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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 16:52

« Pourquoi la guerre »…. Intéresserait-elle des psychanalystes ? C’est vrai elle a changé Freud et a fait basculer la psychanalyse de la première à la deuxième topique. C’est vrai elle a produit un texte fondamental de Lacan où il annonce de façon prophétique le futur. C’est encore vrai que la guerre lui permit de prédire notre avenir de « marché commun et camp de concentration ». Mais c’est du passé. On ne s’intéresse qu’au présent, assez de ces psychanalystes qui ne parlent que de ce qui fut. Tout cela est obsolète : la « civilisation », un mot ringard.

Mais justement, nos écrans, nos journaux, nos réseaux résonnent de bruits et d’images de guerre. Les guerres, depuis la fin de la dernière, n’ont cessé de gronder. On pourrait peut-être les écouter, s’en enseigner… Vous nous ennuyez. On n’en veut rien savoir, si ce n’est pas un spectacle qui permet de se lamenter sur la barbarie, de loin. La barbarie, c’est quand même autre chose que la civilisation, plus excitant, non ? Ne serait-ce que pour s’en lamenter et condamner les monstres. Psychanalystes, occupez-vous des « bobos de l’âme » comme disait Bernard Kouchner et laissez-nous les vrais malheurs.

Eh bien non. Des psychanalystes pensent que l’approche d’orientation lacanienne peut s’attaquer à ce réel, car c’en est un, de se répéter encore et encore. Ils pensent que la clinique des traumatisés de guerre, des blessures psychiques, nous enseigne sur les sujets qui plongent dans l’extrême. Qu’il y a lieu de poser les bases d’une nouvelle psychologie de masse, celle d’aujourd’hui, celle qui correspond aux axiomes de l’époque, dégagés par Lacan.

Pour en finir avec cette sottise qui toujours ramène la guerre à l’agressivité et à la nature,

Pour écouter une petite voix qui dit que la guerre, c’est l’autre face de ce qu’on n’ose plus appeler la civilisation,

Pour démontrer qu’il n’y a pas de guerre sans discours, qu’elle ne peut se dérouler qu’entre des êtres parlants,

Qu’ils y sont sommés d’y mettre le corps car la grande affaire des guerres tourne toujours autour des objets qu’elles s’attachent à détruire, à réduire au statut de restes. Les ruines, disait Lacan dans son texte de 1946, n’y ont rien du romantique et du grandiose de celles qu’occasionne le temps qui passe. En parcourant le Londres d’après la victoire, il n’y voyait « dans cette ville grêlée tous les deux cent mètres de rue » que les marques d’une « destruction radicale, curée au net ».

Détruire, hurlent-elles.

Des psychanalystes ont écrit un livre aux Edition Berg International, à sortir en librairie début janvier 2015, qui se propose d’en témoigner, La psychanalyse à l’épreuve de la guerre.

En attendant allez à Mons le 11 octobre. Ce ne sera pas une commémoration parmi d’autres.

Marie-Hélène Brousse, pourquoi la guerre nous intéresse-t-elle?
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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 09:44
La guerre féminise..., Sarah Abitbol

La guerre féminise …*

Sarah Abitbol

Les personnages de la série israélienne « Hatufim[1] » nous amènent à poser cette hypothèse : la guerre féminiserait-elle ? Il s’agit de trois soldats israéliens rentrant chez eux après une longue captivité. Avec les personnages palestiniens de la série, ils partagent un même sentiment d’étrangeté à soi-même, d’être en exil chez soi. C’est le trauma initial du sujet qui se réactive et s’intensifie lors de cette captivité, de manière singulière pour chacun d’eux. Comme l’enseigne Lacan, une femme, d’être pas toute, a justement cette particularité. Dans son Séminaire Encore, Lacan établit les modes selon lesquels le sujet s’inscrit comme homme ou comme femme au regard de la fonction phallique. Lacan démontre alors qu’« il n’y a pas La femme, article défini pour désigner l’universel. Il n’y a pas La femme puisque…. de son essence, elle n’est pas toute »[2]. Il y a quelque chose dans l’essence de la femme qui fait qu’elle est Autre à elle-même. Rien ne peut se dire de la femme, de sa jouissance.

En suivant le fil de cette série, on avance avec cette hypothèse : l’expérience traumatique de la captivité et les blessures psychiques qu’elle engendre, non seulement pendant l’enfermement, mais aussi dans la répétition qu’elles produisent, féminisent les sujets masculins. C'est ce que nous montrent les hommes de cette série. Chacun d’eux ne forme plus un tout. L'identification aux idéaux tombe, la virilité disparaît et le sentiment d’étrangeté s’installe. Ces hommes deviennent insaisissables pour leurs femmes, mais aussi pour leur entourage.

