Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 18:13
Etre Mère à Bruxelles avec Christiane Alberti le 3 octobre
Partager cet article
Repost0
21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 14:53

A l'affiche cette semaine en Belgique : avec Fabio Zenoni. A partager sans modération....

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 16:36
Atelier de lecture participative

Au miroir de notre être se reflèteront le texte de Jacques Lacan et d'autres références : Oscar Wilde et son portrait de Dorian Gray, Emmanuel Carrère et sa moustache, Maupassant et son Horla,...

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 16:02
Marguerite Duras éclaire la clinique psychanalytique

Rejoignez-nous pour lire avec Marguerite Duras la doctrine de Jacques Lacan. Elle, à propos de qui il a dit qu'elle savait avant lui ce qu'il avait inventé (référence à l'objet a).

Partager cet article
Repost0
13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 00:28

La psychanalyse à la lumière d’Amélie Nothomb

Par un mécanisme de dévoilement et de construction fictionnelle, Amélie Nothomb nous permet d’approcher des zones de l’inconscient réel, appréhendées par Lacan dans des concepts pointus. C’est une autre voie qui s’offre à nous pour aborder la psychanalyse par la littérature, par là où Lacan indique que l’artiste précède le psychanalyste. Une voie, nous l’espérons, moins ardue que l’aridité conceptuelle lacanienne.

Pour démarrer nos trois journées de découvertes psychanalytico-littéraires, le lundi 28 avril, Maïté Masquelier commencera par « Tuer le père ». Quoi de mieux pour démonter le père oedipien freudien avec les vues pragmatiques de Jacques Lacan : « le père, il vaut mieux s’en passer à condition de s’en servir ». Amélie Nothomb a perçu l’inanité du bon père version classique alors que celui qui structure le désir du sujet est caché ailleurs. Il est grand temps de tuer le père pour en apercevoir l’autre face.

Le même jour, nous enchaînerons avec la version « nothombienne » du ravage maternel dans « Le Robert des noms propres » que Marie-Jeanne Brichard articulera avec l’anorexie qu’Amélie Nothomb décrit au travers de tous ces livres avec tant de finesse et d’acuité.

Lors des deux journées de formation suivantes, Katty Langelez étudiera la Clinique de l’amour au travers de plusieurs romans, Pascale Simonet relèvera ce qui touche à « la lettre, l’écriture et le corps » et enfin Monique Vlassembrouck reprendra la clinique du déclenchement psychotique et du passage à l’acte à partir de « Cosmétique de l’ennemi ».

Au CRIPSA au 33, rue Huart Chapel à Charleroi, le lundi 28 avril, jeudi 22 mai et vendredi 13 juin de 9h30 à 16h.

Partager cet article
Repost0
11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 10:00

INVITATION AU

FORUM

QUEL PLAN AUTISME ?

A BRUXELLES LE 10 MAI 2014

(Le lieu, les horaires et les modalités d’inscription seront communiqués ultérieurement)

L’autisme est devenu un problème de société. Dans le DSM 5, les Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA) recouvrent maintenant la quasi-totalité des troubles mentaux de l’enfance. L’autisme concernerait dorénavant 1 personne sur 100, ce qui représente une augmentation de 70 % en cinq ans. A croire le DSM 5, plus personne, plus aucune famille, ne serait épargné par ce qu’on veut faire passer pour une épidémie.

Le DSM 5 ne fait pas l’unanimité et il est d’ailleurs critiqué. Néanmoins, depuis plusieurs années et dans de nombreux pays, des associations de parents d’enfants autistes se mobilisent pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur le manque de places pour une prise en charge adaptée aux difficultés de leurs

Organisé par l’Association de la Cause freudienne-Belgique

et le Kring voor Psychoanalyse van de NLS

en partenariat avec le Réseau Interdisciplinarité et Société

de l’Université Saint-Louis

enfants. C’est particulièrement le cas en Belgique ces derniers mois où ces associations interpellent les politiques pour les encourager à mettre en place un « plan autisme ».

En tant qu’associations et institutions mobilisées depuis longtemps par la question de l’accueil et du traitement de personnes présentant de l’autisme, nous partageons cette préoccupation.

Dans le souci de faire le point sur les moyens déjà déployés, une étude a été menée par le Conseil Supérieur de la Santé. Malheureusement, les résultats de cette étude sont pour le moins surprenants et sujets à controverse.

D’abord parce que les auteurs, et notamment le président de l’étude, sont juge et partie. Comment pouvoir donner foi à une étude si ses conclusions vont dans le sens, exclusif, de ceux mêmes qui la conduisent ?

Ces résultats s’appuient sur une idée maîtresse, les evidence-based practices, qui applique à l’humain, sans autre forme de procès, des techniques provenant de la science médicale visant à la protocolisation et la standardisation des soins. Cette réduction de la complexité subjective à l’évaluation statistique porte atteinte à la singularité de chacun, réduite à des items, à la cartographie cérébrale ou aux gènes.

Tout en reconnaissant qu’aucune cause unique et systématique n’a été mise en évidence à ce jour, ils focalisent l’étiologie de l’autisme sur la génétique : alors que des centaines de gènes pourraient être concernés et qu’aucune piste thérapeutique évidente ne s’en dégage, ce discours tend néanmoins à réduire l’être humain à son génome et à ses éventuels déficits. Il conduit à une négation de la souffrance psychique et de la part subjective de l’être humain.

Les auteurs encensent les thérapies cognitivo-comportementales et balayent d’un revers de la main toutes pratiques psycho-dynamiques confondues qui prennent en compte cette souffrance. C’est faire preuve de dédain, sinon d’injure, non seulement pour les enfants et adultes avec autisme qui se soutiennent de ces pratiques pour construire un lien social, mais aussi pour

tous les intervenants du secteur qui les accueillent et les soignent avec énergie et dévouement en s’appuyant sur un corpus de savoirs solide qui va de la psychiatrie classique aux derniers développements de la psychanalyse.

