Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 23:41

 

« De notre position de sujet, nous sommes toujours responsables. »

LACAN, Écrits, Seuil, 1966, p. 858.

 

L’éthique psychanalytique s’oriente non sur un idéal, mais à partir d’un écueil : un être humain ne se réduit ni à une mécanique communicationnelle ni à une machine biologique en raison d’un point qui, toujours, est insaisissable. Ce point de vivant, qui habite chacun dans son corps et que Lacan a appelé « volonté de jouissance », est le lieu d’un paradoxe maximal : il se vit comme une altérité interne. C’est le point de l’être le plus intime et le plus étranger. Le lieu de cette volonté pulsionnelle qui échappe à la subjectivisation est le lieu même où se joue notre responsabilité. C’est le lieu de notre dignité de sujet.

Au niveau du traitement et de l’accompagnement des personnes en lien avec la justice, la question de la responsabilité nous paraît essentielle à soutenir en tant qu’elle fonde le sujet et le réintègre ou le maintient dans la communauté humaine. Ce n’est pas la règle qui écrase le sujet, mais son absence, son usage arbitraire, déréglé ou capricieux. Le recours au droit ne rencontre pas de problèmes éthiques majeurs lorsqu’il s’agit de fixer des limites à la volonté (du sujet ou de l’Autre) de nuire à autrui. Il en rencontre lorsqu’il se complète d’un savoir sur ce qu’est le bien des sujets, et se mêle de vouloir le bien d’autrui, par le biais de régimes d’exception où les supposés bénéficiaires se voient indirectement menacés de perdre leur capacité juridique, et donc leur statut de sujet de droit à part entière. Ou encore lorsque ce qui l’oriente se réduit à des critères économiques ou statistiques qui biaisent sa fonction primordiale.

 

À titre d’exemple, voici quelques questions que nous nous proposons de mettre au travail :

Volonté pulsionnelle, sujet de droit et subjectivité ; droit ou assistanat, quelles conséquences subjectives ? ; clinique du passage à l’acte ; conséquences subjectives du placement des mineurs ; accompagnement de sujets psychotiques… etc.

 

Nous nous orienterons, à partir de cas cliniques développés par un participant. Ceux-ci seront discutés par deux intervenants l’un ancré dans le monde judiciaire, l’autre, du côté de la psychanalyse. Si tel est le désir des participants, nous approfondirons l’une ou l’autre question plus spécifique en invitant des personnes extérieures, tout en veillant à garder à notre réflexion une orientation clinique.

Nous nous réunirons pour la première fois le lundi 31 janvier de 20h15 à 22h15 et nous accueillerons Monique Verhelle qui parlera des effets variables du placement à travers quelques vignettes cliniques de sa pratique au Service de Santé Mentale de Namur. Les autres dates seront à convenir avec les participants.

 

CRIPSA, rue Huart Chapel, 33 (6e étage), 6000 Charleroi

Renseignements : Pascale Simonet, 0473 733 185 ou pascalesimonet@skynet.be

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles Récents