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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 17:25
Touche pas à ma conduite,
écoute d'abord ce qu'elle tait
Appel des praticiens de l'écoute
Meeting à Bruxelles le 14 juin 2008 contre la bio-domestication de l'humain

· « Trouble de la conduite » : un diagnostic troublant qui fait l'amalgame entre maladie psychique et
comportement déviant
· Les impasses d'une hyper-médication de la souffrance psychique chez l'enfant
· Les dérives d'un dépistage précoce de la délinquance
· Non à l'homme machine et au tout quantifiable.


Lili vient d'avoir 18 ans. Après trois mois d'errance sans que ses parents adoptifs ne sachent où elle se trouve, elle est interpellée par la police et passe en comparution immédiate pour avoir agressé une dame dans la rue. Un an de prison ferme. Trois ans plus tôt, elle avait rencontré un psy à qui elle avait confié entendre dans sa tête sa mère
biologique hurler « à l'aide ». Elle s'enfuyait alors de l'école, pour la rejoindre, au hasard des routes... Le psy préconise une prise en charge spécialisée qui est refusée, la dimension hallucinatoire n'est pas reconnue et les
difficultés de Lili sont attribuées à sa conduite opposante. En prison aujourd'hui, elle a cherché à mettre fin à ses jours. C'est dans ce pays, où vient d'être mise en place la « comparution immédiate », qu'un prestigieux institut de recherche, l'INSERM, a produit un rapport sur les « troubles de conduite » qui concluait à l'impérative nécessité d'un dépistage dès trois ans de ce « facteur de délinquance ». 200.000 signatures sont venues de toute la France pour faire opposition. Chez nous la même étude vient d'être lancée au Conseil Supérieur de la Santé. Aboutira-t-elle aux mêmes conclusions délétères ? Quelle réponse sera apportée à Lili, en Belgique ? Une recherche vient d'être lancée au Conseil Supérieur de la Santé sur le dit diagnostic de « troubles de la conduite ». Nous souhaitons y contribuer en alertant l'opinion éclairée des dérives qu'une telle notion risque de produire dans les champs éducatifs et psycho-médico-social, dans la culture et tout simplement dans la société en général. C'est pourquoi nous organisons un meeting qui rassemblera professionnels du secteur et acteurs de la vie publique, intellectuels, artistes, politiques, universitaires, enseignants. Il concerne tout citoyen interpellé par l'hyper-médication de l'enfance, la mise sous séquestre de la souffrance psychique et plus largement par le contrôle du plus intime de l'humain. Le réductionisme, en réduisant la psyché à une série de catégories observables et évaluables fait l'impasse sur la complexité de l'être parlant. « Troubles de la conduite » : dangers, impasses, dérives. La notion anglo-saxonne de conduct disorder est un artefact conceptuel qui homogénéise des situations et des problématiques fort différentes en faisant croire qu'elles auraient une origine commune, essentiellement neuro-biologique. Elle s'inscrit dans une idéologie plus large qui vise à réduire toute souffrance ou malaise d'ordre personnel ou social à une cause strictement biologique ou comportementale, faisant l'impasse sur l'humain comme être parlant. Les promoteurs de cette notion admettent bien évidemment la nécessité d'actions de réforme dans le domaine social et de l'enseignement. Cependant, comme ces actions sont déjà le lot d'autres professionnels et d'autres instances, leur but consiste essentiellement à faire valoir la dimension causale
Aborder la complexité psychique par le strict biais « comportemental », c'est prendre le risque que les phénomènes personnels, familiaux ou sociaux soient soumis aux idées reçues et aux clichés les plus ségrégatifs.
restante, soit celle d'une « prédisposition » dont on pourrait dépister les signes dès la petite enfance. Il serait ainsi possible d'en prévenir les manifestations par un traitement approprié, tant sur le plan comportemental que médicamenteux. Cet abord, que sous-tend la notion de « trouble de la conduite », permet d'introduire des recommandations de dépistage en laissant supposer par ces préceptes qu'un diagnostic médical précoce de la délinquance - c'est-à-dire du rapport d'un sujet à la Loi ─ serait enfin accessible par des moyens « scientifiques ». Ainsi, l'éducation devient une domestication et le lien parental un pattern de comportement. Aborder la complexité psychique par le strict biais « comportemental », c'est prendre le risque que les phénomènes personnels, familiaux ou sociaux soient soumis aux idées reçues et aux clichés les plus ségrégatifs. L'abord «comportemental» est largement insuffisant à recouvrir la richesse des données cliniques récoltées par d'autres pratiques, plus largement basées sur des entretiens non standardisés et impliquant la participation active du souffrant. Il ne permet pas de répondre sur le long terme aux défis thérapeutiques que posent les diverses formes contemporaines de rupture ou d'altération du lien social. L'abord « cognitif », s'il est porteur d'espoirs de traitement pour les affections purement neurologiques, présente le leurre d'une investigation neuronale de la pensée humaine qui ne serait ajournée que par l'attente de techniques « d'imagerie mentale » plus performantes. La visée de ce rêve « scientiste » est de pénétrer de façon transparente la psyché de ses contemporains - ce qui ne serait plus de la science mais un retour à l'obscurantisme le plus noir. Nous nous inquiétons de la tendance, qui se manifeste partout en Europe, d'une standardisation des pratiques issue du modèle réductionniste anglo-saxon, lequel fait fi de la tradition européenne, psycho-dynamique et psychanalytique. Cette tradition, qui ne néglige pas les avancées de la science, s'oppose à tout profilage des jeunes, elle n'écrase pas la différence des problématiques sous une notion stigmatisante et une thérapeutique standardisée mais fait place à l'implication de chacun dans sa parole. Une chance est ainsi donnée à ce qu'une modification intériorisée se produise dans la « conduite » qui fait difficulté et que la souffrance psychique trouve à être apaisée. Quant au dit comportement hors norme, il y a d'autres voies pour l'aborder que la prévention rigide qui stigmatise toutes les déviances en les éjectant du registre de la souffrance psychique. Ces autres voies fondent le travail quotidien des praticiens de
l'écoute. Les dispositifs d'accueil et d'accompagnement existent, il suffit de les développer, des praticiens sont à l'oeuvre, il s'agit d'encourager leurs efforts. Le lancement d'une recherche sur les « troubles de la conduite » ne peut, par sa définition même que faire la promotion de thérapeutiques comportementales et médicamenteuses que ce prétendu « trouble » impliquerait. Sauf que cette opération pseudo-scientifique de marketing risque d'avoir des conséquences désastreuses sur la santé publique et l'ordre social. Nous sommes convaincus de l'utilité sociale de l'écoute - une écoute orientée par une formation rigoureuse. Tous ceux qui aujourd'hui confrontent les concepts psycho-dynamiques à l'évolution de la culture et des sciences vérifient leur grande actualité et leur portée pratique. Devant les pratiques de l'écoute, le scientisme qui s'attaque à la psyché et l'idéologie de l'homme-machine trouveront des adversaires.