Ils prônent la liberté du meilleur choix pour les familles mais ne considèrent que les seules pratiques cognitivo-comportementales comme étant valables. Pour le moins se pose là un problème démocratique : la liberté de choix serait réduite, comme dans certains pays, à l’élection d’un seul et unique candidat. Cette position démagogique constitue en même temps un reproche indirect aux parents qui font confiance aux praticiens accueillant la souffrance au cas par cas.

Les associations et institutions signataires de cette annonce (d’autres s’y ajouteront) soutiennent la tenue d’un forum pour dénoncer la recommandation exclusive de l’approche cognitivo-comportementale.

Ce forum

  • - témoignera de pratiques originales et variées,

  • - donnera la parole aux parents,

  • - entendra l’avis d’universitaires,

  • - interpellera enfin les acteurs politiques concernés par ces questions.

    UITNODIGING VOOR HET

    FORUM

    WELK AUTISMEPLAN ?

    IN BRUSSEL OP 10 MEI 2014

    Georganiseerd door de Association de la Cause freudienne-Belgique

en de Kring voor Psychoanalyse van de NLS
in samenwerking met de “Réseau Interdisciplinarité et Société” van de Universiteit Saint-Louis

(Plaats, programma en inschrijvingswijze worden later meegedeeld)

Autisme is een maatschappelijk probleem geworden. In de DSM-5 hebben de Autisme Spectrum Stoornissen (ASS) volledig de plaats ingenomen van de Pervasieve Ontwikkelingsstoornissen. Een op honderd personen zou er mee te maken hebben, wat neerkomt op een toename van 70 % in vijf jaar. Als we de DSM mogen geloven, dan zou hier sprake zijn van een ware epidemie die niemand, geen enkele familie, bespaard zou blijven.

De DSM-5 wordt echter niet unaniem aanvaard en wordt zwaar bekritiseerd. Desalniettemin zijn verenigingen van ouders van autistische kinderen in verschillende landen sinds enkele jaren in de weer om de overheid te interpelleren. Ze willen de aandacht vestigen op het gebrek aan opvangplaatsen, aangepast aan de moeilijkheden van hun kinderen. Dit is de laatste maanden in het bijzonder het geval in België waar deze verenigingen de politici aansporen om werk te maken van een “autismeplan”.

Als verenigingen en instellingen die sinds lange tijd betrokken zijn bij de opvang en de behandeling van mensen met autisme, delen wij in deze bezorgdheid.

De Hoge Gezondheidsraad heeft een studie uitgevoerd met de bedoeling om de reeds ingezette middelen in kaart te brengen. Helaas zijn de resultaten van deze studie op zijn minst bevreemdend en betwistbaar.

In de eerste plaats omdat de auteurs, en dan vooral de voorzitter van de studie, zowel rechter als partij zijn. Hoe dan vertrouwen stellen in een studie wanneer de conclusies ervan uitsluitend naar de zin zijn van zij die deze uitgevoerd hebben?

Aan de basis van deze studie ligt een dominante gedachte, die van de ‘evidence based practices’, die zomaar technieken uit de medische wetenschap toepast op de menselijke psyche om tot een protocollering en standaardisering van de zorg te komen. Deze reductie van de subjectieve complexiteit tot de

statistische evaluatie schaadt de eigenheid van elkeen, die hier herleid wordt tot items, tot de cerebrale cartografie of tot de genen.

Ook al erkennen de auteurs dat tot op heden geen enkele eenduidige en systematische oorzaak ontdekt is, toch wordt het accent uitsluitend op de genetica gelegd. Hoewel honderden genen mogelijks bij de etiologie van autisme betrokken zouden zijn en hier geen vanzelfsprekende therapeutische behandelingsweg wordt vrijgemaakt, probeert dit vertoog desondanks het menselijk wezen te herleiden tot zijn genoom en zijn eventuele deficiëntie. Dit leidt tot een ontkenning van het psychisch lijden en van het subjectieve aandeel van het menselijk wezen.

De auteurs bewieroken cognitief gedragsmatige behandelingen en verwerpen botweg alle psychodynamische benaderingen die rekening houden met het psychisch lijden. Dit geeft niet alleen blijk van misprijzen en is zelfs beledigend voor de autistische kinderen en volwassenen die in deze praktijken steun vinden om hun sociale band op te bouwen. Maar het getuigt ook van minachting voor iedereen in de sector die met energie en toewijding mensen met autisme opvangt en behandelt en zich daarbij baseert op een degelijke kennis van de klassieke psychiatrie tot de laatste ontwikkelingen in de psychoanalyse.

De auteurs preken de vrijheid van de beste keuze voor de ouders, maar ze gaan ervan uit dat alleen de cognitief gedragsmatige behandelingen acceptabel zijn. Hier stelt zich op zijn minst een democratisch probleem: de vrijheid van keuze zou, zoals in sommige landen, herleid worden tot de keuze voor één enkele kandidaat. Deze demagogische stellingname houdt tegelijkertijd een onrechtstreeks verwijt in ten aanzien van de ouders die hun vertrouwen stellen in hulpverleners die het lijden geval per geval begeleiden.

De verenigingen en instellingen die deze aankondiging ondertekenen (anderen zullen nog volgen), steunen de organisatie van een forum om de eenzijdige aanbeveling van een cognitief gedragsmatige benadering van autisme aan te klagen.

Dit forum

  • - zal getuigen van onze originele en verscheiden praktijken,

  • - zal het woord geven aan de ouders,

  • - zal luisteren naar het standpunt van universitairen,

  • - zal tenslotte de politieke actoren interpelleren die betrokken zijn bij deze kwesties.

