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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 22:41

La lettre chez Lacan

Guy de Villers

 

Je considère que l’enjeu de notre réflexion de ce matin est de saisir quelque chose de l’opérativité de la psychanalyse, sachant d’une part qu’elle n’a d’autre medium que la parole et que son champ est celui du langage et que, d’autre part, le réel auquel elle a à faire est de l’ordre de la jouissance en excès par rapport à l’ordre symbolique. La thèse d’un traitement possible de la jouissance par le moyen de la parole est-elle tenable ?

Nous verrons que c’est par la convocation de la fonction de la lettre que Lacan résoudra cette aporie. Il faudra pour ce faire qu’il établisse une articulation fine entre lettre, parole et signifiant. Nous allons tenter de débrouiller cela.

La pensée de Lacan est d’une extraordinaire complexité, non seulement au plan de la compréhension de l’état de sa doctrine à un moment donné, mais aussi et plus encore en raison des remaniements dont elle témoigne au fil de son développement diachronique.

Je me propose donc d’étudier

quelques étapes majeures de l’avancée lacanienne au sujet de la lettre.

A commencer par le « Discours de Rome » (1953). L’enjeu est de saisir comment Lacan articule le signifiant et la libido dès lors que le symptôme est compris comme la lettre du message.

J’ai choisi un passage que je trouve magnifique, auquel j’ai donné le titre suivant : « La lettre du message » . Vous trouverez ce passage dans Autres écrits, pp. 139-140. 1

Nous tenons ici une première formulation lacanienne de la fonction de la lettre dans la cure analytique. Elle se définit en rapport avec la parole.

Le sujet a à signifier et, pour ce faire, s’empare de tout matériel signifiant disponible. Dans la cure, il s’agit de dénouer les nœuds du symptôme, de l’inhibition et de l’angoisse. Ce dénouage se fait en les rendant « à la fonction de parole qu’ils tiennent dans un discours dont la signification détermine leur emploi et leur sens. » Inscrire donc dans le discours le nœud symptômal, en tant que la signification de ce discours détermine son emploi et son sens. Donc, la cure ne fait pas passer à la conscience ce qui était inconscient, mais elle fait passer à la parole, une parole adressée à quelqu’un qui puisse l’entendre « là où elle ne pouvait même être (207) lue par personne ». Nous sommes donc passés du texte qui ne peut être lu à la parole qui peut être entendue. Ce texte ne peut être lu parce que le chiffre du message qu’il porte est perdu ou parce que son destinataire est mort. Ce passage à la parole, opéré dans la cure, est possible parce qu’il y a le texte, le texte du message. C’est cela qu’il est important à considérer, dit Lacan.

 

Voyons comment Lacan distingue et articule les deux registres, celui du texte et celui de la parole.

La parole, dit-il, est fondamentalement équivoque. Elle appelle l’interprétation. « Sa fonction est de celer autant que de découvrir ». À nous en tenir au plan de ce qu’elle fait voir, ce qu’elle découvre, force est de reconnaître que ce plan est celui du langage, toujours ambigu. Le message porté par la parole se donne à entendre sur « plusieurs portées », comme sur une partition musicale. D’où la polysémie de la parole : « la multiplicité des accès possibles au secret de la parole », comme s’exprime Lacan.

Le texte relève d’un autre registre, un texte à lire. Et que peut-on y lire ? Ce que la parole dit et ce qu’elle ne dit pas. Ce que la parole dit, nous savons que cela se laisse entendre dans des résonnances multiples. Ce qu’elle ne dit pas relève des symptômes qui sont liés à ce texte. Comment comprendre cette liaison ?

Lacan propose une métaphore pour indiquer de quel ordre est ce lien : le symptôme est au texte comme le rébus est à la phrase que ce rébus figure.

Et là, Lacan dénonce une confusion complète entre la surdétermination des symptômes qui figurent la phrase et la multiplicité des accès au secret de la parole, secret qui se loge dans le chiffrage de la phrase. Or, dit Lacan, la surdétermination du symptôme tient à la structure du signifiant (dualisme signifiant/signifié). Cette assertion ne nous étonne guère, dès lors qu’est affirmé le primat du symbolique. Mais que signifie-t-elle ? Cela ne veut pas dire, et Lacan est explicite là-dessus, qu’il y a une correspondance biunivoque entre tel phénomène de corps et telle signification psychique, du type : « Si je tousse, c’est parce que, psychiquement… » Il n’y a, en effet, pas de « parallélisme psycho-physiologique ». Par contre, il s’agit de traiter le symptôme comme un texte, témoignant de « la pénétration du réel par le symbolique ».