Signataires associatifs à l'ouverture de l'appel le 20/04/2008 : Association de la Cause freudienne en Belgique asbl ; Kring voor Psychoanalyse van de New Lacanian School vzw, Section Clinique de Bruxelles ; Antennes Cliniques du Champ freudien (Mons-Namur-Liège) ; Inwit - nederlandstalig tijdschrift voor psychoanalyse ; Quarto - Revue de psychanalyse publiée à Bruxelles ; Cripsa - Centre Thérapeutique et de Guidance - (Charleroi) ; Association Psychanalytique de la Cause freudienne asbl ; Zazie : groupe de recherche petite enfance du réseau Cereda ;
RI3 : Réseau International des Institutions du Champ freudien ; RIPA-Belgique : Réseau International de Psychanalyse Appliquée ; Centre Psychanalytique de Consultation et de Traitement (Bruxelles) ; Unité Psychanalytique d'Orientation (Bruxelles) ; L'Antenne 110 (Genval) ; Le Courtil - Centre psychanalytique d'accueil et de traitement (Tournai, Leers-Nord) ; Le Centre Interdisciplinaire pour l'Enfant - CIEN (Bruxelles- Tournai) ; Centre Médico-Psychologique du Service Social Juif à Bruxelles ; Centre Thérapeutique de Jour pour Enfants et Adolescents - CTAE (Liège) ; Services Droit des Jeunes- SDJ ; Centre de psychiatrie infantile "les Goélands » (Spy) ;
www.forumpsy.be
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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 17:44
Il reste quelques places pour cette dernière journée de formation cette année. N'hésitez pas à nous rejoindre.
Lieu : Centre de recherche et d'intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa)
33, rue Huart Chapel à Charleroi
Inscription par téléphone au 0475/36.50.19. Prix pour la journée : 50 euros à verser sur le compte n° 360-0409591-63.
Des comptes rendus des interventions précédentes sont disponibles sur le blog http://cripsa.over-blog.com. Nous vous invitons à vous inscrire à la newsletter du blog pour être averti des nouveaux articles publiés à chaque fois.



Atelier 3 : La psychose ordinaire, un nouveau concept. Définition, pertinence et clinique.


Le samedi 19 avril 2008 avec Katty Langelez et Guy de Villers (9H30-16H)

Katty Langelez :Le ravissement plutôt que le déclenchement

Geert Hoornaert étant retenu ce samedi, Katty Langelez interviendra et développera le thème du ravissement.
A partir d'une intervention d'Eric Laurent au cours de Jacques-Alain Miller en juin 2000, dont vous pouvez trouver le compte rendu dans un texte intitulé « un sophisme de l'amour courtois », le ravissement de Lol V. Stein, très beau roman de Marguerite Duras, a servi à dégager des avancées conceptuelles quant à la psychose ordinaire et aux suppléances qui permettent de tenir réel, symbolique et imaginaire quand le mot manque pour les nouer. C'est sur cette forme particulière d'être-à-trois mise en valeur chez Lol V. Stein, bricolage fantasmatique après le ravissement, que sera mis l'accent ainsi que sur la fonction qu'écrire a eue pour Marguerite Duras.

Guy de Villers : Branchement, débranchement, rebranchement

La psychose ordinaire se découvre au détour de ces figures du rapport  l'Autre. Nous nous en approcherons à partir de trois vignettes cliniques qui présente la manière dont certains sujets se soutiennent ou non dans l'existence alors qu'elle ne tient à rien.
Ces cas de psychose ordinaire ont été présentés par le professeur Jean-Claude Maleval en janvier 2003. Je vous invite à lire l'exposé des cas avant de nous retrouver le 19 avril 2008. Vous pouvez trouver le cours complet à l'adresse internet : w3.erc.univ-tlse2.fr/pdf/element_psychose_ordinaire.pdf

Extrait de :
ELEMENTS POUR UNE APPREHENSIONCLINIQUEDE LA PSYCHOSE ORDINAIRE
PROFESSEUR JEAN-CLAUDE MALEVAL (RENNES) : séminaire des 18 et 19 janvier 2003.