Prenons l'exemple le plus explicite, celui de Nimrod, l’un des soldats qui, contre toute attente, n'est pas déçu et ne se met pas en colère contre son fils lorsque celui-ci tente de déserter l’armée israélienne. Il s’agit d’une chose extrêmement rare dans ce pays. Celui qui déserte n’est plus un homme en Israël, il abandonne son peuple. Nimrod étant désidentifié de cet idéal, c’est sa femme Talia, qui ne peut supporter cette idée et se bat pour que son fils « reprenne ses esprits ». Elle va d’ailleurs jusqu’à le frapper. Pour Uri, le deuxième soldat, l'étrangeté à soi-même est saisissante puisqu’il apparaît toujours comme étant ailleurs. Il n'est jamais entièrement là, il s'évade, il est autre. Il est « pas tout » dans son lien avec sa partenaire Nourit. Djamel, le Palestinien, chef des geôliers, exilé en Syrie, dira au troisième soldat, Amiel : « Tu ne peux pas savoir qui je suis. »

Étrange, n’est-ce-pas ? La guerre, longtemps identifiée au masculin, et témoignage spectaculaire de la virilité, féminiserait les combattants. Quand ils reviennent, désidentifiés en tout ou en partie des idéaux paternels qui les avaient poussés au front, ils sont alors pas tout, pas tout homme…

*L’auteure développe plus amplement cette thèse dans La psychanalyse à l'épreuve de la guerre,sous la direction de M.H. Brousse, Paris, Editions Berg International, 2014. À paraître pour les prochaines journées d’automne de l’Ecole de la Cause freudienne.

ATTENTION : réservation obligatoire au 065/40.53.30

Ou auprès de Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com)

ou Philippe Hellebois (ph.hellebois@skynet.be)

Nombre de places limité

www.polemuseal.mons.be

11 octobre 2014, De 13h à 18h

BAM, Beaux Arts Mons, rue Neuve, 8 à 7000 Mons

PAF : 15 euros

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 16:45

Mons, Verdun, Daesh, Centrafrique, Août 14

Eric Laurent

Alors que la retraite Anglaise avait commencé, après la terrible bataille de Mons, et dans un autre secteur, celui de Verdun, Maurice Genevoix, jeune normalien mobilisé, assiste pour la première fois à la retraite des troupes françaises : « Un officier d’état-major est venu. Le chef de détachement, à la seule vue des insignes, est devenu pâle d’émotion. Il faut retraverser la Meuse. Je m’y attendais : derrière tous ces gens qui passaient, je sentais peser une menace. Longue étape sur une route sans arbre. Ciel terne, chargé de pluie. Il fait lourd. Nous revoyons Bras et Charny, puis Marre, Chattancourt : des villages qui se ressemblent, maisons basses, bleu lavé, jaune terreux, couleurs sans lumière et sans gaieté. Et toujours les monceaux de fumier croupissent au seuil des portes, étalés jusqu’au milieu de la route. »[1]

Ainsi commençait la boucherie qui allait caractériser la grande guerre civile européenne de trente ans, avec une courte trêve de 15 ans. On s’interroge : A-t-on vraiment avancé sur la détermination des causes de cette guerre qui mit fin à jamais à la paix européenne de la première mondialisation [2]? La thèse communément admise sur le rôle déterminant du militarisme allemand dans le déclenchement des opérations a été remise en cause à l’occasion de ce centenaire avec une force de conviction particulière par Christopher Clark, historien australien et professeur à Cambridge, dans un livre qui a été cité par Mme Merkel dans une allocution au Conseil Européen en décembre 2013[3]. Plutôt que l’épinglage d’un seul camp, Clark retient la responsabilité des élites européennes qui ont, dans leur ensemble, sous-estimé « le fait que la politique internationale peut à tout moment gravement déraper et que cela peut se produire très vite, avec des conséquences terribles [4]». Il reprend le terme de Somnambules que le grand Hermann Broch avait choisi en 1931 pour qualifier les responsables de l’empire de Guillaume II et l’étend à l’Europe. Il dresse un portrait frappant de l’aveuglement des responsables devant ce qui allait arriver. « Les manquements des élites européennes ont créé le désastre qui s'est abattu sur les peuples entre 1914 et 1945. Ce sont leur ignorance et leurs préjugés qui ont permis la catastrophe. Parmi ceux-ci figurait la croyance atavique selon laquelle non seulement les empires étaient magnifiques et rentables, mais la guerre était glorieuse et contrôlable. »[5]