La métaphore du rébus nous permet de comprendre que Lacan traite le symptôme comme une écriture, une lettre, la lettre du message. C’est en ces termes, en tout cas, que Lacan rappelle que chez « Freud le rêve a la structure […] d’un rébus, c’est-à-dire d’une écriture ».2 Cette écriture se donne à lire, car elle est constituée d’« éléments signifiants, que l’on retrouve aussi bien dans les hiéroglyphes de l’ancienne Égypte que dans les caractères dont la Chine conserve l’usage. »3

Rêve et symptôme ont la même structure de langage et, dit Lacan, « c’est tellement la doctrine de Freud qu’il n’y a pas d’autre sens à donner à son terme de surdétermination ».4 Car, « pour qu’il y ait symptôme, il faut qu’il y ait au moins duplicité, au moins deux conflits en cause, un actuel et un ancien. » 5 Cette duplicité est celle du signifiant et du signifié : « le matériel lié au conflit ancien est conservé dans l’inconscient à titre de signifiant en puissance, de signifiant virtuel, pour être pris dans le signifié du conflit actuel et lui servir de langage, c’est-à-dire de symptôme. » 6

 

Cette lecture du symptôme en termes de structure signifiante (S/s) renvoie au texte freudien : « Dora »7[Lecture]

 

Liliane Fainsilber en a proposé unereprésentation graphique intéressante. http://liliane.fainsilber.free.fr/freud_dora/premier%20r%EAve/cercles-representation.htm

Freud parle de stratification : « Schichtung ».

Stratification, surdétermination, « échafaudage », dit encore Lacan, telles sont les opérations, tel est l’édifice construit par le sujet de l’inconscient, édifice que nous appelons « symptôme analytique ». Cette métaphore de l’échafaudage apparaît encore dans Le Séminaire, Livre 11, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, séance du 13 mai 1964.

Voici le texte.

« Plaçons-nous aux deux extrêmes de l'expérience analytique. Le refoulé primordial est un signifiant et ce qui s’édifie par-dessus pour constituer le symptôme, nous pouvons toujours le considérer comme échafaudage de signifiants. Refoulé et symptôme sont homogènes, et réductibles à des fonctions de signifiants. Leur structure, quoi qu’elle s’édifie par succession, comme tout édifice, est tout de même, au terme, au produit fini, inscriptible en termes synchroniques. »8

Le symptôme est un échafaudage de signifiants. Mais entendons bien ce que cette définition comporte. Elle implique la sexualité comme ce qui habite chacune de ces figures. Lacan, lors de cette séance du 13 mai 1964, parle de « présence », de Dasein de la sexualité. Les sujets « n’ont affaire qu’à ce qui, de la sexualité, passe dans les réseaux signifiants »9 Il ne faut donc pas prendre le terme de signifiant dans sa valeur linguistique. Le signifiant dont il s’agit est une « Darstellung », disait Freud, une figure, une présentation. Ce terme dit quelque chose de plus matériel, de plus immédiat que celui de « Vorstellung », de « représentation ». Il renvoie à ce que Freud avait identifié dans les processus de transformation du rêve : la prise en compte de la figurabilité : Rücksicht auf Darstelbarkeit.10 Dans l’extrait du « Cas Dora » que nous avons longuement cité, la traduction française ne laisse pas percevoir cet emploi. Mais le texte freudien allemand dit bien que « la signification dernière du symptôme de la toux de Dora est sans doute bien la “présentation” des rapports sexuels avec le père, avec (par le moyen de) l’identification à Mme K. » (Je traduis.)

Nous pouvons maintenant boucler ce détour et revenir à cette articulation du signifiant et du signifié pour y saisir la place et la fonction du symptôme. Dans son Séminaire sur Les psychoses, Lacan disait donc que : « Le matériel lié au conflit ancien est conservé dans l’inconscient à titre de signifiant en puissance, de signifiant virtuel, pour être pris dans le signifié du conflit actuel et lui servir de langage, c’est-à-dire de symptôme. »11 On voit se superposer les rapports S/s. Un signifiant virtuel, constitué du matériel d’un conflit ancien refoulé dans le temps 1 devient un signifiant actuel dans le temps 2 pour un conflit actuel. C’est ce signifiant actualisé qui est le symptôme, langage non articulé, mais qui assure la figurabilité (Darstelbarkeit) du conflit actuel. En ce sens, le symptôme sert de langage au conflit actuel.

Revenons maintenant à notre point de départ. Le symptôme est un signifiant qui présente le conflit actuel surdéterminé par le signifiant refoulé du conflit ancien. En ce sens, le symptôme est une lettre, la lettre du message. Il y faut du psychanalyste pour qu’elle soit lue, déchiffrée, et ainsi rendue à la parole, comme la lecture d’un rébus restaure l’accès au message.

 

*

La question de la lettre est reprise par Lacan dans son « séminaire sur la lettre volée » (26-04-1955), dont le texte a été écrit par Lacan au milieu de l’année 1956.

En jouant sur l’équivoque, la lettre a dans ce texte le sens d’épître : « l’épistole », disait A. Stevens dans son article « Clinique de la lettre ». 12 publié dans Quarto, n° 92.