Le branchement sur un proche.
Ce qui retient l'attention dès les premiers entretiens chez Arielle est son élégance. Cette jeune femme apporte un soin extrême à son image. Elle n'a jamais présenté de symptôme psychotique manifeste. Selon son entourage elle exerce son métier et ses fonctions de mère de famille de manière satisfaisante. Pour les autres elle parait adaptée et heureuse, mais pour elle rien n'a de sens. "Chaque moment est bien, dit-elle, pourtant l'ensemble de la journée ne l'est pas: le un plus un plus un ne se fait pas". Elle ne dispose pas de la fonction phallique pour assurer le bouclage de la signification. Aussi est-elle contrainte de se tourner vers les autres pour s'orienter dans l'existence. Le soin pris à son image ne s'enracine guère en une volonté de séduire: il s'agit plutôt pour elle de masquer ce qu'elle nomme "le tas de boyaux". Parfois, confie-t-elle, pour me rassembler, je me regarde dans une glace, j'y vois ce que les autres voient". Cette formule indique que son regard sur elle-même se règle d'après l'opinion des autres, ce qui lui suggère le plus souvent d'adopter une attitude conformiste. "Je tiens par l'image, note-t-elle, si bien qu'il m'arrive de me demander ce que j'aurais fait si j'avais été aveugle, adaptée, et si elle ne présente pas le fonctionnement "comme si",elle le doit pour une grande part à la présence de son mari. Ce qu'elle l'exprime en une formule lapidaire: "je ne tiens à rien et pourtant je suis très dépendante de mon mari. C'est paradoxal". Elle précise: "je ne supporte pas qu'on attaque mon mari: c'est comme scier la branche sur laquelle je suis assise. Je m'alimente à ses pensées".
Pourtant Arielle affirme par ailleurs n'avoir découvert la souffrance qu'après son mariage. Lors de son enfance et de son adolescence,elle écartait aisément les problèmes, elle mettait les gens dans sa poche, elle s'arrangeait pour que l'avenir soit le bonheur. "Je m'appuyais sur mon nom", observe-t-elle, en effet son patronyme de naissance évoque une idée de jeunesse et de gaieté. Nommons-là "Jouvence". "J'étais gaie, insouciante, chouchoutée par mes professeurs, on plaisantait souvent de manière agréable sur mon nom, j'étais une sorte d'eau de jouvence. Dès toute petite je puisais
là une détermination à être heureuse". La propension à la substantivation du patronyme, souvent notée chez des sujets destructure psychotique, avait été mise par Arielle de manière originale au service de repères imaginaires stabilisants. "Or,poursuit-elle, après mon mariage, quand j'ai perdu le nom de mon père, et surtout l'omniprésence de ma mère, je suis tombée malade"1.
Il faut noter qu'elle trouvait aussi du côté de sa mère  un soutien d'importance. "Je n'ai pas de désir, constate-t-elle en une phrase remarquable, mais c'est le contraire de celui de ma mère". Elle précise que dans son enfance, sous son air insouciant et gai,elle s'est toujours efforcée de faire le contraire de sa mère. "C'était quelqu'un de plaintif, toujours en train de faire son ménage, tandis que j'étais joyeuse et bordélique". Il semble que le signifiant patronymique, pris à la lettre, ait permis à Arielle de ne pas être prise en une relation trop mortifère à sa mère, en lui ouvrant la possibilité de s'orienter en s'opposant à celle-ci. Ce texte conjugue un « cas extraordinaire » et un moment capital, décisif mais pas ultime dans l'investigation lacanienne des psychoses. Cette conceptualisation a une importance historique capitale, nous pourrions dire classique, mais a également ses limites que la clinique boroméenne essaie de cerner et de dépasser par une connexion bien plus étroite entre signifiant et jouissance. C'est au regard du classicisme de cette conceptualisation (nous allons y revenir de suite) que certain cas ni extraordinaires au sens du « monument de la pensée », ni rares au sens de la fréquence peuvent apparaître comme ne répondant pas au modèle et être donc « extra-ordinaire ».
Or la thèse de base de la clinique boroméenne est que « l'opposition canonique entre P° et Phi°, se complète de leur non-opposition dans une thèse générale et non plus restreinte » précise J-A Miller.
Quelque chose surclasse l'opposition trouble du langage-trouble du corps.
Il n'y a plus d'un côté l'Imaginaire et les pratiques de Jouissance et de l'autre le Symbolique1.

Dans la « Question préliminaire... », ce qui fait que le monde est et reste en ordre, qui fait que nos pensées ont lieu dans notre tête et pas ailleurs, c'est le NDP comme signifiant de l'Autre c'est à dire l'A de l'A .
Quand l'A de l'A n'existe pas, alors le concept de forclusion cède la place à celui de hors-discours. Le hors-discours résorbe l'opposition entre trouble du langage et trouble du signifiant et problématise l'idée de traiter la Jouissance par le signifiant, ce qui concerne particulièrement nos constructions lors des séminaires d'élucidation des pratiques psychothérapeutiques. Il y a des troubles dans lesquels ce n'est pas la forme signifiante qui est atteinte mais la signification : le mot comme la phrase ne sont pas touchés mais tout l'énoncé est marqué d'une intention ineffable, trace d'un « jouir du langage ».

A la fin de la conversation d'Arcachon J-A Miller résumait l'usage que nous faisons de la métaphore comme structure de la clinique de la substitution et invitait à la compléter par celle de la connexion2 dont la métonymie est la structure. Mon mari s'est occupé de moi, il m'a ramassée comme une loque, il  a pris la place de ma mère. Maintenant j'ai besoin de sa présence pressante et même parfois contraignante". Toutefois, aujourd'hui encore, quand ce soutien défaille, Arielle se découvre dominée par"un attrait pour le rien", alors, précise-t-elle, "j'aspire à me poser là comme un végétal et à me satisfaire de mon inertie; je n'aspire plus à rien d'autre qu'à rien". Elle n'est pas alors envahie par une jouissance Autre: elle s'éprouve séparée de son être de jouissance : comme une marionnette, dit-elle, dont on aurait coupé les ficelles.
Tout indique que ces moments-là sont surmontés grâce à la stabilité de la relation conjugale qui fait obstacle à une dérive des identifications imaginaires. L'amour et le désir du mari permettent à Arielle de maintenir un voile phallique porté sur son être et contribuent à soutenir sa capacité à se faire représenter au champ de l'Autre. De surcroit les idéaux du mari orientent le champ de la signification et instaurent des bornes à la jouissance du sujet.