    L’Antenne 110, Centre de traitement pour enfants autistes, Genval

L’Association de la Cause freudienne-Belgique, Association pour l’Etude et la Promotion de la Psychanalyse, Bruxelles
L’Association Psychanalytique de la Cause freudienne, Association de praticiens de la psychanalyse d’orientation lacanienne, Bruxelles

Les Ateliers du 94, Service d’Accueil de Jour et d’Hébergement pour Adultes, Houdeng-Goegnies
Bachelor na bachelor in de creatieve therapie - Artevelde Hogeschool Centrum Geestelijke Gezondheidszorg Prisma, Oostende, Torhout, Blankenberge, Beernem

Les Bruyères, Service d’Aide et d’Intervention Educative, Verviers

Le CPCT, Centre Psychanalytique de Consultations et de Traitement, Bruxelles

La Coursive, Centre thérapeutique de jour pour enfants et adolescents, Liège Le Courtil, Service Résidentiel pour Jeunes, Leers-Nord

Centre de jour Anaïs, Centre de jour pour adultes, Bruxelles
Le Centre Psycho-médical du Service de Santé Mentale d'Uccle
Centrum Serge Lebovici, expertise- en begeleidingscentrum voor het jonge kind, Gent

Le Cripsa, Centre de recherche et d'intervention en psychanalyse appliquée, Charleroi
De Dauw, Behandelingscentrum voor autistische en psychotische kinderen, Wortegem-Petegem

L’Ecole de la Cause freudienne, Association de Psychanalyse, membre de l’Association Mondiale de Psychanalyse, Belgique, France
L’Entracte, Service Résidentiel de Nuit pour Adultes, Tournai
Foyer Aurore, Centre d’hébergement pour adultes, Bruxelles

La FSPST, Fédération des Structures Psycho-Socio-Thérapeutiques * La Gerbe, Service de Santé Mentale, Bruxelles
Gezelschap voor Psychoanalyse en Psychotherapie, Gent

Les Goélands, Centre Psychiatrique infantile, Spy

Grandir, Centre de jour pour enfants non scolarisés, Bruxelles Le Grès, Service de Santé Mentale, Bruxelles

Initiatief Ondersteunend Wonen De Achthoek, Harelbeke L’Institut de l’enfant, Université Populaire Jacques Lacan Institut St Joseph, Service Résidentiel pour Jeunes, Theux De Kantel, Centrum voor Jeugdzorg, Brugge

Kring voor Psychoanalyse van de NLS, Vereniging verbonden aan de New Lacanian School, België

La Main à l’Oreille, Association des parents et amis de personnes autistes, France

La Marelle, Service d’Accueil de Jour pour Adultes, Tournai
La Nacelle, Service d’Accueil de Jour pour Jeunes non scolarisés, Theux
The New Lacanian School, School voor psychoanalyse, lid van de World Association of Psycho-analysis
De Oor-Zaak, Centrum voor Psychoanalyse, Assebroek
Le Pertuis, Centre d’Observation et d’Orientation, Bruxelles
Le Pré-Texte, Centre de jour pour adultes, Bruxelles
Psychiatrisch Centrum Caritas – afdeling de Meander, Melle
Psychiatrisch Centrum Dr. Guislain – afdeling de KLIP, Gent
Le RI3, Réseau International des Institutions Infantiles, Champ freudien
De Sassepoort, Buitengewoon Lager Onderwijs type 3, Gent
La Section clinique de Bruxelles, ses antennes de Liège, Mons et Namur

La Soucoupe, Centre d’accueil de jour pour enfants autistes, Bruxelles

Straathoekwerk Vlaanderen
Le Vert à soi, Association de thérapeutes indépendants,Tournai
Victoria Deluxe, sociaal-artistieke werkplek, Gent
Villa Voortman, Ontmoetingshuis voor dubbeldiagnoseproblematieken, Gent Work in Progress, Harelbeke
Zazie, groupe belge du CEREDA (Centre de Recherche sur l’Enfant dans le Discours Analytique)

*« La FSPST, dans son souci de toujours offrir à chaque patient l’approche différenciée et la plus adaptée à sa situation, s’associe à la démarche des organisateurs du forum et rappelle avec force la nécessité de se prémunir des risques inhérents à une pensée unique et qu'il y a à garantir la pluralité des approches dans un domaine où les situations sont particulièrement hétérogènes et complexes. »

« In haar bezorgdheid om steeds en aan elke patiënt de gedifferentieerde en meest geschikte benadering voor zijn situatie te bieden, associeert de FPST zich met de organisatoren van het forum en herinnert met klem aan de noodzaak om zich te hoeden voor de risico's die elke vorm van eenheidsdenken met zich meebrengt, evenals voor de noodzaak om de pluraliteit van de benaderingen te garanderen in dit domein waar de situaties in het bijzonder heterogeen en complex zijn. »

Partager cet article
Repost0
18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 14:11

Jean Starobinski : "Le texte dans le texte. Extraits inédits des Cahiers d'anagrammes de F. de Saussure", Tel Quel, Paris, 1969, XXXVII : 3-33, pp. 7-10.

Jakobson Roman. La première Lettre de Ferdinand de Saussure sur les anagrammes. In: L'Homme, 1971, tome 11 n°2. pp. 15-24.

url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1971_num_11_2_367176

Jean Starobinski, Les mots sous les mots. les anagrammes de Ferdinand de Saussure, Ed.: Éditions Flammarion, 1971, Coll.: Chemin, (ISBN 2070280691)

Jean Starobinski, Les Mots sous les mots, Paris, Gallimard, 1972 ; 2e éd. Limoges, Lambert-Lucas, 2009 (ISBN 978-2-35935-003-6)

Yves Lamy, Les anagrammes littéraires, collection: Le français retrouvé, Belin, mars 2008.