Aujourd’hui, l’Europe est pacifiste. Sondages et rumeurs médiatiques le constatent alors que la France engage des troupes sur le terrain en Afrique, dans une zone toujours plus étendue, et qu’elle rencontre les plus grandes difficultés à se faire aider par ses partenaires européens : « Les Européens selon le sondage Eurobaromètre d’automne, plébiscitent, parmi ‟les résultats les plus positifs de l’Union Européenne”, la libre circulation (57%) et la paix entre les pays de l’UE (53%). […] Etre européen, c’est pouvoir traverser son continent en paix. »[6]. Cette paix chez soi, n’est pas très jaurésienne, elle est parfaitement compatible avec la vente massive d’armes de guerre aux autres, comme pour la France et l’Angleterre, ou la vente d’usines de production d’armes chimiques de guerre, comme le font les entreprises allemandes. L’homme européen, dans sa généralité sociomane, aurait-il atteint l’idéal que Freud assignait à l’humanité en 1932, dans un texte « Pourquoi la guerre ? », tout empreint de l’angoisse des intellectuels européens qui voyaient l’inexorable avancée vers la guerre. C’est un texte avec lequel d’ailleurs Lacan prenait ses distances, faisant voir la vanité de son approche « scientifique » d’un phénomène réel. « C’est fou ce que ça rejette la science !…et qui existe pourtant quand même. À savoir la guerre. Ils sont tous là les savants à se creuser la tête : Warum Krieg ? Ils n’arrivent pas à comprendre ça…Ils se mettent à deux pour ça. Freud et Einstein, ce n’est pas en leur faveur »[7]. Lacan, lui, partait du réel de la guerre nous accompagnant de façon constante comme une dimension inéliminable du pouvoir moderne. « Le pouvoir capitaliste, ce singulier pouvoir dont je vous prie de mesurer la nouveauté, a besoin d’une guerre tous les vingt ans […] cette fois, il ne peut pas la faire, mais enfin il va bien y arriver quand même »[8]. Freud essaie de trouver une issue à ce qu’il aperçoit comme inéluctable. Il se refuse à soutenir l’utopie d’une loi interdisant la guerre comme le projet Wilson le supposait[9]. Il se méfie de l’empire de la loi, envers de la violence, et cela annonce la distance qu’il prendra avec le grand théoricien des normes, Kelsen, à l’occasion de son texte sur le Malaise dans la civilisation. Il parie non pas sur la loi mais sur ce qu’il appelle les « processus de développement culturel ». Il énonce que dans son « procès de développement culturel [qui] se déploie à l’échelle de l’humanité (je sais que d’autres préfèrent l’appeler civilisation) […] Parmi les caractéristiques psychologiques de la culture, deux semblent être les plus importantes : le renforcement de l’intellect qui commence à dominer la vie pulsionnelle, et l’intériorisation du penchant à l’agression avec toutes ses conséquences avantageuses et dangereuses. Or, la guerre est, de la façon la plus criante, en contradiction avec les positions psychiques que le procès culturel nous impose, c’est pourquoi nous ne pouvons que nous indigner contre elle […], c’est chez nous autres pacifistes une intolérance constitutionnelle […] »[10]. Et Freud posait la question, avec une pointe d’ironie : « Combien de temps nous faut-il encore attendre avant que les autres aussi deviennent pacifistes ? » Y sommes-nous arrivés ? Sommes-nous pacifistes par « procès de développement culturel » ?

La civilisation, avec ses disciplines entraîne-t-elle un moins ou un plus de violence ? Si les opinions et les appréciations divergent c’est sans doute que derrière les chiffres que les différentes catégories sociologiques tentent de capturer, au-delà des difficultés à clairement pouvoir distinguer ce qui relève de la guerre, ce qui relève de la violence, de la délinquance, de la prédation dans l’évolution actuelle des formes de guerres ou de mises en coupe régulière de pays entiers par des « seigneurs de guerre » ou des gangs de « narcos », quelque chose insiste qui dépasse les classifications possibles. Déjà, Bernard Henry-Levy avait été sensible à la violence qui pouvait se manifester à l’état « pur » sans les motivations de la dialectique de l’histoire, du progrès et de la logique qui paraissait régler les rapports des deux blocs jusqu’à 1989. « Fin de l’Histoire […]. La panne du négatif, la fin de la dialectique, le renoncement au labeur technicien et à son inlassable souci de métamorphoser le donné, annonceraient-ils une humanité oisive mais heureuse, presque opulente, qui, en échange de son désir, de sa passion de la reconnaissance et des rivalités mimétiques qui allaient avec, se voyait libérée de ce que Marx appelait le ‟royaume de la nécessité” et, donc, de ses besoins ? Elle signifie, ici, une terre en friche et vouée à la vermine, les récoltes qui pourrissent, la fange dans les champs, les hommes affamés – elle signifie, non plus l’oisiveté, mais la misère : non plus l’opulence, mais le dénuement ; non plus la satisfaction mais l’empire absolu du besoin. »[11] Erik Orsenna, souligne l’originalité des espaces nouveaux qui constituent des espaces violents dans notre monde : « Les stratèges parlent d’espaces fluides. Ils n’ont pas de frontières. Les mouvements y sont rapides, voire instantanés. On n’y rencontre pas d’ennemis clairement identifiés, pas d’armées organisées. Ne s’y promènent pour mener leurs activités malfaisantes, que des individus qu’on ne peut appeler soldats mais pirates. Ces espaces se ressemblent. Il s’agit de la mer, de l’Internet, et … des déserts »[12]. Jean-Luc Nancy le formule de façon radicale. Dans un monde désormais à la fois mondialisé et en pleine implosion tant géostratégique qu’économique, « Il semble raisonnable d’affirmer ceci : il n’y a que la guerre, et tangentiellement une seule guerre. La guerre que se fait à elle-même une civilisation déchue de ses propres titres de civilité »[13].