Rien qui appartienne là en propre à la position féminine. Lucien le démontre. Il a une cinquantaine d'années, il est bien adapté socialement, malgré la persistance de quelques voix apparues quinze ans auparavant lors d'un grave épisode mélancolique. Toutefois il reste fondamentalement incertain de tout. Parfois ses voix lui apportent de l'aide, en lui donnant des conseils, qu'il suit volontiers; parfois cependant elles le déprécient et l'injurient, de sorte qu'il ne peut leur accorder une totale confiance. Dans son entourage, seule sa femme connait l'existence de ces voix, et il aura fallu plus d'un an pour qu'il m'en fasse part. Sa vie professionnelle le stabilise tant qu'il accepte de se régler sur des figures d'autorité.
Mis à part un certain évitement des relations sociales, rien dans son comportement ne laisse supposer qu'il s'agit d'un sujet présentant encore quelques troubles. Parfois cependant des questions l'assaillent. "Heureusement qu'il y a ma femme, note-t-il, elle a toujours la bonne réponse, elle me rassure. Parfois quand elle me parle, j'oublie tous mes soucis. Sans elle, je ne sais pas où je serais".Il n'a jamais fait état de quelque sentiment amoureux présent ou passé à l'égard de son épouse; mais il est très conscient que son équilibre est conditionné par la présence de celle-ci à ses côtés. Cependant, même au sein d'une relation conjugale apparemment stable, les conditions d'un branchement stabilisant ne sont pas toujours réalisées.

L'époux de Jacqueline se prête moins à la soutenir que celui d'Arielle. "Il faudrait que mon mari m'aide, me dit-elle, il a beaucoup de puissance sur moi. J'ai besoin de quelqu'un pour me retrouver, ses paroles ont beaucoup de poids. Mais il me stresse. Il ne m'aime pas". Elle constate que depuis plus de dix ans il constitue son principal soutien dans l'existence tout en se révoltant contre cette situation. "Je suis trop dépendante de lui: il ne me respecte pas". Bien loin de conférer à son image une valeur agalmatique, il semble plutôt viser son être. "Il me trouve nulle, dit-elle, il me traite comme sa chose". Dès lors sa vie lui parait"incertaine et ennuyeuse". Elle se présente souvent comme une obsessionnelle, cependant l'incapacité à choisir dont elle se plaint n'est pas celle du névrosé incapable de se décider entre plusieurs objets également attrayants, pour elle aucun des possibles ne la retient vraiment. Ses rares projets sont à l'évidence irréalistes. Ses récriminations contre son mari ne sont guère suivies d'effets. Elle donne plus une impression d'inconsistance que celle d'un miroitement comme si. Sa "nullité" lui est trop présente.
Quelques années après l'avoir perdue de vue, j'ai appris qu'elle s'était jetée du haut d'une tour.
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 16:15
1. LACAN J., Le Séminaire, Livre XXXIII, Le sinthome, Editions du Seuil, Paris, mars 2005, p. 121.
2. Cf la préface du volume "La conversation d'Antibes, La psychose ordinaire", Agalma-Seuil, 1999.
3. Voir également dans le même volume les remarques de Jacques-Alain Miller sur la courbe de Gauss.
4. Ibid., pp. 276, 294, 295, 312, 313.
5. LACAN J., "Ecrits", Editions du Seuil, 1966, pp. 552, 568, 571.
6. In "La conversation d'Antibes", pp. 313.
7. Ibid., pp. 294-295.
8. Ibid., intervention d'Eric Laurent, p. 295.
9. Cfr également le texte de Jacques-Alain Milller "Clinique ironique" paru dans la revue de la Cause freudienne, n° 23.
10. Ibid., p. 284.
11. Ibid., pp. 258-260.
12. Ibid., p. 259.
13. Ibid., cfr l'intervention d'Eric Laurent p. 259.
14. Cfr le texte de Jacques-Alain Miller, "Les paradigmes de la jouissance", paru dans la revue de la Cause freudienne, n°43.
15. Ibid., p. 314.
16. Ibid., page 279 et suivantes.
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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 11:32
par Philippe Bouillot


La  « psychose ordinaire » n’est ni une invention ni une découverte. Elle ne désigne pas une nouvelle entité clinique à proprement parler mais elle nous invite aujourd’hui à nous « briser à un nouvel imaginaire »1 dans notre abord des psychoses. La formule a été lancée par Jacques-Alain Miller lors de journées de travail des Sections Cliniques du Champ Freudien dont les textes préparatoires étaient répartis sous trois têtes de chapitres : le néo-déclenchement, la néo-conversion et le néo-transfert. « Tout s’est simplifié lors des échanges pour laisser place à un titre unique proposé au fil du débat par Jacques-Alain Miller, celui de « psychose ordinaire »2 (et non pas de néo-psychose) qui à donné son titre à l’ouvrage publié au Seuil avec comme sous-titre, « la convention d’Antibes ».
Miller retrace lui-même  le parcours de la longue conversation organisée en trois temps par les Sections cliniques du Champ freudien autour d’une même investigation de la psychose : le la surprise à la rareté et de la rareté à la fréquence. La psychose, fut-elle extraordinaire, est notre ordinaire. Si le terme est introduit dans le débat avec cette connotation quasi statistique3, la suite donnera lieu à des développements qui accentuent un peu différemment le terme et qui tous contribuent au débat clinique que ce volume retranscrit dans son intégralité.
Le mot « ordinaire » renvoie soit à ce qui est conforme à l’ordre établi, soit ce qui est médiocre, soit encore à l’habitude. D’autres usages ont vieilli qui désignent ainsi une prière qui ne change pas dans la liturgie ou encore la torture de premier degré sous l’inquisition.
Voici  un passage en revue des différentes acceptions du terme dans la discussion que je voudrais vous proposer afin d’introduire notre après midi de travail en n’oubliant pas qu’il s’agissait d’un débat et que toutes les thèses développées n’ont pas à être mise strictement sur le même pieds.

La psychose conforme à l’ordre (établi) du parlêtre, la psychose native du sujet.

