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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 10:32

Atelier 3 : La psychanalyse à la lumière d’Amélie Nothomb

Il n’est ni besoin d’avoir lu toute l’oeuvre d’Amélie Nothomb, et encore moins toute la théorie psychanalytique pour tirer profit de cet atelier impromptu, décidé de fraîche date afin de partager avec vous notre goût pour la littérature et la psychanalyse.

L’oeuvre d’Amélie Nothomb est longue, diversifiée et riche de personnages aux détails subjectifs précis. L’écrivain a l’oeil aiguisé pour déceler les particularités, les bizarreries et puis les transcrire dans ses écrits. Elle voit et rend compte de phénomènes inconscients auxquels les psychanalystes doivent se former pour ne pas s’y laisser prendre dans l’exercice de leur pratique. Avec son sens clinique inné et sa plume vive, elle nous éclaire, nous enseigne sur des pans de la théorie analytique dont l’accès peut sembler sinon bien aride. Jacques Lacan écrivait à propos du ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras, que l’auteure connaissait sa théorie avant que lui l’ait découverte. Autrement dit, l’artiste précède toujours le psychanalyste ; et non l’inverse. L’équipe du CRIPSA vous propose trois dates pour aborder un certain nombre de points théoriques à partir des romans d’Amélie Nothomb. Des extraits seront lus et remis en perspective avec des points de théorie qui seront grâce à elle mis en lumière.

Au CRIPSA au 33, rue Huart Chapel à Charleroi, le lundi 28 avril, jeudi 22 mai et vendredi 13 juin de 9h30 à 16h. Renseignements : 0475.36.50.19. Inscriptions en envoyant vos coordonnées à cripsa@ch-freudien-be.org et en payant 160 euros sur le compte ING 360-0409591-63

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 10:00

Prochain atelier du CRIPSA : Institution et lalangue

Le 3 février prochain commencera notre deuxième atelier de formation pour cette année académique 2013-2014. Nous avons voulu y traiter une question qui est au coeur du travail de réflexion de tout ceux qui en institution s’oriente de la clinique psychanalytique. Il s’agit de confronter le plus particulier du sujet (lalangue) à la norme du « pour tous » en institution. Comment faire coexister ce paradoxe ? Comment accueillir, faire place au singulier, à l’invention langagière, à l’invention sinthomatique au sein d’un lieu créé pour accueillir tout le monde de la même manière selon l’idée d’une justice pour tous la même ? Si nous avons tous appris à parler la même langue, avec la même grammaire, pour nous permettre de communiquer, pourquoi faudrait-il écouter, faire place, à la langue privée des sujets qui n’est pas faite du tout pour communiquer ? N’est-ce pas une folie, un non-sens, que de vouloir entendre et donner une place à quelque chose de si primitif ou de si sauvage que le ‘reusement qu’enfant, Michel Leiris a émis dans un moment de joie et que ses parents ont bien vite rectifié : « on ne dit pas ‘reusement mais heureusement ! » Dans ce ‘reusement, il y a pourtant une force, une énergie de vie bien plus grande que dans toutes les métaphores lissées de la belle langue française. C’est à la vie que nous faisons appel pour batailler contre la pulsion de mort qui fige sinon tout le monde dans sa bonne organisation!

Katty Langelez, Frédéric Bourlez, Guy de Villers et les intervenants des Ateliers du 94 témoigneront de leur position d’écoute de la lalangue des sujets en institution à travers le travail sur le terrain ou le travail de supervision.

Le lundi 3 février, le jeudi 20 février, le vendredi 14 mars 2014 de 9h30 à 16h. (Accueil de 9h30 à 9h45, 9h45-12h : exposé et discussion, 12h15-13h15 : pique-nique de lecture pour les accros, 13h30-16h : exposé de cas, partage d’expériences et débat)

Lieu : Ateliers du 94 à Houdeng-Goegnies, parking place de Goegnies.
Paf : 160 euros à verser sur le compte ING 360-0409591-63 Inscription
: cripsa@ch-freudien-be.org

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 08:52

Venez découvrir ce fabuleux film de Mariana Otero "A CIEL OUVERT" en avant-première le mercredi 12 février 2014 à 20 H au cinéma Le Parc. Nous aurons l'occasion après la projection de converser avec la réalisatrice, Alexandre Stevens (directeur et fondateur du courtil) et d'autres intervenants du film.