Mais, dès ce moment (1955-56), Lacan met en avant le fait que le message que recèle cette missive est passé au bleu puisque seule compte la lettre comme ce qui manque à sa place, à la place où la police la cherche. « […]qu’on ne peut dire à la lettre que ceci manque à sa place, que de ce qui peut en changer, c’est-à-dire du symbolique. »13  Le symbolique, ici, c’est le signifiant. Lacan est explicite sur ce point. « C’est que le signifiant est unité d’être unique, n’étant de par sa nature symbole que d’une absence. Et c’est ainsi qu’on ne peut dire de la lettre volée qu’il faille qu’à l’instar des autres objets, elle soit ou ne soit pas quelque part, mais bien qu’à leur différence, elle sera et ne sera pas là où elle est, où qu’elle aille. »14

Retenons surtout ce repérage essentiel : celui de la localisation de la lettre.

On connaît l’intrigue du conte de Poe. Une lettre compromettante pour la Reine est cachée chez son ministre, si bien cachée qu’ayant cherché partout, la police ne la trouve nulle part.

« […] la lettre a en effet avec le lieu, des rapports pour lesquels aucun mot français n’a toute la portée du qualificatif anglais : odd. […]Disons que ces rapports sont singuliers, car ce sont ceux-là même qu’avec le lieu entretient le signifiant. »15

Ainsi, d’emblée lettre et signifiant partage ce caractère localisé, ce qui veut dire d’abord, non divisible en parties. Elle n’est pas quantifiable. Il n’y a pas plus ou moins de lettre. Il n’y a pas un peu de lettre , ou trop de lettre, comme il y aurait trop de sel.

« Mais pour la lettre, qu’on la prenne au sens de l’élément typographique, de l’épître ou de ce qui fait le lettré, on dira que ce qu’on dit est à entendre à la lettre, qu’il vous attend chez le vaguemestre une lettre, voire que vous avez des lettres, – jamais qu’il n’y ait nulle part de la lettre, à quelque titre qu’elle vous concerne, fût-ce à désigner du courrier en retard.

C’est que le signifiant est unité d’être unique, n’étant de par sa nature symbole que d’une absence. »16

Nous pouvons en déduire que Lacan durcit ainsi la distinction entre le registre purement localisé du signifiant et la valeur sémantique du message dont la lettre est porteuse. Car, comme le dit Lacan, « la lettre fait péripétie » dans le conte sans le message. En d’autres termes, dès le séminaire sur la lettre volée, la lettre est identifiée au signifiant. C’est en cela que le conte d’Edgar Allan Poe est exemplaire, de figurer la lettre en tant qu’elle « manque à sa place » parce qu’elle peut en changer, de place ; y être et ne pas y être, où qu’elle aille.17

Dans « L’instance de la lettre »18, exposé en 1957, la lettre est comprise comme ce qui s’oppose au sens. Il y a deux versants au signifiant : Il y a le versant « effet de signifié » et il y a le versant pris « à la lettre », c’est-à-dire comme insistance du symbolique qui se répète. Prendre le signifiant à la lettre, ce n’est pas en considérer le tracé. Lacan évoque l’écriture hiéroglyphique pour nous faire comprendre que ce n’est pas le dessin du vautour qui nous autorise à imaginer le sens de ce tracé comme signifiant une « espèce ornithologique ». Le tracé du vautour est à prendre comme signifiant à la lettre, c’est-à-dire un aleph, première lettre de l’alphabet.

C’est en ce sens qu’on peut dire avec JAM que, dans ce texte, Lacan « ramène la lettre au signifiant ».19

*

Nous terminerons ce parcours de la théorisation de la lettre chez Lacan en montrant comment le texte « Lituraterre » marque un tournant décisif dans la pensée de Lacan quant au statut de la lettre. En effet, Lacan y établit une distinction nette entre la fonction du signifiant et la fonction de la lettre.

D’abord, un mot du titre retenu par Lacan. Lacan invente le mot lituraterre pour « lancer quelque chose » aux auditeurs de son séminaire comme au lectorat d’une revue qui l’a sollicité sur les rapports entre Littérature et psychanalyse. Il s’agit d’un contrepet construit sur l’inversion de deux syllabes : /tu/ et /ter/. Le contrepet s’énonce ; le renversement de l’ordre des syllabes s’entend. Ce « jeu du mot »20, Lacan en prenait le départ de l’équivoque signifiante fomentée par James Joyce  entre «Letter» (la lettre) et «Litter» (le déchet). Joyce en fait plusieurs fois usage dans son ouvrage majeur : Finnegans Wake. Ainsi, à la page 93.

« And so it all ended. Artha kama dharma moksa. Ask Kavya for the kay. And so everybody heard their plaint en all listened to their plause. The Letter ! The litter ! And the soother the bitther ! Of eyebrow pencilled, by lipstipple penned. Borrowing a word and begging the question and stealing tinder and slipping like soap. »21

La traduction française dit assez l’impossible de l’écriture joycienne.