Une série de remarques de Jacques-Alain Miller 4 portent sur le texte de 1958 « La question préliminaire... » et sur la réécriture du stade du miroir faite par Lacan dans ce texte. Il y inclut en effet une béance mortifère psychoïde. Le stade du miroir tel qu’il y est décrit implique avant le cadrage par le symbolique un état quasi psychotique « habité par une souffrance primordiale kleinoïde ». Lacan parle de béance mortifère du stade du miroir5 qui veut dire que quand on est régressé topiquement au stade du miroir, c’est la psychose. La métaphore paternelle viendrait résoudre cette béance du stade du miroir par la signification phallique. Si cette métaphore ne fonctionne pas, il y aurait élision de la signification phallique et retour à la béance mortifère. Ce stade illustre la thèse de la psychose native du sujet, du parlêtre. « Il y a dans ce texte une description du stade du miroir qui fait de la psychose l’état natif du sujet »6
La psychose n’est pas une exception, pas la normalité non plus .
C’est cela qui permet également de soutenir la thèse7 commentée lors du débat que le rapport du névrosé à son corps n’est pas un rapport normal. De ce point de vue là, c’est plutôt le psychotique qui a un rapport normal au corps en ceci justement qu’il est constamment menacé par la régression topique au stade du miroir, que son corps ne tient pas et n’échappe à l’éclatement que par d’énormes efforts ( nous reviendrons plus loin à cette question de l’effort) de localisation de la jouissance.

« Schreber a en permanence besoin d’une image en face de lui et beaucoup de choses qui relèvent soi-disant de l’hygiène de vie sont exactement du même ordre : vérification du poids, de la forme de l’âme, du corps. Ca ne relève pas de la pensée mais d’effort pour tenir tout cela en place »8.
Vous vous souvenez que dans son texte sur la présentation de malade, Miller soulignait que si la structure veut que toute parole se forme, se fonde dans l’Autre, les émergences xénopathiques sont fondées dans la structure. La question n’est plus qu’est-ce qu’un fou ? mais comment peut-on n’être pas fou9.  On ne peut que souligner la cohérence et la continuité des thèses sur la maladie de la mentalité et celles sur la psychose ordinaire.
Le thème de  la proximité de la folie et de la normalité traverse d’ailleurs toute l’œuvre de Lacan depuis sa thèse jusqu’au derniers commentaires que nous trouvons dans certaines retranscriptions des présentations de Saint-Anne :
-égalité du fou et du normal (Lacan existentialiste)
-la personnalité c’est la paranoïa
-rien ne ressemble plus à une névrose qu’une psychose (sém III)
-« elle est normale » diagnostique posé après une présentation de patient
-« à compter au nombre des fous normaux qui constituent notre ambiance » etc...que JAM évoque dans son texte « Enseignements de la présentation de malades »10





La psychose conforme à l’ordre contemporain des choses, la psychose « démocratique »



Eric Laurent précise lors des échanges : « la psychose ordinaire, c’est la psychose à l’époque de la démocratie, la prise en compte de la psychose de masse…A partir du moment où les normes se diversifient, on est évidemment à l’époque de la psychose ordinaire. Ce qui est cohérent avec l’époque de l’Autre qui n’existe pas, c’est la psychose ordinaire »11.
Cet état de la civilisation marqué par la pulvérulence des normes établies, est compatible avec l’abord général de la psychose ordinaire.
« La question du capitonnage est la question la mieux partagée du monde »
« Nous visons à faire entrer dans la conversation clinique le tout venant de la psychose... »12

Psychoses ordinaires et psychoses extraordinaires


Cette opposition entre ordinaire et extraordinaire peut prêter à une confusion si nous ne précisons pas dans quel registre nous sommes.  Nous pouvons mesurer la banalité d’un cas à notre mètre étalon qui est celui du cas Schreber tel que repris par Lacan dans la « Question préliminaire... », qui relève des grandes exceptions qui ont constitué la clinique du regard et la première clinique psychanalytique. Aux  géants de la pensée psychotique que sont Schreber, Gödel, Newton, nous opposons alors le « tout-venant de la psychose »13.
Mais notre abord de la psychose est évidement définitivement marqué par la lecture du « cas Schreber » dans ce grand texte qu’est la « Question préliminaire... » qui comme nous l’a commenté J-A Miller, est tout entier fondé sur une bipartition14  voire une opposition entre le Symbolique et l’Imaginaire qui a marqué pour longtemps notre travail.


Symbolique-Imaginaire
P° -Phi°
Structure linguistique - Un reste : le stade du miroir
Troubles linguistiques dans désert de jouissance - Jouissance, libido qui circule côté imaginaire dans le corps
                                                                                    
Ce texte conjugue un « cas extraordinaire » et un moment capital, décisif mais pas ultime dans l’investigation lacanienne des psychoses. Cette conceptualisation a une importance historique capitale, nous pourrions dire classique, mais a également ses limites que la clinique boroméenne essaie de cerner et de dépasser par une connexion bien plus étroite entre signifiant et jouissance. C’est au regard du classicisme de cette conceptualisation (nous allons y revenir de suite) que certain cas ni extraordinaires au sens du « monument de la pensée », ni rares au sens de la fréquence peuvent apparaître comme ne répondant pas au modèle et être donc « extra-ordinaire ».
Or la thèse de base de la clinique boroméenne est que « l’opposition canonique entre P° et Phi°, se complète de leur non-opposition dans une thèse générale et non plus restreinte » précise J-A Miller.
Quelque chose surclasse l’opposition trouble du langage-trouble du corps.
Il n’y a plus d’un côté l’Imaginaire et les pratiques de Jouissance et de l’autre le Symbolique1.