Il est souhaitable de réserver sa place au 071. 31.71.47

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 12:15

~~Notre prochain atelier aura lieu en 2014. Le lundi 3 février, le jeudi 20 février et le vendredi 14 mars. Il sera accueilli dans les locaux des Ateliers du 94 à Houdeng-Goegnies. Son thème sera l’accompagnement en institution des sujets au bord de lalangue (oui, oui, en un mot comme mon monnoncle!) A priori l’institution et lalangue n’ont rien à faire ensemble. Quoi de plus incompatible que le lieu de l’institution où règnent des règles pour tous pareilles et lalangue qui n’est rien de plus (ni de moins) que la part la plus intime du sujet, celle où se recèle le goût des mots, la délectation des sons dont le babil est le terreau. L’institution et toutes ses définitions transpirent la loi et l’éducation. Le but d’une institution est de faire entrer ou de maintenir le citoyen dans le cadre élargi de l’institution de l’Etat. C’est un objectif d’inclusion, toujours au prix d’une exclusion par effet de ghettoisation. A première vue, une institution n’est pas un lieu d’accueil des particularités, singularités, dingueries ou lubies de chaque un, mais un lieu d’uniformisation par l’éducation. Avec l’orientation analytique, mais aussi avec une plus large sensibilité de la société à l’acceptation des différences (si! si! on peut se plaindre mais la couleur de peau des habitants de la Belgique s’est fort enrichie de tons variés depuis les années 70. Aujourd’hui le monde entier est à Bruxelles.), les institutions de soins sont plus sensibles au cas par cas. Aujourd’hui le danger de l’uniformisation sous la férule du maître se resserre par le biais l’évaluation sous la férule de l’administration. Certes nous pouvons faire du cas par cas, mais on nous demande de tout quantifier, évaluer et faire rentrer dans les petites cases des tableurs qui produiront de jolis graphiques à projeter en powerpoint. Donc les institutions orientées par la réflexion psychanalytique, par sa clinique, par son éthique, résistent à ce nouveau danger et font place à une approche singulière de chaque sujet. Elles tentent de faire accueil au plus particulier, même si à première vue, c’est complètement fou : un enfant qui prend pour doudou un morceau de viande crue, une dame qui se promène avec une poupée toute la journée, un garçon qui se promène avec un ballon qu’il tapote et auquel il parle, et cette liste peut être poursuivie à l’infini. Il y a une certaine tolérance à la dinguerie de chaque un et en même temps un travail à partir de ce point pour élargir le monde et les possibilités du sujet. Mais la particularité la plus singulière de chaque parlêtre est son rapport au langage le plus précoce inscrit dans ce que Jacques Lacan a appelé lalangue, c’est-à-dire ces restes de l’inscription de la langue sur le corps avant le passage par l’uniformisation civilisatrice opérée le plus souvent par l’école. Ainsi nous pouvons croire que nous parlons tous la même langue française mais que reste-t-il de notre langue maternelle à chacun ? Dans cet atelier, nous verrons comment il est possible dans une institution de soins d’accompagner les sujets au plus près de la lalangue, de s’en inspirer, de s’en orienter, et de s’en servir. Les intervenants des Ateliers du 94, dont les oreilles sont particulièrement sensibles et formées à cette écoute, nous apporteront aussi le fruit de leur expérience. Guy de Villers, psychanalyste et professeur émérite de philosophie à l’UCL, nous apportera son éclairage sur le concept de lalangue. Frédéric Bourlez, responsable thérapeutique dans une institution orientée par la psychanalyse, partagera avec nous son expérience d’accompagnement des enfants de La Porte ouverte à Blicquy. Inscription : 160 euros à verser sur le compte ING 360-0409591-63 Coordonnées à renvoyer à cripsa@ch-freudien-be.org

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 09:27

Notre prochain atelier aura lieu en 2014. Le lundi 3 février, le jeudi 20 février et le vendredi 14 mars. Il sera accueilli dans les locaux des Ateliers du 94 à Houdeng-Goegnies, de 9h30 à 16h.

Son thème sera l’accompagnement en institution des sujets au bord de lalangue (oui, oui, en un mot comme mon monnoncle!)

A priori l’institution et lalangue n’ont rien à faire ensemble. Quoi de plus incompatible que le lieu de l’institution où règnent des règles pour tous pareilles et lalangue qui n’est rien de plus (ni de moins) que la part la plus intime du sujet, celle où se recèle le goût des mots, la délectation des sons dont le babil est le terreau.

L’institution et toutes ses définitions transpirent la loi et l’éducation. Le but d’une institution est de faire entrer ou de maintenir le citoyen dans le cadre élargi de l’institution de l’Etat. C’est un objectif d’inclusion, toujours au prix d’une exclusion par effet de ghettoisation. A première vue, une institution n’est pas un lieu d’accueil des particularités, singularités, dingueries ou lubies de chaque un, mais un lieu d’uniformisation par l’éducation.

Avec l’orientation analytique, mais aussi avec une plus large sensibilité de la société à l’acceptation des différences (si! si! on peut se plaindre mais la couleur de peau des habitants de la Belgique s’est fort enrichie de tons variés depuis les années 70. Aujourd’hui le monde entier est à Bruxelles.), les institutions de soins sont plus sensibles au cas par cas. Aujourd’hui le danger n’est plus l’uniformisation sous la férule du maître, mais l’évaluation sous la férule de l’administration. Certes nous pouvons faire du cas par cas, mais on nous demande de tout quantifier, évaluer et faire rentrer dans les petites cases des tableurs qui produiront de jolis graphiques à projeter en powerpoint.