« Et c’est comme çà que tout fut fini. Demande la clef du problème à Kay. Ainsi tout le monde entendit leur plainte et tous écoutèrent leurs applaudissements. La lettre ! L’élithre ! Le plus tôt sera le mieux ! Barbouillé sur le front, écrite au rouge à lèvre. Empruntant un mot par ci, quémandant une question par là et toujours dérobant le vrai pour le faux, glissante comme le savon. »

Pour nous faire entendre cette équivoque joycienne, Lacan nous renvoie à Saint Thomas d’Aquin et la célèbre formule par laquelle il qualifia son œuvre, essentiellement sa Summa theologiae : « sicut palea ». J.-A. Miller définit ainsi le « sicut palea » : « ces deux mots latins veulent dire « comme du fumier » et auraient été la réponse de saint Thomas d’Aquin à la fin de sa vie quand on lui demandait ce qu’était pour lui son œuvre, sa Somme théologique. »22

Toutefois, on peut remonter à la tradition hébraïque et plus précisément au Livre d’Esaïe [740-450 a.c.n.], chapitre 29, pour retrouver la métaphore de l’Aquinate.

« 29 /1/ Vae Ariel, Ariel, civitas, quam circumdedit David! Addite annum ad annum, sollemnitates evolvantur; /2/ et circumvallabo Ariel, et erit maeror et maestitia, et erit mihi quasi Ariel. /3/ Et circumdabo te quasi sphaeram et iaciam contra te aggerem et munimenta ponam in obsidionem tuam. /4/ Humiliaberis, de terra loqueris, et de pulvere vix audietur eloquium tuum, et erit quasi pythonis de terra vox tua, et de humo eloquium tuum mussitabit. /5/ Et erit sicut pulvis tenuis multitudo superborum tuorum, et sicut palea volans multitudo fortium23

Je ne donne ici que la traduction française du cinquième verset, dans la version de Samuel Cahen. « Toutefois, la multitude de tes ennemis sera comme une fine poudre, comme la paille qui s’envole la multitude des oppresseurs ; soudainement, dans l’instant. »24 Une autre traduction française, plus précise, me semble-t-il, dit ceci. « La multitude de tes ennemis sera comme une poudre fine, la foule des tyrans comme la bale qui s’envole… »25

« Paille », dont on fait le fumier ; « Bale » : « Enveloppe des graines de céréales », selon la définition du Petit Robert de la langue française. Alors, pourquoi le traducteur de Finnegans Wake nous propose-t-il « élythre » pour « Litter » ? Un mot qui n’est pas au dictionnaire, un mot qui s’entend comme « élytre », qui veut dire, selon le même Petit Robert de la langue française : «Aile antérieure dure et cornée des coléoptères qui ne sert pas au vol mais recouvre et protège l'aile postérieure à la façon d'un étui. Les élytres du hanneton. » Ici à nouveau, se dessine l’image de l’enveloppe qui recouvre, qui la graine, qui les ailes ; une enveloppe dont on se débarrasse, qu’on rejette, mais qui abrite ce que l’on veut protéger et conserver : ce qui est précieux. J.-A. Miller y voit « les deux valeurs possibles de l’objet a, la valeur splendide avec l’agalma, mot grec, et sa valeur de déchet avec palea, mot latin. »26 Nous y reviendrons.

Il est une occurrence plus ancienne de l’équivoque « Letter-Litter » chez Joyce. On la trouve dans un ouvrage édité par Samuel Beckett à la demande de Joyce. J. Joyce, connaissait S. Beckett depuis qu’il lui avait été présenté en 1928. Il l’invite à publier une étude de l'influence de Dante, de Bruno et de Vico sur Work in Progress, ce dernier titre désignant l’ouvrage de Joyce en préparation et qui ne sera publié que dix ans plus tard sous le titre de Finnegans Wake.27 Cette étude sera publiée en 1929 dans l’ouvrage collectif Our Exagmination Round His Factification For Incamination Of Work In Progress. Ce dernier ouvrage nous intéresse, car il comprend deux lettres de protestation contre les fragments déjà publiés de ce Work in Progress. L’une d’elles au moins est de Joyce lui-même. Elle atteste de cette pratique d’autodénigrement que J.-A. Miller reconnaissait dans les propos de Thomas d’Aquin à la fin de sa vie, comme d’ailleurs dans le Tout Dernier Enseignement (TDE) de Lacan.28 Cette lettre, adressée à un certain Dear Mister Germ’s Choice, se conclut en ces termes : « Please froggive my t’Emeritus and any inconvince that may have been caused by this litter. Yours veri tass, Vladimir Dixon. C’est donc sous le pseudonyme de Vl. Dixon que Joyce adresse aux éditeurs de Our Exagmination Round… cette lettre-déchet, « litter of Protest » ; une lettre d’injures que l’auteur de Work in Progress s’adresse à lui-même.

 

Pour saisir l’enjeu du Work in Progress de Lacan au moment où il écrit son « Litturaterre », nous nous appuyons sur la préface que Jacques-Alain Miller a donnée au recueil de travaux réunis par Jacques Aubert autour des conférences de Jacques Lacan sur « Joyce le symptôme, I et II » et des leçons du Séminaire Le symptôme, séances du 18 novembre 1975 et du 20 janvier 1976.29 Car J.-A. Miller entend nous dire dans cette préface « ce que Lacan, lui, a voulu faire avec Joyce. »30 Ce que Lacan fait valoir avec ce jeu de mots, « A letter, a litter », c’est « qu’il n’y a pas que du signifiant dans une lettre. Une lettre est un message, c’est aussi un objet. »31 Le signifiant, en tant que mot désignant un signe dont on reconnaît l’effet de signifié, le sémantème, n’est pas le tout du signe. Une lettre n’est pas la matière phonique du signifiant, car lorsque le son se dissipe, la lettre, même lue, demeure. « La lettre », ici, c’est cet objet que l’on peut déchirer, ou archiver. « Passera-t-elle à la poubelle ? »32 Comme telle, elle se sépare de sa fonction signifiante. A cet égard, on peut rapprocher, comme le suggère J.-A. Miller, la lettre volée d’E. A. Poe d’avec les lettres brûlées d’André Gide.