Cette guerre de la civilisation contre elle-même fait-elle obstacle aux thèses freudiennes sur les limites du procès culturel ou les accomplit-elles ? Freud, s’il se considère « pacifiste », comme dans son échange avec Einstein, énonce aussi fortement dans ses Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort écrites en 1915 ce que la morale civilisée cache de monopolisation de l'horreur par l'État. « L'État qui fait la guerre se permet toutes les injustices, toutes les violences (...), l'État a interdit à l'individu l'usage de l'injustice non parce qu'il veut l'abolir, mais parce qu'il veut en avoir le monopole comme le sel et le tabac ». Freud fait partie de ceux qui ramèneront la transcendance morale sur terre et placeront l'angoisse à la racine de la généalogie de la morale. « Notre conscience morale n'est pas le juge inflexible pour lequel la font passer les moralistes, elle est à son origine “angoisse sociale” et rien d'autre. »[14] Le Freud de 1932, qui semble croire aux « processus culturels » n’est pas le Freud qui ressort plus clairement de l’ensemble de ses textes. En 1915, par exemple, il ne s’intéresse pas tant à l'organisation de l'armée qu’à la dissolution du sens moral des foules en guerre. « Tout se passe comme si, dès lors qu'on réunit une multitude, voire même des millions d'hommes, toutes les acquisitions morales des individus s'effaçaient et qu'il ne restât plus que les attitudes psychiques les plus primitives, les plus anciennes et les plus grossières »[15]. Nous y sommes, autrement, mais… Encore !

ATTENTION : réservation obligatoire au 065/40.53.30

Ou auprès de Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com)

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11 octobre 2014, De 13h à 18h

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[1] Genevoix M., « Sous Verdun », Ceux de 14, Editions Flammarion, 2013, p.40

[2] Berger S, Notre première mondialisation : leçons d’un échec oublié, Seuil, 2003

[3] Kauffmann S., « Grande Guerre l’onde de choc », Supplément Europa du Monde, le 16 janvier 2014.

[4] Clark C., « Les leçons de 1914 », Supplément Europa du Monde, le 16 janvier 2014.

[5] Wolf M., » La faillite des élites », Le Monde, 18 janvier 2014

[6] Leparmentier, Arnaud, art. « Que faire ? Continuer… », Le Monde, 9 janvier 2014

[7] Lacan J., Séminaire , « Les non-dupes errent », 20 novembre 1973, inédit.

[8] Lacan J., Séminaire, D’Un Autre à l’autre, Texte établi par Jacques-Alain Miller, Paris, Seuil 2006, p. 242.

[9] Question étudiée par Ratier F., « La paix est un délire », Inédit.

[10] Freud S., Pourquoi la guerre ?, Œuvres complètes, Paris, PUF, p.81.

[11] Henry-Levy B., Réflexions sur la guerre, le mal et la fin de l’histoire, Editions Grasset, 2002.

[12] Orsenna E., « Nous avons besoin d’Afrique », Le Monde, édition du 12/13 janvier 2014.

[13] Nancy J-L, « Nous avons perdu la guerre. Une civilisation sans civilité », Le Monde du 13-14 octobre 2013.

[14] Freud S., « Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort », Essais de psychanalyse, [1915], Paris, Payot, 1981, p.14-15.

[15] Ibid., p.24.

La guerre, toujours recommencée
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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 22:18

Yves Depelsenaire

Dans le règne animal, il est des combats de groupes, des luttes pour la survie ou des territoires. Mais il n’y a pas de lutte pour le pouvoir, pour asservir d’autres espèces ou d’autres populations. Pas de « culture » de la guerre, de science ou d’art de la guerre, pas d’histoire de la guerre. Rien de ce qui inscrit la guerre dans une geste telle que les humains l’ont composée, interprétée, mise en œuvre depuis l’aube de l’humanité.