Federico Bravo, Anagrammes. Sur une hypothèse de Ferdinand de Saussure, Limoges, Lambert-Lucas, 2011. (ISBN 978-2-35935-036-4).

Ferdinand de Saussure, Anagrammes homériques, éd. Pierre-Yves Testenoire, Limoges, Lambert-Lucas, 2013 (ISBN 978-2-35935-047-0

Un article de synthèse de

Izabel Vilela : Le Fonds Ferdinand de Saussure : <http://www.item.ens.fr/fichiers/Theorie_linguistique/FondsSaussure.pdf

Partager cet article
Repost0
14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 16:55

~~Pour ceux qui n’auraient pas encore eu l’occasion de voir ou ceux qui aimeraient revoir le film « A ciel Ouvert » de Mariana Otero voici le programme de projection du film au cinéma LE PARC à Charleroi.

- Ven 14/03 à 19h

- Dim 26/03 à 21h

- Lun 17/03 à 19h00

- Mer 19/03 à 16h15

- Dim 23/03 à 19h00

- Ven 28/03 à 19h00

- Dim 30/03 à 15h00

- Lun 31/03 à 21h00 – ce sera la dernière.

Partager cet article
Repost0
14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 11:41

CRIPSA – ATELIER 2 - 2014

« LE CONCEPT DE LALANGUE »

Exposé de Guy de Villers le 14 mars 2014

Pour introduire notre réflexion commune sur les rapports entre « institution et lalangue », je vous propose de suivre la démarche de JAM dans son cours sur « La fuite du sens ».

Je trouve cet exposé remarquable, par sa pédagogie comme par la clarté de l’exposition de questions difficiles et fort d’actuelles. Au terme de notre parcours, nous reprendrons la problématique soulevée par l’argument qui annonce cet atelier.

JAM commence par mettre en place une grille de lecture des registres sur lesquels se décline le symbolique. Il procède tout d’abord au repérage d’écarts essentiels : un écart entre ce qui s’entend et ce qui se dit, d’une part, et, d’autre part, écart entre ce qui s’écrit et ce qui se lit.

• un écart entre ce qui s’entend et ce qui se dit.

Ce qui se dit = ce qui se comprend [le sens],

ce qui se communique,

ce qui se pose en vérité, qui se présente comme quelque chose de l’ordre de la proposition susceptible de vrai et de faux.

Nous sommes ici sur « le plan thétique de la vérité », dit JAM.

Ce qui s’entend = ce qui parvient à l’oreille : le son.

Le registre de ce qui se pose en vérité, de ce qui se pose en thèse, susceptible d’un jugement en termes de vrai ou faux, a été exposé par Jean-Paul Sartre en 1939 dans son Esquisse d’une théorie des émotions. (Paris, Hermann, 1965.) « […] une conduite irréfléchie n'est pas une conduite inconsciente, elle est consciente d'elle-même non-thétiquement et sa façon d'être thétiquement consciente d'elle-même, c'est de se transcender et de saisir sur le monde comme une qualité de choses. » (Esquisse…, p. 40.) « Thétique » vient du grec θ ε τ ι κ ο ́ς : « propre à poser; que l'on pose en principe, qui offre matière à discussion; que l'on pose comme une règle, que l'on prend pour règle.» Comme le dit Sartre : « il n’est pas besoin d’être conscient de soi comme agissant pour agir — bien au contraire. » (Id.) La conscience irréfléchie de soi accompagne la conscience intentionnelle qui vise un quelque chose dans le monde.

Retenons que cette posture thétique comporte une volonté de réguler qui va à l’encontre de la posture non thétique, laquelle constitue « une certaine couche existentielle dans le monde ». (Id.) le plan thétique est régulateur, ou en appelle à une régulation. Le plan non-thétique est fait de présence existentielle.

• Il y a un autre écart : entre ce qui s’écrit et ce qui se lit.

Car il n’y a pas qu’une écriture de ce qui se dit. Cela vaut pour la lecture silencieuse de l’image mentale d’un texte écrit comme pour la lecture d’une écriture matérielle (image graphique). En langage saussurien, cela signifie que l’équivoque de l’image acoustique — ce qui se dit — n’est démontrable qu’en épelant les lettres qui sont susceptibles d’écrire le mot. « Sceau » et « sot » ont la même image acoustique. Je ne peux lever l’équivoque que si je mentalise une écriture différenciée d’une autre ou si je lis le mot écrit correspondant factuellement à l’image acoustique.

Il n’y a pas non plus qu’une seule lecture de ce qui s’écrit.

JAM convoque, dans le 5e leçon de son cours de 95-96 (« La fuite du sens »), la poésie saturnienne et les recherches de Ferdinand de Saussure sur les anagrammes.

Quelques mots sont ici nécessaires pour dire ce qu’est cette poésie saturnienne et ce que sont ces études anagrammatiques qu’en fait de Saussure.

Le vers saturnien latin est la forme archaïque de la poésie latine. Sa métrique est loin d’être stable. On y a vu la marque de la métrique védique..

Ce qui nous intéresse surtout, c’est la caractéristique la plus souvent relevée : le poète saturnien joue d’allitérations, comme, par exemple, cette allitération en « r » : « summas opes qui regum regias refregit ». Cfr « Vers saturnien » dans Wikipédia.