Il faut donc compléter la clinique de la fonction de la parole d’une clinique de l’instance de la lettre. Car tout n’est pas interprétable, ce que nous savons depuis Freud, ne fut-ce qu’au titre de réaction thérapeutique négative. Le symptôme psychanalysable n’acquiert sa valeur sémantique que par l’artifice de la cure. J.-A. Miller relève que, dès 1957, Lacan avait distingué le procès de parole du procès d’écriture, réservant au symptôme son inscription dans ce dernier. « C’est ainsi que si le symptôme peut être lu, c’est parce qu’il est déjà lui-même inscrit dans un procès d’écriture. En tant que formation particulière de l’inconscient, il n’est pas une signification, mais sa relation à une structure signifiante qui le détermine. »33

C’est cependant dans Télévision que Lacan articule à nouveau frais le sens et la jouissance, en parlant de sens joui (ou « jouis-sens »)34. C’est ici le pas nécessaire à l’élaboration nouvelle sur la fonction de l’écrit que constitue son Joyce-le-Symptôme. En 1975, Lacan interroge radicalement ce qui fait le fondement de la psychanalyse. C’est ainsi qu’il est conduit à définir le symptôme comme hors-discours. «Le symptôme n’est pas définissable autrement que par la façon dont chacun jouit en tant que l’inconscient le détermine.»35 Dans ce dernier moment de son enseignement, Lacan ne soutient plus que l’inconscient est le discours de l’Autre. Et le symptôme «est jouissance pure d’une écriture.»36 La topologie borroméenne est la solution qu’invente Lacan pour mettre fin à la suprématie du symbolique sur l’imaginaire et le réel. Avec R.S.I., le symbolique rentre dans le rang. Il n’est qu’une des trois consistances et celles-ci s’équivalent. La référence à Joyce s’imposait, lui dont le maniement de la lettre se déploie à des fins de pure jouissance, «hors des effets de signifié».37 Joyce, identifié au symptôme comme pure jouissance, en devient inanalysable. Ce qui fait dire à Lacan que Joyce « n’y eut rien à gagner » à faire une analyse, a fortiori jungienne, c’est-à-dire tout entière portée par la quête du sens. Car Joyce va «droit au mieux de ce qu’on peut attendre de la psychanalyse à sa fin.»38

Pour aller plus avant dans notre approche de la série « lettre », « litter » et « littoral », rappelons quelques circonstances qui entourent l’écriture de « Lituraterre ». En 1971, Lacan entreprend son second voyage au Japon. Le premier voyage , en 1963, l’avait mis en contact avec la statuaire bouddhique et ce qu’il y décela de la « prise de l’objet regard ».39 En 1971, Lacan est au Japon pour travailler avec les éditeurs de la traduction japonaise des Écrits. A son retour, il survole les plaines de Sibérie ; il observe les nuées et les ravinements de la plaine sibérienne. Éric Laurent commente excellemment ce parcours aérien.40 Entre les nuages, Lacan « voit les fleuves, comme une sorte de trace d’où s’abolit l’imaginaire »41. Voilà comment il parle de ce qui lui fit lecture : ce qu’il voyait de la plaine sibérienne. «Tel invinciblement m’apparut —cette circonstance n’est pas rien— d’entre-les-nuages, le ruissellement, seule trace à apparaître, d’y opérer plus encore que d’en indiquer le relief en cette latitude, dans ce qui de la Sibérie fait plaine, plaine désolée d’aucune végétation que de reflets, lesquels poussent à l’ombre ce qui n’en miroite pas.»42

« Ce qu’il voyait de la plaine sibérienne » est donc écriture dont Lacan fit lecture. Ce mot « écriture » est lui aussi porteur d’équivoques. . Un premier sens du terme est celui que Colette Soler nomme le « scribouillage, le fait de scribouiller »43. L’écriture signifierait le tracé et le résultat d’un tracé : un graphisme (γραφειν, graphein : écrire). De quoi l’écrit est-il le tracé ? On pourrait penser que l’écriture est la trace du signifiant. Mais Lacan écarte ce préjugé. L’écriture « ne décalque pas » le signifiant.44 Certes, le signifiant se calligraphie, différemment selon les cultures et leurs écritures. Et la calligraphie, comme son nom l’indique, est un « graphein ». Mais la lettre n’est pas décalque, elle n’est pas non plus de l’ordre de l’impression. La lettre est souvent comprise métaphoriquement comme la trace d’une pression, comme le dépôt d’une marque. C’était l’idée de Freud dans son texte sur le Bloc Magique, sorte d’ardoise faite de deux feuillets qui, lorsqu’ils sont décollés l’un de l’autre, effacent la marque imprimée. En critiquant cette conception de la lettre comme trace première, Lacan critiquait la thèse de Derrida sur l’archi-trace (en 1966), trace d’avant le sens « que le sens tenterait ensuite de rattraper, n’arrivant jamais à résorber le hors-sens premier, qui fait sens. » 45