Le parallèle avec le règne animal permet de mieux saisir cette évidence désagréable : la guerre n’est pas à la périphérie de la civilisation, elle n’est pas son dehors, elle en est une pièce constitutive. Elle est institution humaine par excellence.

La psychanalyse est un combat dans la mesure où la guerre est à l’œuvre dans l’inconscient lui-même. Quand Freud théorise la pulsion de mort au lendemain de la première guerre mondiale, que fait-il d’autre en effet sinon enraciner la guerre dans l’inconscient ?

On l’a souvent souligné : Freud s’accrochait à l’idée que les « progrès » de la civilisation constituaient le seul rempart contre la guerre. Dès 1914 cependant, il note combien facilement volent en éclats toutes les valeurs morales et tous les interdits sociaux en temps de guerre. Il ajoute : Lorsqu’une décision aura mis fin au sauvage affrontement de cette guerre, chacun des combattants victorieux retournera joyeux dans son foyer, retrouvera sa femme et ses enfants, sans être occupé ni troublé par la pensée des ennemis qu’il aura tués dans le corps à corps ou par une arme de longue portée. Il est remarquable que les peuples primitifs qui vivent encore sur terre, et sont certainement plus proches de nous que de l’homme de l’origine, ont sur ce point un comportement différent, ou l’ont eu tant qu’ils n’avaient pas subi l’influence de notre civilisation. Le sauvage – Australien, Boshiman, Fuégien – n’est nullement un meurtrier impénitent ; lorsqu’il revient du sentier de la guerre, il n’a pas le droit de pénétrer dans son village ni de toucher sa femme avant d’avoir expié ses meurtres guerriers par des pénitences souvent longues et pénibles. On est amené à expliquer cela par sa superstition ; le sauvage craint encore la vengeance des esprits de ses victimes. Mais les esprits des ennemis abattus ne sont rien d’autre que l’expression de sa mauvaise conscience relative à son crime de sang ; derrière cette superstition se cache une part de délicatesse morale qui s’est perdue chez nous hommes civilisés. [1]

Il y a dans cette page une réponse anticipée au « Pourquoi la guerre ? » de sa correspondance avec Einstein. En définitive, les « progrès » de la civilisation se payent d’une perte sur le plan de la moralité plutôt que d’une avancée.

Est-ce pourquoi les guerres modernes sont devenues les plus meurtrières ? En vérité, nous ne sommes ni meilleurs ni pires que nos ancêtres. Mais nous sommes assurément devenus plus savants. La guerre, champ d’expérience rêvé pour la science, n’en est que plus facile.

C’est moins en effet la possibilité de la guerre qu’il importe d’examiner que sa facilité. Joseph de Maistre la portait au compte de la fureur divine. Hegel en faisait le moteur de l’Histoire et de la réalisation de l’Esprit. Au vingtième siècle, elle devenait sa propre fin avec le nazisme. Avec la bombe atomique, nous passons dans une ère où la guerre peut sembler si risquée pour l’humanité qu’elle trouve une limite forcée. Rien n’est moins sûr. La guerre ne fut jamais plus facile puisqu’il suffit désormais de presser sur un bouton pour déclencher l’apocalypse. Hitler n’eut pas hésité à commettre ce geste. Triomphe de la technique, qui n’est pas sans angoisser les savants eux-mêmes.

En 1914, Freud n’en est cependant pas à soupçonner de telles conséquences. Il imagine encore un retour heureux des combattants, retrouvant leurs proches, et la guerre promptement renvoyée par chacun aux oubliettes. Il exprime là bien évidemment le vœu de revoir bientôt revenir sains et saufs du front ses deux fils mobilisés. Quatre ans plus tard, les grands traumatisés de guerre et leurs cauchemars répétitifs lui font découvrir un nouveau réel clinique.

Si le développement de la civilisation scientifique ne nous protège nullement de la guerre, c’est aussi que celle-ci représente un mode de retour dans le réel de ce que la science rejette, à savoir l’incalculabilité foncière de la jouissance. Dans la guerre, celle-ci se manifeste pleinement en ceci, notait Lacan, que « si la victoire d’une armée sur une autre est strictement imprévisible, c’est que du combattant, on ne peut pas calculer la jouissance. Tout est là : s’il y en a qui jouissent de se faire tuer, ils ont l’avantage »[2].

