente au suicide chez des enfants non désirés.
Nous avons voulu nous partir de l’articulation qu’il propose dans le séminaire V. Articulation qui nous a conduit à nous pencher sur rapport du sujet au signifiant, qui devient l’Autre du sujet (la vignette clinique l’indique – son mensonge lui apparaît à elle énigmatique), et sur la responsabilité du sujet dans son consentement ou non, à en passer par cet Autre, par le signifiant., dans son consentement ou non à la castration.
C’est le versant que nous avons accentué.
Toutefois, il y a des textes où Lacan met l’accent sur « la transmission par les parents d’une constitution subjective impliquant la relation à un désir qui ne soit pas anonyme… »(cfr Note sur l’enfant dans les Autre Ecrits) ou encore cette occurrence « La façon dont lui a été instillé un mode de parler ne peut que porter la marque du mode sous lequel les parents l’ont accepté » (cfr à Genève sur le symptôme)

Véronique Robert
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commentaires

Jean-Pierre Edberg 11/12/2007 08:44

Merci pour cette lecture  remarquable d'intelligence, de subtilité, de clarté, de sensibilité aussi.
JPE

Joëlle Hallet 23/01/2007 23:27

Excellent travail qui permet de lire et relire Lacan. Très éclairant, y compris pour l\\\'orientation clinique des cas.
Point de vue clinique, il me semble que \\\"le sujet représenté par autre chose, par cette perte que produit le signifiant et que Lacan écrit a\\\" peut se présenter comme tentation du suicide quand il s\\\'agit pour le sujet de se séparer : \\\"se parere (...) où le sujet opère avec sa propre perte\\\", dit Lacan, Ecrits, pages 843 et 844).
Exemple clinique : Une femme névrosée hésite, en un instant crucial, dont elle rendra compte ensuite dans le cure, entre suicide et séparation de son mari.
\\\"Se noyer dans la mer\\\" en se réduisant à cet objet a perdu par la mère (une enfant morte) dans une vaine tentative de retrouver place dans le désir de l\\\'Autre en se mettant \\\"hors-vie\\\" ? Ou se séparer de son mari par un acte \\\"dans la vie\\\" ? Tel fut le choix qu\\\'elle rencontra: entre la mort, \\\"mater certissima\\\", ou l\\\'incertitude de la vie, elle a choisi la vie.

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