Dans la « Question préliminaire... », ce qui fait que le monde est et reste en ordre, qui fait que nos pensées ont lieu dans notre tête et pas ailleurs, c’est le NDP comme signifiant de l’Autre c’est à dire l’A de l’A .
Quand l’A de l’A n’existe pas, alors le concept de forclusion cède la place à celui de hors-discours. Le hors-discours résorbe l’opposition entre trouble du langage et trouble du signifiant et problématise l’idée de traiter la Jouissance par le signifiant, ce qui concerne particulièrement nos constructions lors des séminaires d’élucidation des pratiques psychothérapeutiques. Il y a des troubles dans lesquels ce n’est pas la forme signifiante qui est atteinte mais la signification : le mot comme la phrase ne sont pas touchés mais tout l’énoncé est marqué d’une intention ineffable, trace d’un « jouir du langage ».

A la fin de la conversation d’Arcachon J-A Miller résumait l’usage que nous faisons de la métaphore comme structure de la clinique de la substitution et invitait à la compléter par celle de la connexion2 dont la métonymie est la structure.

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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 22:47
P.E.Psy
Premiers Entretiens Psychologiques


Quoi ? : Consultation Psychologique Gratuite
    pour Adultes.(1)


Pour Qui ? : Toute personne souhaitant être entendue par rapport à une difficulté, une question, une souffrance et désireuse d'essayer une démarche de recherche sur soi.


Où ? : au CRIPsa, Centre de recherche et d'intervention en psychanalyse appliquée, 33, rue Huart Chapel à Charleroi, dans le cadre de la réalisation d'un mémoire d'étudiante en Psychologie Clinique, sous la supervision de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Mons-Hainaut(2 ) et de Mme Katty Langelez, psychanalyste et directrice du CRIPsa.

Quand ? :     Les jeudis et vendredis de 9h à 13h
                A partir du 4 mars et jusqu'au 30 juin 2008


Contactez :     Mme Anne Cosyn,
Gsm : 0496/91.46.74
Etudiante en 3ème Licence en Psychologie Clinique à l'Université de Mons-Hainaut.

(1.) 5 entretiens maximum à la fin desquels il sera fait le point et une orientation pour la suite sera envisagée.
(2) Pour cette raison les entretiens sont enregistrés mais le secret professionnel le plus strict est garanti au patient.
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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 22:28
Lacan a dégraissé le complexe d'œdipe freudien en en faisant une fonction symbolique. Il fait du Père un signifiant qui se substitue au désir de la M. Cela a été la première opération importante de Lacan. Le Père opère comme un opérateur pour traiter la jouissance. Il réduit le père à une fonction. => un rapport à l'objet de la jouissance peut être perdu. Un objet pour le sujet névrosé peut être extrait càd qu'il a été symbolisé puis transféré. Donc chez le sujet psychotique qui a l'objet en poche cela fait des difficultés dans le lien social puisqu'il n'y a pas de raison d'aller vers l'Autre puisque l'objet ne lui est pas transféré. Il y a donc différents types d'extraction de l'objet possible et il va donc falloir traiter la jouissance autrement qu'avec le phallus.

Cela nous pousse à être pragmatique. Il y a ou pas castration due à l'opération du symbolique. Il y a inscription ou rejet de la fonction du P. Le rejet hors du système des noms a pour conséquence que la jouissance ne peut être traitée par le phallus. Le phallus est donc une forme de localisation et de traitement de la J. Quand il n'y a pas, on peut avoir un retour de la jouissance dans le corps.

Freud dans le texte sur les pulsions « il joue tout son complexe de castration au niveau de la peau » dit-il à propos d'un psychotique. Le complexe de castration n'est pas localisé (in Métapsychologie en 1916) dans le phallus. Il compare les phénomènes en disant que cela ressemble mais que cela n'est pas pareil. Il y manque la substitution. L'arme du symbolique est la substitution du vivant par le symbole. Ce qui nous amène à la néo-conversion.

Dans la convention d'Antibes, il s'agit de distinguer les phénomènes de corps interprétables et ceux qui ne le sont pas. Ils peuvent être une véritable défense du sujet contre la jouissance. Un phénomène est qqch qui apparait. C'est l'irruption d'une certaine jouissance qui fait retour qui n'est pas localisée sur le phallus puis il y a ce que les sujets mettent en place pour traiter ou localisé et faire fonctionner le corps.

C'est par la conversion que Freud est arrivé à la psychanalyse. Dans le Sém V, Lacan reprend cette notion freudienne de conversion. Le désir est identique à sa manifestation somatique. La douleur c'est le désir. C'est refoulé mais interprétable pour Freud. Cfr Elizabeth Von R. On voit à l'oeuvre le Père de l'hystérique...

L'enjeu de déterminer le diagnostic c'est de savoir si on va pouvoir interpréter. Quand on repère que c'est un phénomène qui relève de la psychose on ne va pas l'interpréter mais l'utiliser. Ce sont les réponses du sujet à ce manque dans l'Autre qui font les différentes structures: névrose, psychose et perversion. Il y a parfois une certaine efficience de la fonction paternelle chez le sujet psychotique.  Il n'est pas rare qu'on ait une sorte d'œdipe imaginaire mais rien ne fait le joint avec le sentiment de la vie.

Cfr un cas de présentation de malades d'un sujet mélancolique qu'une fibromyalgie permet de stabiliser.

Katty Langelez
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 22:49

 
Il reste quelques places pour ces  deux journées exceptionnelles. Même si vous ne pouvez participer qu'à une seule, n'hésitez pas à nous contacter une inscription à la journée est toujours possible dans la mesure des places disponibles.

Atelier 3 : La psychose ordinaire, un nouveau concept. Définition, pertinence et clinique.

Le samedi 8 mars avec Monique de Villers et Marie-Françoise De Munck (9H30-16H)

Monique de Villers : De la psychose déclenchée à la psychose ordinaire
A partir de vignettes cliniques nous allons étudier les modes de stabilisation que le sujet psychotique met en place dans le cadre de la cure analytique.