- Quant à l’anagramme, Wikipedia la définit ainsi : « Mot féminin, une anagramme – du grec ανά, « en arrière », et γράμμα, « lettre », anagramma : « renversement de lettres » – est une construction fondée sur une figure de style qui inverse ou permute les lettres d'un mot ou d'un groupe de mots pour en extraire un sens ou un mot nouveau. Jeu littéraire, il peut aussi avoir une valeur ésotérique. Il a fait l'objet de l'attention autant des linguistes – à l'instar de Ferdinand de Saussure – que des psychanalystes et des poètes contemporains. »

Il s’avère, à partir de la correspondance de Saussure et du commentaire qu’en donne R. Jakobson, que de Saussure développait depuis 1906 une série d’études sur la poésie saturnienne homérique, puis latine et même germanique et védique. Comme le souligne Jakobson dans l’article cité, Saussure a développé ses analyses parallèlement à son cours de linguistique générale. Qu’est-ce qui l’a intéressé dans ces études et constructions théoriques si opposées dans leur matière et leurs hypothèses théoriques ? Car dans le Cours de linguistique générale, tout se passe comme si entre le signifiant (image acoustique) et le signifié (le sens) il n’y avait pas d’écart mais au contraire un bijection stricte. Alors que dans ses études sur les anagrammes dans la poésie saturnienne Saussure, l’accent est mis sur le double-sens, le sens apparent et le sens caché, sur la sonorité plutôt que sur le sens. C’est la « poétique phonisante » qui intéresse Saussure — cad la théorie et l’analyse des « jeux phoniques » (sound figures)—, particulièrement celle des anagrammes.

Remarquons que la découverte de ces « hypogrammes », de type anagrammatique, dans le texte des poètes saturniens n’a pas été acceptée facilement par Saussure. Il s’est longtemps interrogé d’abord sur la validité de sa propre perception du phénomène et, ensuite » sur le caractère intentionnel ou non, dans le chef du poète, de la présence de ces anagrammes.

C’est ainsi qu’il va jusqu’à former l’hypothèse que sa lecture des poètes saturniens pourrait être parasitée par un phénomène psychique relevant du « phonisme ». Il se pourrait qu’il entende, par exemple, une allitération que le texte seul ne peut justifier. Mais, en fin de compte, s’appuyant d’ailleurs sur l’avis positif d’un linguiste de ses élèves qu’il a consulté (A. Meillet) , Saussure peut conclure que la « matérialité des faits » permet d’exclure l’illusion subjective. A-t-il vraiment surmonté le doute ? Pourquoi ses travaux sur les anagrammes sont-ils restés au fond de ses tiroirs. Pourquoi a-t-il fallu attendre que sa veuve en confie une bonne part à Emile Benveniste pour qu’une partie de ces cahiers soient publiés grâce à J. Starobinski (1964) ? On ne peut écarter l’hypothèse d’un conflit psychique non résolu entre la rationalité de l’approche structurale de la linguistique et l’approche plus sensible à l’inanité, au non sens ou, à tout le moins, au sens latent dissimulé dans la chaîne signifiante.

L’autre question, qui traverse et divise Saussure, porte sur le caractère intentionnel ou non de la composition poétique saturnienne en mode anagrammatique. Dans sa correspondance avec Giovanni Pascoli, autour de mars-avril 1909, Saussure s’interroge. Ces occurrences anagrammatiques sont-elles « de simples coïncidences fortuites ? » Encore une fois, Saussure peut conclure que ce qui importe c’est la matérialité du fait des anagrammes, quelle que soit l’intention du poète ou l’interprétation du linguiste.

Nous dirions, dans les termes du dernier Lacan, que les anagrammes opposent à la conscience dubitative une « motérialité » qui fait résistance aux avatars des états d’âme du linguiste comme du versificateur. Sans doute l’émergence chez Lacan du terme « lalangue » est-elle tardive pour des raisons similaires, Lacan ayant longtemps armé son discours de l’approche structuraliste, sans jamais ni s’y résoudre, ni s’y réduire.

Cette année académique (2013-2014) s’est ouverte sous l’égide de la publication par J-A Miller du VIème Séminaire de J. Lacan : Le désir et son interprétation. [1958-1959.] Avec le Séminaire précédent, Les formations de l’inconscient, Lacan a construit un appareil qui se nomme « le graphe du désir ». Ce réseau de vecteurs croisés et étagés, ce graphe donc, est construit sur un grand vecteur intentionnel, qui va de $ (Sujet barré) à I(A) (Grand I de Grand A). L’intention qui porte ce vecteur est une intention de signification. C’est ce que souligne JAM, dans son cours du 20 décembre 1995.

« C’est sur cette notion de l’intention de signification préalable qu’est après tout fondé le graphe que Lacan a construit […] ; ce graphe où l’adresse à l’Autre part d’un vecteur premier qui est la base de toute sa construction, et qui ne reçoit pas une autre valeur que celle-ci : de représenter l’intention de signification initiale, qui doit alors mobiliser les ressources phonétiques et sémantiques de la langue […] » (JAM, 20-12-95.)

Le vecteur ascensionnel vertical représente l’intention de signification ; il est dirigé vers l’Autre, ensemble « compact de la langue normée. » (JAM, Id.) Cette norme de l’Autre s’exerce sur le vecteur de la demande pour lui intimer sa signification.

Graphe 1 (Lacan, Ecrits, p. 805)

Cette première figure du graphe fait apparaître le mouvement rétrograde par lequel le vecteur Delta -> $ mobilise le Grand Autre pour aller capitonner le vecteur S->S’ en A et en M et lui imposer la signification de son message.

Je propose de lire cette structure comme figure de l’institution, de la norme. C’est par rapport à celle-ci que le titre de l’atelier qui s’achève aujourd’hui entend situer « lalangue ».

Si Lacan en était resté là dans la construction de son graphe, nous serions encore et toujours à réduire une analyse du discours en terme de sens, de signification, de sentence susceptible de deux valeurs de vérité (vrai/faux). Mais, l’inscription du petit d’homme dans le champ du langage, dès lors qu’elle est prise en compte sous l’éclairage de la psychanalyse, ne peut plus se satisfaire d’une imposition de sens à partir d’un code commun.