Cette jouissance fait aussi retour dans l’économie de la guerre. Celle-ci est l’objet d’une planification parfaitement rationnelle, mais dont on peut mieux saisir le versant insensé dans ces propos, épinglé par G.W.Sebald d’un aviateur américain ayant participé aux bombardements sur Hambourg et Dresde. A la question de savoir si un raid aurait pu être annulé au cas où des drapeaux blancs eussent été hissés sur la ville, il répond : Les bombes sont une marchandise chère. On ne peut tout de même pas les jeter en rase campagne, alors qu’à la maison leur production a coûté tant d’effort.[3] Le réel en cause dans la guerre moderne tient aussi à ce type de comptabilité folle.

[1] S.Freud, Considérations actuelles sur la guerre et la mort, in Essais de psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, p.34

[2] J.Lacan, Séminaire Les non-dupes errent, leçon du

[3] G.W.Sebald, De la destruction comme élément de l’histoire naturelle, Actes Sud, p.

La guerre, toujours recommencée. La guerre au regard de la psychanalyse
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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 23:10

LA GUERRE TOUJOURS RECOMMENCÉE

La guerre au regard de la psychanalyse

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La guerre jugée1

Christiane Alberti

« Qu’était-ce, lui dis-je, que cette guerre ? De folles attaques, sans doute, sans aucune préparation ?

Mieux, dit-il, une cérémonie. Nous étions invités à mourir. […]Nul n’avait d’autre espoir que bien mourir ».

« Voici une scène que j’ai vu une fois, et qui fut sans doute ordinaire, en cette guerre où, comme dans toutes, les opinions qu’on ne dit pas furent le moteur principal. Plusieurs officiers d’artillerie assemblés, parmi lesquels un qui est le plus jeune. On lit une lettre officielle qui demande des volontaires pour l’aviation. Tous les regards vont au plus jeune, qui s’offre comme s’il n’attendait que l’occasion. C’est choisir la mort. Souvent on a demandé ainsi des volontaires, et toujours des mains se lèvent, malgré la crainte, mais je dirais plutôt à cause de la crainte ».

Il m’a été donné de lire ces jours-ci, ce texte saisissant d’Alain, Mars ou la guerre jugée2, qui m’a laissé une impression déterminée. Un texte fort sur la guerre, écrit depuis l’expérience qu’Emile Chartier en fit à l’âge de quarante-six ans, comme engagé volontaire, d’août 1914 à octobre 1917. Le propos vise « la guerre nue », celle qu’il faut avoir vue et pas seulement imaginer, si l’on veut éviter que l’épique l’emporte sur le réel. Parole de combattant : juste à en parler et c’est déjà l’orner un peu trop. Le point de vue est ici définitif, un peu à la manière de l’épopée claustrophobique du film Lebanon où nous sommes entraînés au cœur d’un char israélien lors du premier jour de la première guerre du Liban, le parti-pris de Samuel Maoz étant de ne jamais nous faire quitter ce char. Les ravages de la guerre n’y sont appréhendés que par la lunette du tireur du char.

C’est une mécanique qui ici décide de tout, dès lors que l’homme y prend figure de chose, comme à l’usine où la seule fin est de produire, sans avoir à se poser la moindre question. Les moyens matériels sont aux commandes, les fins transcendantes du combat s’effacent, les raisons se révèlent menteuses dès lors que les hommes ne sont que matière, matériel humain.

La guerre est proprement une passion, nous dit Alain, avec ceci de redoutable que comme toutes les passions, elle est toujours justifiée par les faits. « N’avais-je pas raison d’en faire mon ennemi ? ». Les guerres n’ont d’autres causes qu’elles-mêmes, le plus étonnant est que cette « haine collective est aimée » et que la guerre est obscurément voulue, rêvée, projetée. Et c’est sottise que d’invoquer des intérêts inconciliables, aussi vain que de prétendre, affirme Alain, que les plaideurs sont ennemis par intérêts contraires. Non, ils sont ennemis parce qu’ils plaident, leurs malheurs étant mis au compte de l’autre, « celui qui plaide contre moi ne peut avoir le nez bien fait ». La haine nourrit la haine, la guerre nourrit la guerre.

Alors, pourquoi la guerre ? Pour Alain, ce n’est que raisonnement de moraliste que de postuler des difficultés de chancellerie. Raisonnement à courte vue qui méconnaît que les sentiments décident de tout, au premier rang desquels Alain nomme l’impatience. Le jeune soldat qui lève la main, pour se porter volontaire, prompt à s’exposer à la mort, se décide non pas en dépit de l’irrésolution dans laquelle il est plongé le temps d’avant, en proie à une terrible souffrance morale, mais à cause d’elle, nous dit Alain, l’irrésolution que Descartes avait épinglée comme le pire des maux humains. A précipiter le sujet dans un engagement, cette décision l’extrait des mouvements intérieurs et une fois accomplie, elle oriente le sujet qui peut y trouver un point d’appui, ce que ne sont nullement les mouvements de la pensée. Par une attitude d’assertion anticipée, dans le temps même où la résolution est sans remède, le sujet se précipite et devient par là-même la mesure du temps.