Si la lettre n’est pas la marque qui s’imprime, qu’est-elle ? L’écriture est à saisir comme pure trace, seule à opérer plutôt qu’à indiquer. Entendons que cette écriture n’indique pas au sens où elle relèverait du signe qui indexe le monde et dès lors le signifie. Cette écriture est pure trace qui opère dans le désert sibérien, là où il n’y a rien à indiquer. D’être pure trace est ce qui caractérise la calligraphie et plus précisément ce que Shitao appelle « l’Unique Trait de Pinceau »46, d’être le produit du mariage de la peinture et de la lettre au moyen de l’encre et du pinceau47. C’est ainsi que la calligraphie fait le pari de conjoindre l’universel du signifiant et la matérialité singulière qui atteint à l’être et sa jouissance. La signification la plus concrète de cette invention de Shitao est d’être l’acte élémentaire de toute peinture : « un simple trait de pinceau, c’est-à-dire un segment de ligne d’une venue, sans reprise, compris entre une attaque et une finale du pinceau. »48 Mais c’est aussi un concept dont le noyau dur est la notion d’Unique, à entendre dans le droit fil de la tradition taoïste où le « yi » signifie non seulement le « un seul » mais l’Un Absolu ». Cet Unique Trait de Pinceau, parce qu’il est Unique, a pour fonction d’opérer la distinction de Yin et de Yun, du ciel et de la terre, et ainsi d’accomplir l’engendrement de tous les phénomènes. Ainsi, l’acte du peintre est de création et non de description du monde. En ce sens, l’Unique Trait de Pinceau est lettre, ravinement, « qui fait terre du littoral »49 « Littoral » désigne ce qui fait bord, mais pas frontière, entre la lettre et l’effet de sens. Toutefois, « rien de plus distinct du vide creusé par l’écriture que le semblant.»50 Ce qui distingue l’écriture du semblant est que celle-là est toujours prête « à faire accueil à la jouissance »51. Cette différence essentielle passe à l’intérieur du sujet. Repérée de cette manière, elle permettra à Lacan de situer autrement la jouissance et le signifiant au lieu de leur articulation, dans le symptôme.

Sans doute comprenons-nous mieux la distance prise ici par Lacan par rapport à ce qu’il dénonce lui-même de son élaboration passée comme un « délire avec la linguistique »52. En ce sens, le dernier enseignement de Lacan peut se lire à son tour comme « Litter of protest », non sans prendre acte de l’effet créateur de la déconstruction opérée.

*

ANNEXE : Jacques Lacan : « La lettre du message » : entre texte et parole

 

Dans J. Lacan : discours de Rome et réponses aux interventions

Actes du congrès de Rome ; « Discours de Jacques Lacan (26 sept. 1953) », pp. 206-207 dans La psychanalyse, publication de la Société française de psychanalyse, no 1, Travaux des années 1953-1955, Paris, PUF, 1956. Réédité par J.-A. Miller dans J. Lacan, Autres écrits, pp. 139-140.

 

« Les concepts de la psychanalyse se saisissent dans un champ de langage, et son domaine s’étend aussi loin qu’une fonction d’appareil, qu’un mirage de la conscience, qu’un segment du corps ou de son image, un phénomène social, une métamorphose des symboles eux-mêmes peuvent servir de matériel signifiant pour ce qu’a à signifier le sujet inconscient.

Tel est l’ordre essentiel où se situe la psychanalyse, et que nous appellerons désormais l’ordre symbolique. À partir de là, on posera que traiter ce qui est de cet ordre par la voie psychanalytique, exclut toute objectivation qu’on puisse proprement en faire. Non pas que la psychanalyse n’ait rendu possible plus d’une objectivation féconde, mais elle ne peut en même temps la soutenir comme donnée et la rendre à l’action psychanalytique : ceci pour la même raison qu’on ne peut à la fois, comme disent les Anglais, manger son gâteau et le garder. Considérez comme un objet un phénomène quelconque du champ psychanalytique et à l’instant ce champ s’évanouit avec la situation qui le fonde, dont vous ne pouvez espérer être maître que si vous renoncez à toute domination de ce qui peut en être saisi comme objet. Symptôme de conversion, inhibition, angoisse ne sont pas là pour vous offrir l’occasion d’entériner leurs nœuds, si séduisante que puisse être leur topologie ; c’est de les dénouer qu’il s’agit, et ceci veut dire les rendre à la fonction de parole qu’ils tiennent dans un discours dont la signification détermine leur emploi et leur sens.