Pour rappel, le schéma classique de la communication peut se représenter ainsi.

canal de diffusion

récepteur

décodage

signaux codés

+ bruit parasite

Schéma de la communication selon l’approche cybernétique

L’ingénierie de la communication a pour objectif de limiter au maximum les distorsions à l’encodage et au décodage, d’améliorer constamment les capacités de transfert de l’information (nombre de bits, absence de bruit) afin d’obtenir un message clair, à l’abri de l’équivoque. Tout ceci pour permettre la production de ce qu’avec et depuis de Saussure on nomme le signifié.

C’est sur ce point que Lacan va tenter l’ouverture, par de multiples moyens, d’abord en s’appuyant sur les ressources internes au discours des linguistes et ensuite en convoquant une autre dimension de la parole : lalangue.

Quant aux ressources internes, qu’il nous suffise de nous reporter au graphe complet du désir, tel qu’il figure déjà dans le Séminaire V et dans le VIe.

Graphe 3 : Lacan, Ecrits, p. 817.

Déjà le vecteur dextrogyre/s(A)->A/ se double du vecteur /S(A barré) -> ($<>D)/, par quoi Lacan fait droit à ce qui se joue synchroniquement avec la ligne du message, soit le registre de l’énonciation où s’inscrit la demande d’amour. A ce second étage, la ponctuation ne peut que conclure sur l’inconsistance et l’incomplétude de l’Autre. Cette fin de non-recevoir à laquelle s’affronte la demande du sujet conduit ce dernier par voie régressive à soutenir son désir en l’amarrant au fantasme inconscient. Et comme si cela ne suffisait pas, Lacan nous rappelle que le voile de l’imaginaire n’a pas cessé d’habiller l’axe Signifiant->signifié. Voyez la voie de retour depuis /i(a) -> m/.

Autant d’écarts, donc, patiemment construits, détachés et articulés au vecteur maître qui se boucle sur un effet de signifié : de $ à A et de A à s(A) et retour de s(A) à A. Dans l’écart intervallaire se fomentent sur d’autres registres des harmoniques de la première ligne, des assonances et des dissonances, voire des résonnances. De la logique rationnelle, du registre de la raison, on s’écarte pour prendre les chemins de la « réson ». Certes, que serait la réson sans la raison ? Et le hors-sens sans le sens ? Mais l’enjeu pour Lacan est de desserrer le rapport bi-univoque entre le St et sé.

La linguistique structurale de Saussure tendait à nous faire prendre le rapport entre « le signifiant et le signifié comme l’endroit et l’envers d’une feuille de papier. » (JAM, dans Les feuillets du Courtil, n° 12, juin 1996 : « L’écrit dans la parole », p. 9.) C’est JAM qui rappelait cet exemple de Saussure pour faire comprendre « comment s’adjointent le signifiant et le signifié » : soit une feuille de papier dont « on découpe du même coup de ciseaux le dessus et le dessous de la feuille. » (Id.) Ici : pas d’écart possible, pas d’interprétation pour passer du St au sé.

Mais nous savons maintenant qu’à côté du Saussure linguiste structuraliste, il y avait le lecteur des poèmes saturniens à l’affut des anagrammes logés comme des hypogrammes dans le texte du poète. Et Lacan y était attentif dès 1957, à l’occasion par exemple de son travail sur « L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud. » On y lit, en effet, un appel à la poésie comme mise en question d’une lecture du rapport biunivoque du signifiant et du signifié. « « [...] il suffit d’écouter la poésie, ce qui sans doute était le cas de Ferdinand de Saussure*, pour que s’y fasse entendre une polyphonie et que tout discours s’avère s’aligner sur les plusieurs portées d’une partition. » Et en 1966, pour la publication de cette conférence dans les Ecrits, Lacan se fend d’une note qu’il accroche au nom de Saussure pour bien marqué l’importance qu’il accorde à cette ouverture du discours à une pluralité de voix. «*« La publication par Jean Starobinski, dans le Mercure de France de février 1964, de notes laissées par Ferdinand de Saussure sur les anagrammes et leur usage hypogrammatique, depuis les vers saturniens jusques aux textes de Cicéron, nous donne l’assurance dont nous manquions alors. » » (cité par Jam, cours du 20-12-1995.) Retenons les métaphores musicales utilisées par Lacan : « polyphonie », « plusieurs portées d’une partition ». Elles me font penser aux différents vecteurs horizontaux du graphe, sur lesquels vient s’aligner le discours.

Ce qui retient l’attention de Lacan, c’est la passion de Saussure pour les hypogrammes, les lettres cachées sous les mots, qui forment de nouveaux mots, des anagrammes, comme la « barre » qui se cache dans l’ « arbre ». Il y a donc dans la poésie un phénomène d’écho généralisé. Pour entendre ce dédoublement constant des signifiés par l’opération de la polyphonie des signifiants, il faut abandonner le principe de la lecture linéaire. Comme le dit Saussure, il faut sortir de «la consécutivité du langage ». Entendons : la ligne de la demande de satisfaction sur le graphe n’est pas la seule ligne à prendre en compte. Il y a d’autres lignes, d’autres harmoniques. C’est pourquoi, Lacan n’a eu de cesse de lever le refoulement que constitue le Cours de linguistique de Saussure. Car Saussure n’est pas analyste. Il lui manque l’hypothèse de l’inconscient « en tant qu‘elle se formulerait ainsi : ‘les mots jouent tout seuls’. » (JAM, cours du 20-12-95.) Le premier Lacan, nous l’avons vu, était déjà très attentif à ne pas enfermer le discours sur la seule portée de la chaîne signifiante. Mais il concevait encore l’inconscient structuré comme un langage, comme une syntaxe. Au départ, Lacan a mis l’accent sur l’inconscient comme formule, comme syntaxe de petits alpha, gamma, bêta. Il suffit de se reporter aux Séminaires V et VI. Mais voilà qu’avec les anagrammes, « l’inconscient est au niveau même de cette matière signifiante phonique. » (JAM, Id.) En ce sens, « l’inconscient est condition de la linguistique », alors même que, pour une part, il est structuré comme un langage.