Et Alain de préciser qu’il se pourrait bien que cette aptitude à être prompt à suivre son malheur soit du type viril, et que les femmes supportent mieux, quant à elles, l’attente et l’impatience… à méditer.

Surtout, au fil de la lecture, il apparaît qu’Alain ne cherche pas à exciter l’indignation de la belle âme, mais veut seulement retenir ce cérémonial de pur sacrifice, volonté obscure autrement plus puissante que les raisons de haute politique ou de simple défense. Car, in fine, « nul ne peut répondre qu’un général saura la guerre avant de l’avoir faite ». Comme le dit Lacan3, si la victoire d’une armée sur une autre est strictement imprévisible, c’est bien parce que « du combattant on ne peut pas calculer la jouissance ». A considérer que les armées ne sont jamais que « des discours ambulants », tout est là : « s’il y en a qui jouissent de se faire tuer, ils ont l’avantage ».

Les tragédies se nouent et se dénouent « par des rencontres, un accent, des gestes, un regard, […] des promesses muettes, des attitudes, des serments muets, une contagion d’homme à homme ». La guerre n’est ni bonne, ni mauvaise. Le propos d’Alain ne juge pas la guerre en ces termes, il ne vise pas à interdire les passions tristes mais il donne au plus juste et de part en part, témoignage de ce contingent.

1 Publié dans le Lacan Quotidien, n°86, 12 novembre 2011

2 Alain, Mars ou la guerre jugée, Paris, Editions Gallimard, 1995. Nous devons à Jacques-Alain Miller d’avoir attiré notre attention sur cette référence peu aperçue, dans son cours L’Orientation lacanienne, « L’Etre et l’UN », lors de la leçon du 9 mars 2011.

3 Lacan J., « Les non-dupes errent », Séminaire inédit, leçon du 20 novembre 1973

La guerre jugée par Christiane Alberti
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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 09:45

DU COMITÉ SCIENTIFIQUE DES JOURNÉES : UN RAVAGE MÈRE-FILLE, MILDRED ET VEDA PIERCE21 Septembre 2014Dossier Hélène Bonnaud

Hélène Bonnaud ouvre la série avec un texte qui épingle la manière dont l’amour d’une mère peut tourner à la haine. Texte saisissant qui donne envie d’en apprendre davantage sur ce drame passionnel.

Mildred Pierce est un film de Michael Curtis datant de 1945, dans lequel Joan Crawford prend sa revanche sur Bette Davis, celle-ci ayant refusé le rôle ! De ce film, tiré lui-même d’un roman de James M. Cain, a été produite une mini-série en 2011, dans laquelle Kate Winslet interprète la mère de façon remarquable. Je m’appuierai sur ces deux films pour extraire comment la folie ordinaire de la relation d’une mère avec sa fille conduit au crime.

Mildred est quittée par son mari et se retrouve seule à élever ses deux filles. Elle est issue de la middle class américaine dans le Los Angeles des années 30 et n’a jamais travaillé. Le départ de son mari l’oblige à trouver une solution. On voit alors comment une femme seule peut atteindre à une réussite professionnelle hors du commun en partant de la confection de délicieux gâteaux ! C’est l’ascension sociale telle que l’Amérique adore la montrer : volonté et ténacité sont les armes qui conduisent au rêve américain. Mais derrière ce tableau de la réussite, ce que l’histoire de Mildred révèle, c’est comment un amour maternel peut se transformer en haine rivale.