On comprend donc pourquoi il est aussi faux d’attribuer à la prise de conscience le dénouement analytique, que vain de s’étonner qu’il arrive qu’elle n’en ait pas la vertu. Il ne s’agit pas de passer d’un étage inconscient, plongé dans l’obscur, à l’étage conscient, siège de la clarté, par je ne sais quel mystérieux ascenseur. C’est bien là l’objectivation, par laquelle le sujet tente ordinairement d’éluder sa responsabilité, et c’est là aussi où les pourfendeurs habituels de l’intellectualisation manifestent leur intelligence en l’y engageant plus encore.

Il s’agit en effet non pas de passage à la conscience, mais de passage à la parole, n’en déplaise à ceux qui s’obstinent à lui rester bouchés, et il faut que la parole soit entendue par quelqu’un là où elle ne pouvait même être (207) lue par personne : message dont le chiffre est perdu ou le destinataire mort.

La lettre du message est ici l’important. Il faut, pour le saisir s’arrêter un instant au caractère fondamentalement équivoque de la parole, en tant que sa fonction est de celer autant que de découvrir. Mais même à s’en tenir à ce qu’elle fait connaître, la nature du langage ne permet pas de l’isoler des résonances qui toujours indiquent de la lire sur plusieurs portées. C’est cette partition inhérente à l’ambiguïté du langage qui seule explique la multiplicité des accès possibles au secret de la parole. Il reste qu’il n’y a qu’un texte où se puisse lire à la fois et ce qu’elle dit et ce qu’elle ne dit pas, et que c’est à ce texte que sont liés les symptômes aussi intimement qu’un rébus à la phrase qu’il figure.

Depuis quelque temps la confusion est complète entre la multiplicité des accès au déchiffrement de cette phrase, et ce que Freud appelle la surdétermination des symptômes qui la figurent. Une bonne part d’une psychologie prétendument analytique a été construite sur cette confusion : la première propriété tient pourtant essentiellement à la plurivalence des intentions de la phrase eu égard à son contexte ; l’autre au dualisme du signifiant et du signifié en tant qu’il se répercute virtuellement de façon indéfinie dans l’usage du signifiant. La première seule ouvre la porte à ce que toute “relation de compréhension” ramène indissolublement des causes finales. Mais la surdétermination dont parle Freud ne vise nullement à restaurer celles-ci dans la légitimité scientifique. Elle ne noie pas le poisson du causalisme dans la fluidité d’un parallélisme psycho-physiologique qu’un certain nombre de têtes molles croient pouvoir conforter de sa leçon. Elle détache seulement du texte sans fissure de la causalité dans le réel, l’ordre institué par l’usage signifiant d’un certain nombre de ses éléments, en tant qu’il témoigne de la pénétration du réel par le symbolique, – l’exigence causaliste ne perdant pas ses droits à régir le réel pour apparaître ne représenter qu’une prise spéciale de cette action symbolisante. 

1 Dans Jacques Lacan : 1953-09-26 discours de Rome et réponses aux interventions

Actes du congrès de Rome ; « Discours de Jacques Lacan (26 sept. 1953) », pp. 206-207 dans La psychanalyse, publication de la Société française de psychanalyse, n° 1, Travaux des années 1953-1955, Paris, PUF, 1956.

2 Dans J. Lacan, Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse, p. 112 dans La psychanalyse, op. cit.)

3 Id.

4 Lacan, Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, Paris, Le Seuil, 1981, p. 136.

5 Id.

6 Id.

7 Cinq psychanalyses, p. 61.

8 p. 160 dans l’édition du texte établi par J-A Miller aux Ed. du Seuil, Paris, 1973.

9 Ibid., p. 161.

10 Cfr S. Freud : L’interprétation des rêves, Chap. VI – 3e partie : les procédés de figuration du rêve.

11 J. Lacan, Les psychoses, p. 136, séance du 1er février 1956.

12 Dans Quarto, n° 92.

13 Ibid., p. 25.

14 Ibid., p. 24.

15 J. Lacan, Ecrits, p. 23.

16 Ibid., p. 24.

17 J. Lacan, Ecrits, pp. 24-25

18 Jacques Lacan, L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud », in : Ecrits, p.493 à 528.

19 J-A Miller, cours du 12-01-2006 – Pièces détachées.

20 Jacques LACAN, Lituraterre, [1971], Autres écrits, Paris, Le Seuil, 2001, p. 11. La leçon du 12 mai 1971 du Séminaire de Jacques Lacan, D’un discours qui ne serait pas du semblant, présente cet écrit de J. Lacan. J.-A. Miller l’a intitulée : « Leçon sur Lituraterre », Paris, Le Seuil, 2006, pp. 113 et svtes.

21 James JOYCE, Finnegans Wake, [1939], London, Minerva Edition, 1992, p. 93. Trad. fr. par Ph. Lavergne, Paris, Gallimard, 1982, pp. 150-151. Il y a un autre passage de Finnegans Wake où Joyce joue de cette équivoque entre « Letter » et « Litter » : Op. cit.,p. 615. Ici, la trad. fr. manque complètement le rendez-vous de l’équivoque, tant celle de Lavergne (Op. cit., p. 903) que « l’adaptation » d’André du Bouchet : Finnegans Wake, fragments adaptés par André du Bouchet, Paris Gallimard, 1962, pp. 49 et svtes.