Lalangue , en un seul mot, est née de cette veine que Lacan poursuit depuis la fin des années cinquante. Elle se repère d’être exclue du Cours de linguistique de Saussure qui produit un champ du langage nettoyé de l’affectif au profit de la synchronie de la structure. « C’est lalangue ana ou hypogrammatique, c’est lalangue pleine d’échos, c’est lalangue d’assonance, lalangue d’allitération, lalangue d’inanité sonore. » (JAM, Id.)

C’est ainsi que nous pouvons comprendre l’intérêt et l’enjeu de la promotion lacanienne de ce terme de « lalangue » et surtout, de la réalité qu’il désigne.

Comment aller en-deçà du langage pour tous ? Comment rejoindre l’en-deçà ou l’au-delà du code commun, de la norme langagière, du dictionnaire, de l’institution du sens ? Comment retrouver l’inconscient réel, la jouissance qui échappe au langage ? C’est pour frayer un chemin vers ce réel-là que Lacan fait droit à cette dimension inédite de lalangue. Car la thèse de Lacan c’est que « le langage est ce qu’on essaye de savoir concernant la fonction de lalangue. » On pourrait presque lui reconnaître le statut de langue fondamentale —Grundsprache— mais certes pas telle que Daniel Paul Schreber l’entendait. Puisque c’était la langue voisée par le dieu qui le persécutait.

Il me paraît incontournable de reprendre la référence que nous donne JAM à cet en-deçà de l’institution du langage dans son cours du 17 janvier 96.

Je veux parler de Michel Leiris, poète et ethnologue, ami de J. Lacan et, pour un temps, du groupe des surréalistes. On lui doit, pour ce qui nous intéresse ici, une œuvre autobiographique dont quatre volumes constituent l’ensemble intitulé « La règle du jeu ». Le premier s’intitule « Biffures », que la typographie redouble d’une barre : « Biffures » biffées. La double négation produit une nouvelle valeur positive qui reste à découvrir. Le premier texte de ce recueil s’intitule « …reusement ! » Ce sont quelques pages (pp. 9-12 dans M. Leiris, Biffures, Paris Gallimard, 1948 ;1975.) Si vous le permettez, je vous lis ces quatre pages. Sinon, le résumé qu’en donne JAM est parfaitement suffisant pour mesurer l’importance de cette vignette clinique littéraire.

Le petit Michel joue avec ses petits soldats et l’un d’entr’eux tombe de la table.

« Il devrait se casser par terre, il ne se casse pas : « [...] vive fut ma joie, dit-il, ce que j’exprimai [un petit enfant qui ne sait pas encore lire et écrire], ce que j’exprimai en disant : «..Reusement ! ». » Et alors, on lui dit, c’est « heureusement » qu’il faut dire. Et le petit Michel, lui, croyait qu’on disait quand ça allait bien : « ...reusement ! »

Alors, minutieusement, il se décrit comme interloqué, parce que pour lui « ...reusement ! » c’est beaucoup plus expressif que « heureusement ». « ...Reusement ! », c’est vraiment une jaculation pure, alors qu’il découvre que ce « ...reusement ! » qui est vraiment sa joie, sa jubilation, était entière, si l’on peut dire exprimée, vraiment en l’occurrence [...] le petit soldat, [...], sa petite épée, d’être cassée, et tout ce qu’on pourrait dire là-dessus, c’est vraiment cette jaculation de jouissance, qu’il trouvait comme son signifiant adéquat. Et puis voilà que, une illumination, comme il dit « un déchirement de voile, un éclatement de vérité », et il découvre qu’il y a « un sens réel du mot », comme il s’exprime, son sens dans la langue, et qu’il faut dire comme tout le monde « heureusement ». »

La description de Michel Leiris du retentissement de ce dressage à la norme du code pour tous est pleine d’enseignements. « …reusement » est défini par l’autobiographe comme une interjection pure, un signifiant sans signification, à la signifiance ouverte au maximum, pure jubilation. Et voilà que l’intervention de l’adulte dans son monde à lui, Michel, inscrit le fragment sonore dans un vocable convenu : « heureusement ». C’est cela la consécutivité définie par Saussure comme caractéristique de la chaîne parlée, et d’abord du mot complété. Son « idios kosmos » est fracturé pour le faire entrer dans le « koinos kosmos », le monde commun. « Voici que ce vague vocable — qui jusqu’à présent m’avait été tout à fait personnel et restait comme fermé — est, par un hasard, promu au rôle de chaînon de tout un cycle sémantique. » (M. Leiris, Biffures, p. 12.) Remarquons que Michel Leiris parle du vocable et pas de l’objet pour dire sa dépossession. « De chose propre à moi il devient chose commune et ouverte. » (Id.) « La Règle du jeu » est mise en place ; l’institution de la communauté de référence est installée.

Evidemment, il n’y a pas de temps avant le langage commun. « …reusement » est fait de trois syllabes tombées du mot « heureusement » auquel le petit Michel a été exposé. Le code n’est jamais absent, mais dans l’enfance il n’est pas encore épuré des investissements libidinaux requis pour que le petit d’homme s’inscrive dans le monde, inscrive son monde dans le monde commun. Cela implique que le parlêtre quitte le registre de la jubilation privée pour celui de la communication réglée par le code.

La thèse de Lacan est, dans son dernier enseignement, que » l’inconscient est fait de lalangue .» (JAM, L’écrit dans la parole, Les feuillets du Courtil, n° 12, p. 19.) Si lalangue n’a pas pour finalité de communiquer, mais de signifier une jouissance, cad de la faire être par une opération vocale, alors l’interprétation analytique est fondée de la privilégier. Car, ce qui est en jeu dans l’avancée d’une cure, c’est la jouissance attachée au symptôme. Toute la question est alors de savoir en quoi consiste une intervention de l’analyste qui soit congruente avec ce registre de la jouissance

A tort ou à raison, nous n’allons pas poursuivre sur la voie de l’interprétation dans la cure.