Marie-Françoise De Munck : Entrée par l’« entre-je » dans la psychose ordinaire
« Il s’agit, au fond de la psychose, d’une impasse, d’une perplexité concernant le signifiant (…). Je suppose que le sujet réagit à l’absence du signifiant par l’affirmation d’autant plus appuyée d’un autre qui, comme tel, est essentiellement énigmatique (…) C’est là que se passent tous les phénomènes d’entre-je qui constituent ce qui est apparent dans la symptomatologie de la psychose. » Jacques Lacan, Séminaire III, p. 219.
Comment cette indication de Lacan peut-elle nous orienter dans le repérage de la psychose ordinaire ? A travers une série de cas, nous essaierons d’illustrer la dimension prégnante de l’imaginaire dans les rapports aux « autres ».

Le samedi 19 avril 2008 avec Katty Langelez et Guy de Villers (9H30-16H)


Katty Langelez :Le ravissement plutôt que le déclenchement
Geert Hoornaert étant retenu ce samedi, Katty Langelez interviendra et développera le thème du ravissement.
A partir d'une intervention d'Eric Laurent au cours de Jacques-Alain Miller en juin 2000, dont vous pouvez trouver le compte rendu dans un texte intitulé « un sophisme de l'amour courtois », le ravissement de Lol V. Stein, très beau roman de Marguerite Duras, a servi à dégager des avancées conceptuelles quant à la psychose ordinaire et aux suppléances qui permettent de tenir réel, symbolique et imaginaire quand le mot manque pour les nouer. C'est sur cette forme particulière d'être-à-trois mise en valeur chez Lol V. Stein, bricolage fantasmatique après le ravissement, que sera mis l'accent ainsi que sur la fonction qu'écrire a eue pour Marguerite Duras.

Guy de Villers : Branchement, débranchement, rebranchement

La psychose ordinaire se découvre au détour de ces figures du rapport  l’Autre. Nous nous en approcherons à partir de trois vignettes cliniques qui présente la manière dont certains sujets se soutiennent ou non dans l’existence alors qu’elle ne tient à rien.
Ces cas de psychose ordinaire ont été présentés par le professeur Jean-Claude Maleval en janvier 2003. Je vous invite à lire l’exposé des cas avant de nous retrouver le 19 avril 2008.

Lieu : Centre de recherche et d’intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa)
33, rue Huart Chapel à Charleroi
Inscription par téléphone au 0475/36.50.19. Prix pour la journée : 50 euros
Le reste du programme est disponible sur http://cripsa.over-blog.com
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 22:58
Atelier 3 : La psychose ordinaire, un nouveau concept. Définition, pertinence et clinique.

Le samedi 16 février avec Daniel Pasqualin et Philippe Bouillot (9H30-16H)

Daniel Pasqualin : Psychose à l'ordinaire
C'est celle qui ne se voit pas de loin, comme l'extraordinaire, qui est la psychose déclenchée, délirante, "classique", comme celle de Schreber, étudiée par Freud, puis par Lacan. Ici, c'est la psychose des petits hommes modernes, pour qui on ne peut pas toujours jurer qu'une fonction paternelle n'existe pas, d'une manière ou d'une autre, mais que l'on saisit plutôt à ses effets, soit l'absence de signification phallique. Ici pas de déclenchement repérable, mais plutôt débranchements du sujet.  Qu'est-ce à dire, sinon un retour souvent discret de la jouissance dans le corps, une jouissance délocalisée, qui n'est pas traitée par le signifiant du manque. Nous examinerons alors comment traiter cette jouissance, car il n'y a pas lieu de dramatiser la psychose, d'autres moyens que le phallus sont possibles, à ce carrefour du corps et du langage qui convoque toute la psychanalyse.  Comment distinguer les phénomènes de corps ici présents de ceux de conversion hystérique? Ceci pour les sujets qui se présentent à nous.
 
Pour le praticien aujourd'hui, l'élaboration sur la psychose ordinaire par J-A. Miller et les sections cliniques du Champ freudien en 98,  témoigne ainsi du fait que la psychanalyse est vivante, qu'elle n'est pas figée une fois pour toutes dans des textes canoniques, ce qui ne veut pas dire, qu'ils sont dépassés. Notre monde change, il changeait déjà quant à la place du père à l'époque de Freud et c'est pour cela qu'il inventa la psychanalyse. Se réfugier dans la nostalgie du père serait une impasse pour le praticien d'aujourd'hui.

Philippe Bouillot : La psychose « ordinaire »

Qu’entendons nous au juste par là ? Serait ce une psychose moins « extraordinaire » que d’autres. A moins qu’elle ne soit plus  « normale » que certaines qui seraient plus « pathologiques ». Ou encore plus « fréquente » aujourd’hui qu’hier ? A partir de cas cliniques nous tenterons de préciser la pertinence actuelle. Et l’utilité de cette approche de certaines formes discrètes de la psychose.


Le samedi 8 mars avec Monique de Villers et Marie-Françoise De Munck (9H30-16H)

Monique de Villers : De la psychose déclenchée à la psychose ordinaire
A partir de vignettes cliniques nous allons étudier les modes de stabilisation que le sujet psychotique met en place dans le cadre de la cure analytique.

Marie-Françoise De Munck : Entrée par l’« entre-je » dans la psychose ordinaire
« Il s’agit, au fond de la psychose, d’une impasse, d’une perplexité concernant le signifiant (…). Je suppose que le sujet réagit à l’absence du signifiant par l’affirmation d’autant plus appuyée d’un autre qui, comme tel, est essentiellement énigmatique (…) C’est là que se passent tous les phénomènes d’entre-je qui constituent ce qui est apparent dans la symptomatologie de la psychose. » Jacques Lacan, Séminaire III, p. 219.
Comment cette indication de Lacan peut-elle nous orienter dans le repérage de la psychose ordinaire ? A travers une série de cas, nous essaierons d’illustrer la dimension prégnante de l’imaginaire dans les rapports aux « autres ».