 

22 Jacques-Alain MILLER, L’orientation lacanienne, cours du 16 mai 2007, ten line news (TLN) n° 330 - nouvelle série : dimanche 20 mai 2007 ; éditée sur UQBAR par Luis SOLANO.

23 Il s’agit du texte latin de la Nouvelle Vulgate : Sacrosancti Œcumenici Concilii VaticaniII, […] Cfr http://www.catho.org

24 La Bible, traduction par Samuel CAHEN, Paris, Les Belles Lettres, 1994, Isaïe, XXIX, verset 5., p. 578.

25 Esaïe, 29, 5 : Traduction œcuménique de la Bible, (TOB), Paris, Alliance biblique universelle, Le Cerf, 1988, p. 487.

26 Jacques-Alain MILLER, Id.

27 Samuel BECKETT, «Dante... Bruno. Vico.. Joyce» est publié simultanément dans la revue Transition, Nos 16-17, Juin 1929 et dans l’ouvrage collectif consacré au livre de Joyce en préparation, publié sous le titre « Our Exagmination round his factification for incamination of Work in Progress, Paris, Shakespeare and Company, 1929.

28 Cfr Jacques-Alain MILLER, Id.

29 Jacques AUBERT (sous la direction de), Joyce avec Lacan, Préface de J.-A. Miller, Paris, Navarin, 1987. Depuis lors, J.-A. Miller a publié « Joyce le Symptôme II », [1975-1979] sous le titre « Joyce le Symptôme » dans Jacques LACAN, Autres écrits, Paris, Le Seuil, 2001, pp. 565-570. « Joyce le Symptôme I » a paru en annexe dans Jacques LACAN, Le Séminaire, livre XXIII, Le sinthome, [1975-1976], texte établi par J.-A. Miller, Paris, Le Seuil, 2005, sous le titre « Joyce le Symptôme » (16 juin 1975), pp. 161-169.

30 J.-A. MILLER, Préface à Joyce avec Lacan, Op. cit., p. 10.

31 Id.

32 Id.

33 Jacques Lacan, La psychanalyse et son enseignement, [1957], Ecrits, Paris, Le Seuil, 1966, pp. 444-445.

34 Jacques LACAN, Télévision, [1974], dans Autres écrits, Op. cit., p. 517.

35 Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre XXII, RSI, 18 février 1975 (Ornicar?, n° 4, p. 106).

36 J.-A. MILLER, Préface à Joyce avec Lacan, Op. cit., p. 11.

37 Ibid., p. 12.

38 Jacques LACAN, Lituraterre, Autres écrits, Op. cit., p. 11.

39 Pierre SKRIABINE, L’encre et le pinceau, Quarto, no 50, , p. 65. Voir Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre X, L’angoisse, [1963], Paris, Le Seuil, pp. 256 et svtes.

 

40 Eric LAURENT, La lettre volée et le vol sur la lettre, pp. 37 et svtes dans La Cause freudienne, revue de psychanalyse, N0 43, « Les paradigmes de la jouissance », Paris, Diffusion Navarin-Seuil, octobre 1999.

41 Ibid., p. 37.

42 Jacques Lacan, Lituraterre, Op. cit., p. 15. Voir aussi : Jacques Lacan, « Leçon sur Lituraterre », pp. 120-121 dans Le Séminaire, Livre XVIII, D’un discours qui ne serait pas du semblant, [1971], Paris, Le Seuil, 2006.

43 C. Soler, Déchiffrer, interpréter, écrire, Filum, Bulletin psychanalytique de Dijon, N° 10, mai 1997, pp. 6-19.

44 J. Lacan, Lituraterre, Autres écrits, p. 17.

45 E. Laurent , La lettre volée et le vol sur la lettre, La Cause freudienne, n° 43, p. 34.

46 Cfr Pierre RYCKMANS, Les « propos sur la peinture » de Shitao, Traduction et commentaire pour servir de contribution à l’étude terminologique et esthétique des théories chinoises de la peinture, Bruxelles, Institut belge des hautes études chinoises, 1970. Voir aussi : SHIH-T’AO, Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère, Paris, Herman, 1984.

 

 

47 « Pinceau et encre » constitue le chapitre V des Propos sur la peinture de Shitao. Ainsi parle le moine Shitao : « L’encre, en imprégnant le pinceau, doit le doter d’aisance ; le pinceau, en utilisant l’encre, doit le douer d’esprit. » (p. 45 dans Pierre Ryckmans, Op. cit.) Il existe toutefois une hiérarchie entre pinceau et encre, donnant la prépondérance au pinceau, ce qui définit la peinture comme l’art du pinceau.

48 Pierre Ryckmans, Op. cit., p. 15.

49 Jacques LACAN, Litturaterre, Op. cit., p. 16.

50 Ibid., p. 19.

51 Id.

52 Jacques LACAN, Le moment de conclure. Cité par J.-A. Miller, L’orientation lacanienne, cours du 16 mai 2007, Op. cit.

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