Notre objet de réflexion est celui de la tension entre Institution et lalangue. L’argument qui donne son égide à notre atelier pose remarquablement le problème. Quelle est la fonction du psychanalyste dans le champ social ? Comment travaillent ensemble en institution des intervenants dédiés à l’accompagnement des sujets dans leur singularité et, par exemple, des enseignants dont la fonction est de transmettre les signes du savoir vivre ensemble dans une culture donnée. L’exemple de Michel leiris est éloquent : une dialectique entre son monde privé et le monde de tous s’instaure à la condition qu’intervienne le représentant du code. Toujours enseignés par le récit autobiographique de M. Leiris, nous pouvons cependant remarquer que cette intervention correctrice de l’adulte ne produit son effet de révélation que pour autant qu’elle croise la « jaculation » originaire. Il y a peut-être là une indication : pas de dictionnaire sans jubilation de lalangue propre au sujet. C’est ce mixte qu’il s’agit de faire vivre dans le rapport de l’intervenant et du sujet.

La parole, appareillée à la jouissance, l’apparole, serait le mode d’intervention qui saurait faire droit à la lalangue du sujet. Mais est-ce bien la fonction de l’institution ?

Partager cet article
Repost0
3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 13:41

dans l'oeuvre de Jacques Lacan (Guy de Villers)

Dans les Séminaires

• 1971: Le savoir du psychanalyste : 04-11-71 et 02-12-71.

Edité par J-A Miller dans J. Lacan, Je parle aux murs, Entretiens de la Chapelle Sainte-Anne, Paris, Le Seuil, 2011 : pp. 18 et svtes (04-11-71) ; pp. 60 et svtes (02-12-71).

• 1972 : …Ou pire : 09-02-72 et 08-03-72.

Edité par J-A Miller dans J. Lacan, Le Séminaire, Livre XIX, … ou pire, Paris, Le Seuil, 2011 : p. 83 (09-02-1972) ; p. 113 (08-03-1972.)

• 1973: Encore : 16-01-73, 13-03-73, 10-04-73, 08-05-73 et 26-06-73

Edité par J-A Miller dans J. Lacan, Le Séminaire, Livre XX, Encore, Paris, Le Seuil, 1975: p. 44 (16-01-73) ; p. 78 (13-03-1973) ; p. 97 (10-04-1973) ; pp. 125-131 (26-06-1973.)

• 1974: Les non-dupes errent : 08-01-74 et 11-06-74 (inédit)

• 1975: R. S. I. : 11-02-75 (inédit) et 11-03-75.

Edité par J-A Miller dans Ornicar ?, n° 5, hiver 75-76, p. 20 (11-03-75).

• 1976: Le Sinthome : 18-11-75, 09-03-76 et 13-04-76.

Edité par J-A Miller dans J. Lacan, Le Séminaire, Livre XXIII, Le sinthome, Paris, Le Seuil, 2005 : p. 11 et p. 14 (18-11-1975) ; p. 117 (09-03-1976) ; p. 133 (13-04-1976).

• 1976-77: L’insu que sait de l’une-bévue s'aile à mourre: 16-11-76 et 19-04-77 (inédit)

• 1977-78 : Le moment de conclure : 15-12-77 et 11-04-78 (inédit)

• 1980: Le Séminaire de Caracas : 12-07-80

Edité par J-A Miller dans L'Âne, Le magazine freudien, 1981, n° 1, p. 31.

Dans les Autres écrits : Paris, Le Seuil, 2001, Collect. Le Champ Freudien, 614 p.

• 1972: L’étourdit , p. 490.

• 1973: Préface à l’édition allemande des Ecrits, p. 559.

• 1973: Télévision, p. 511.

• 1975: Peut-être à Vincennes…, p. 314.

Dans diverses publications

• 1974 :

• conférence à Milan : 30-03-74. Dans : Lacan in Italia 1953-1978. En Italie Lacan, Milan, La Salamandra, 1978, pp. 104-147.

• La Troisième : 01-11-74

Edité par J-A Miller, dans la Cause freudienne, Nouvelle Revue de psychanalyse, N° 79, Paris, Navarin Editeur, 2011 : pp. 11-33.

• Le phénomène lacanien (conférence à Nice) : 30-11-74

Edité par J-A Miller, dans Cahiers cliniques de Nice, n° 1, juin 1998 ; t.a.p. réalisé par la Section clinique de Nice en 2011 : p. 29 et p. 34.

• 1975:

Le Symptôme (conférence à Genève) : 04-10-75 : édité dans Le Bloc-notes de la psychanalyse, 1985, n° 5, pp. 5-23. Voir surtout p.p. 11-12.

Joyce le Symptôme (conférence à la Sorbonne) : 16-06-75 :

Edité par J-A Miller, dans L’âne, Le magazine freudien, N° 6, automne 1982, pp. 3-5. Réédité sous la direction de J. Aubert dans Joyce avec Lacan, Paris, Navarin Editeur, 1987, pp. 21-29. Voir surtout la p. 27 dans cette édition.

• Conférence à Columbia University : Scilicet 6/7 : 01-12-75, Paris, Le Seuil, 1976, p. 47.

• Conférence au M. I. T. : Scilicet 6/7 : 02-12-75, Paris, Le Seuil, 1975, p. 58.

• 1976 : « De James Joyce comme symptôme » , 24 janvier 1976, Centre Universitaire Méditerranéen de Nice. Inédit publié par la revue Le croquant n ° 28, novembre 2000

Partager cet article
Repost0

Articles Récents