Le désir de Mildred est tourné vers sa fille aînée, Veda, qui est en quelque sorte une extension d’elle-même. Mildred voit en elle une fille idéalisée, douée pour le piano, jolie et intelligente. Elle fait tout pour subvenir à ses besoins et bien au-delà. Car elle veut que sa fille s’élève dans la société. Veda devient une petite peste envers sa mère. Une scène terrible tient lieu de moment de vérité. Alors que Mildred n’a trouvé, pour son premier travail, qu’un emploi de serveuse dans un restaurant, elle le cache à ses filles et fait bien attention de ranger son tablier de service sous des piles de draps. Lorsqu’elle le découvre, Veda a l’impudeur de le faire porter à leur servante, obligeant ainsi sa mère à découvrir l’objet qu’elle avait caché, l’objet de honte qu’elle avait dû porter et que sa fille prend un malin plaisir à lui mettre sous le nez. Veda veut humilier sa mère et la renvoyer à sa condition misérable, tandis qu’elle brille et réussit, sans le moindre geste de reconnaissance pour celle qui lui offre tout ce qu’elle a. Mildred aime passionnément sa fille et veut toujours le meilleur pour elle. Veda prend sans limite ce que sa mère lui donne. Elle le considère comme un dû. Elle réussit et devient une grande cantatrice. Elle a une voix de sopranocolorature et, bientôt, elle obtiendra les plus grands contrats pour se produire dans toute l’Amérique. Mildred est fière de sa fille dont la réussite la comble bien davantage que la sienne, pourtant évidente. Mais la jeune fille est une peste et, telle une sangsue, elle dévore sa mère et exige toujours plus. Mildred paye. Sa dette envers sa fille semble sans limite. Mais c’est aussi une façon de ne pas la lâcher. Veda finit par partir et se fâcher avec elle. Cette rupture est très difficile pour Mildred qui fait tout pour la récupérer. Quand elle revient, elle ne voit pas que ce qui l’attire à la maison est le deuxième mari de Mildred, un play boy, aristocrate ruiné, très séduisant, qui lui aussi ruinera Mildred par ses dépenses fastueuses. Et Mildred sera doublement trompée. Veda va jusqu’à lui prendre cet homme comme si, dans cette rivalité qui la ronge, la haine avait gagné au point d’humilier sa mère en tant que femme.

Les dégâts de la position sacrificielle de Mildred envers sa fille sont manifestes. Quand elle occupe la place de l’idéal et que la mère projette sur elle tous les espoirs d’une réussite, lui donnant tout ce qu’elle veut, l’amour tourne à la haine. Pourquoi l’amour et la haine sont-ils si proches ? Ce sont des passions de l’être. De ces passions qui dévorent, et la haine a ceci de particulier qu’elle veut humilier l’autre, le détruire. Dans la relation mère-fille, on voit combien Veda lui prendra tout, jusqu’à l’homme qu’elle aime. La scène où Mildred découvre sa fille et son mari dans le même lit provoque un moment de folie. Elle tente de tuer Veda en l’étranglant. Le résultat atteint son but puisque Veda perd sa voix. Elle ne peut plus chanter. Ainsi, touchée dans ce qu’elle a de plus précieux, Veda est touchée au lieu même de ce qu’elle est devenue pour l’Autre, grâce à sa mère. Celle-ci lui arrache l’objet qui lui donne toute sa valeur, tout son attrait. Elle est alors réduite à sa propre perte, bien au-delà d’une castration, il s’agit du meurtre de la chose. Mildred lui a pris ce qu’elle lui avait donné de plus beau.

L’amour maternel produit la haine quand rien ne vient faire limite à ce qui s’appelle le don. Dans « L’étourdit », Lacan indique « qu’une fille attend plus de substance de sa mère que de son père »[1]. Cette substance, c’est la féminité. Ce qu’une fille attend de sa mère, c’est qu’elle lui donne le secret de sa féminité, et c’est ce qu’elle ne pourra jamais lui donner et aucun don ne pourra venir combler ce fait.

[1] Lacan J., « L’étourdit », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 465.

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 22:08
Atelier de lecture participative "Le miroir de notre être"

Ce jeudi 2 octobre, nous commencerons la lecture du texte le plus connu de Jacques Lacan "Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je" que vous trouverez dans le recueil de textes intitulé "Ecrits". Ce texte nous amènera à relire aussi "De nos antécédents" paru dans le même recueil et où Lacan parle de son passé de psychiatre et de ses maîtres, tel Clérambault et de ses amis surréalistes, tels Dali et l'équipe du Minotaure.

Avec ce stade du miroir, nous serons amené à l'illustrer également par des références littéraires : nous commencerons par vous inviter à lire ou relire pour les rendez-vous ultérieurs les Bonnes de Jean Genet et le Horla de Maupassant.

Nous passerons ensemble le temps de lire ligne à ligne, de commenter, de questionner, et d'interroger la théorie, ses références et la clinique qui en découle.

A jeudi 12h30 au Cripsa, 33 rue Huart Chapel à Charleroi

Pour tout renseignement : Katty Langelez au 0475/36.50.19

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 10:06

La guerre au regard de la psychanalyse

Présentation par Philippe Hellebois

La guerre, toujours recommencée
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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 10:01

Entretien filmé avec Catherine Trautmann

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:48

Evénement exceptionnel le samedi 11 octobre au BAM à Mons : des psychanalystes de l'Ecole de la cause freudienne exposeront leur expérience et leur réflexion sur le thème, brulant d'actualité, de la guerre : Marlène Belilos, ancienne journaliste, Guy Briole, psychiatre au service de santé des Armées à Paris, Yves Depelsenaire, écrivain, Jean-Philippe Parchliniak, écrivain. Philippe Hellebois et Gil Caroz commenteront les expositions et animeront les débats.

La guerre, toujours recommencée
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