Le samedi 19 avril 2008 avec Geert Hoornaert et Guy de Villers (9H30-16H)


Lieu : Centre de recherche et d’intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa)
33, rue Huart Chapel à Charleroi
Inscription : Le nombre de places est limité à 20 participants par Atelier.
Paiement : 150 euros par Atelier. Versement à effectuer sur le compte n° 360-0409591-63 en indiquant en communication l’Atelier choisi.
Coordonnées à renvoyer à l’adresse ci-dessus ou par e-mail : cripsa@ch-freudien-be.org

Sur le blog de cripsa http://cripsa.over-blog.com  vous trouverez les programmes et des textes ou extraits d'interventions faites dans le cadre des formations. Pour être tenu informé des nouveaux articles parus, inscrivez-vous à la newsletter.
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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 23:49
Atelier 3 : La psychose ordinaire, un nouveau concept. Définition, pertinence et clinique.

Le samedi 16 février avec Daniel Pasqualin et Philippe Bouillot (9H30-16H)

Daniel Pasqualin : Psychose à l'ordinaire
C'est celle qui ne se voit pas de loin, comme l'extraordinaire, qui est la psychose déclenchée, délirante, "classique", comme celle de Schreber, étudiée par Freud, puis par Lacan. Ici, c'est la psychose des petits hommes modernes, pour qui on ne peut pas toujours jurer qu'une fonction paternelle n'existe pas, d'une manière ou d'une autre, mais que l'on saisit plutôt à ses effets, soit l'absence de signification phallique. Ici pas de déclenchement repérable, mais plutôt débranchements du sujet.  Qu'est-ce à dire, sinon un retour souvent discret de la jouissance dans le corps, une jouissance délocalisée, qui n'est pas traitée par le signifiant du manque. Nous examinerons alors comment traiter cette jouissance, car il n'y a pas lieu de dramatiser la psychose, d'autres moyens que le phallus sont possibles, à ce carrefour du corps et du langage qui convoque toute la psychanalyse.  Comment distinguer les phénomènes de corps ici présents de ceux de conversion hystérique? Ceci pour les sujets qui se présentent à nous.
 
Pour le praticien aujourd'hui, l'élaboration sur la psychose ordinaire par J-A. Miller et les sections cliniques du Champ freudien en 98,  témoigne ainsi du fait que la psychanalyse est vivante, qu'elle n'est pas figée une fois pour toutes dans des textes canoniques, ce qui ne veut pas dire, qu'ils sont dépassés. Notre monde change, il changeait déjà quant à la place du père à l'époque de Freud et c'est pour cela qu'il inventa la psychanalyse. Se réfugier dans la nostalgie du père serait une impasse pour le praticien d'aujourd'hui.

Philippe Bouillot : La psychose « ordinaire »

Qu’entendons nous au juste par là ? Serait ce une psychose moins « extraordinaire » que d’autres. A moins qu’elle ne soit plus  « normale » que certaines qui seraient plus « pathologiques ». Ou encore plus « fréquente » aujourd’hui qu’hier ? A partir de cas cliniques nous tenterons de préciser la pertinence actuelle. Et l’utilité de cette approche de certaines formes discrètes de la psychose.


Le samedi 8 mars avec Monique de Villers et Marie-Françoise De Munck (9H30-16H)

Monique de Villers : De la psychose déclenchée à la psychose ordinaire
A partir de vignettes cliniques nous allons étudier les modes de stabilisation que le sujet psychotique met en place dans le cadre de la cure analytique.


Le samedi 19 avril 2008 avec Geert Hoornaert et Guy de Villers (9H30-16H)


Lieu : Centre de recherche et d’intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa)
33, rue Huart Chapel à Charleroi
Inscription : Le nombre de places est limité à 20 participants par Atelier.
Paiement : 150 euros par Atelier. Versement à effectuer sur le compte n° 360-0409591-63 en indiquant en communication l’Atelier choisi.
Coordonnées à renvoyer à l’adresse ci-dessus ou par e-mail : cripsa@ch-freudien-be.org

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 23:35
Atelier 2 : Le sexuel est traumatique. Comment accompagner les adolescents dans leur rencontre avec ce réel ?

ANNONCE :
Le jeudi 17 janvier de 14h à 16h, Monique Vlassembrouck et Maïté Masquelier développeront ce qui peut se saisir de ce qui traverse les temps sur la question de l'adolescence à partir de deux références littéraires : Un adolescent d'autrefois de François Mauriac et Kiffe kiffe demain de Faïza Guène. Un texte d'Hélène Deltombe leur servira aussi d'orientation pour repérer le réel auquel les adolescents ont à faire et l'Autre social dans lequel ils trouvent leurs réponses.

Le vendredi 25 janvier l'atelier de lectures animé par Jean-Marc Josson sera orienté par un texte de Françoise Dolto extrait de son livre « Le nouveau comportement amoureux » in La cause des adolescents.

Le mardi 8 janvier 2008
9h30-11h : Conférence d'introduction par Bruno de Halleux
11h30-13h : Conversation clinique avec BdH
14h-16h : Exposé clinique par Claire Piette

Le jeudi 17 janvier 2008
9h30-11h : Cures d'adolescents, par Katty Langelez
11h30-13h : Conversation clinique
14h-16h : Lecture commentée par le cartel du cripsa

Le vendredi 25 janvier 2008
9h30-11h : Conférence par Thierry Vandewyngaert
11h30-13h : Conversation clinique avec TVdw
14h-16h : Atelier de lectures par Jean-Marc Josson

Les programmes plus détaillés avec titres et arguments pour chaque intervention seront publiés sur le blog de cripsa http://cripsa.over-blog.com Pour être tenu informé des nouveaux articles parus, inscrivez-vous à la newsletter.
Lieu : Centre de recherche et d’intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa)
33, rue Huart Chapel à Charleroi
Inscription : Le nombre de places est limité à 20 participants par Atelier.
Paiement : 150 euros par Atelier. Versement à effectuer sur le compte n° 360-0409591-63 en indiquant en communication l’Atelier choisi.
Coordonnées à renvoyer à l’adresse ci-dessus ou par e-mail : cripsa@ch-freudien-be.org
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