Donc les institutions orientées par la réflexion psychanalytique, par sa clinique, par son éthique, résistent à ce nouveau danger et font place à une approche singulière de chaque sujet. Elles tentent de faire accueil au plus particulier, même si à première vue, c’est complètement fou : un enfant qui prend pour doudou un morceau de viande crue, une dame qui se promène avec une poupée toute la journée, un garçon qui se promène avec un ballon qu’il tapote et auquel il parle, et cette liste peut être poursuivie à l’infini. Il y a une certaine tolérance à la dinguerie de chaque un et en même temps un travail à partir de ce point pour élargir le monde et les possibilités du sujet.

Mais la particularité la plus singulière de chaque parlêtre est son rapport au langage le plus précoce inscrit dans ce que Jacques Lacan a appelé lalangue, c’est-à-dire ces restes de l’inscription de la langue sur le corps avant le passage par l’uniformisation civilisatrice opérée le plus souvent par l’école. Ainsi nous pouvons croire que nous parlons tous la même langue française mais que reste-t-il de notre langue à chacun ?

Dans cet atelier, nous verrons comment il est possible dans une institution de soins d’accompagner les sujets au plus près de la lalangue, de s’en inspirer, de s’en orienter, et de s’en servir. Les intervenants des Ateliers du 94, dont les oreilles sont particulièrement sensibles et formées à cette écoute, nous apporteront aussi le fruit de leur expérience. Guy de Villers, psychanalyste et professeur émérite de philosophie à l’UCL, nous apportera son éclairage sur le concept de lalangue. Frédéric Bourlez, responsable thérapeutique dans une institution orientée par la psychanalyse, partagera avec nous son expérience d’accompagnement des enfants de La Porte ouverte à Blicquy.

Inscription : 160 euros à verser sur le compte ING 360-0409591-63 Coordonnées à renvoyer à cripsa@ch-freudien-be.org

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 13:18

L’enfant hyper et ses pulsions Monique de Villers Nous parlerons tout d’abord de la pulsion pour bien en saisir les caractéristiques. Nous commencerons par les textes de Freud pour ensuite découvrir les avancées apportées par Lacan à ce sujet et notamment sur la question de l’objet de la pulsion. Nous terminerons par quelques mots à propos de l’enfant dit hyperkinétique. Freud écrit en 1905 les Trois essais sur la sexualité, (Folio, Essais). Le texte originel a fait l’objet de modifications et d’ajouts à plusieurs reprises entre 1910 et 1924. Quand il apparait en 1905, on crie au scandale; affirmer une sexualité chez le tout jeune enfant qui, à l’époque, était considéré comme un être pur et innocent, était impensable. Beaucoup de gens bien pensants se sont exclamés que Freud avait dénaturé l’enfance et que son livre était l’oeuvre d’un obsédé sexuel. Pourtant, Freud ne théorise ses conceptions qu’à partir d’une observation clinique fine et clairvoyante. Dans la préface de la publication du texte en 1914, voici ce qu’il écrit: “J’ai soigneusement évité de m’engager dans les perpectives que nous ouvre la biologie sexuelle générale ou particulière à des espèces déterminées, et je me suis tenu à l’étude des fonctions sexuelles de l’homme en usant de la technique psychanalytique.” (p.12) C’est en s’appuyant sur la méthode psychanalytique que Freud découvre, dans les cures d’adultes, une pulsion sexuelle infantile. C’est ainsi qu’il s’est intéressé à la sexualité des enfants. Prenons le cas Dora: “Fragment d’une analyse d’hystérie”, 1905, dans Cinq psychanalyses, Puf. Dora, toute petite, avait une activité sexuelle orale très développée: “Elle se rappelait très bien, dit Freud, avoir été, dans son enfance, une suçoteuse.” Cette habitude s’était prolongé jusqu’à l’âge de 5 ans. “Dora elle-même avait gardé dans sa mémoire une image nette de sa première enfance: elle se voyait assise par terre dans un coin, suçant son pouce gauche, tandis qu’elle tiraillait en même temps, de la main droite, l’oreille de son frère tranquillement assis à côté d’elle.” (Cinq psychanalyses, p. 37) Autre exemple, celui de “L’homme aux rats”, publié dans Cinq psychanalyses, 1909, “Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle”. Il racontait à Freud ceci: “A 6 ans déjà, je souffrais d’érections (…) j’en pressentais le rapport avec mes représentations mentales et mes curiosités. (…) Je vois là, le début de ma maladie. Il y avait des personnes, des bonnes, qui me plaisaient beaucoup et que je désirais violemment voir nues.” ((pp. 203 et 204) Les névrosés semblent avoir gardé les caractéristiques d’une sexualité infantile. Notons, toutefois, qu’à cette époque du développement, il n’est évidemment pas question d’une sexualité génitale dont le but serait la reproduction, Freud parle, dès lors, de pulsion prégénitale, de pulsion partielle. Il est essentiel de ne pas confondre le sexuel et le génital. C’est pour cette raison qu’il rapproche la sexualité de l’enfant de la perversion. L’enfant serait un pervers polymorphe. C’est, en effet, le propre du pervers de chercher une satisfaction sexuelle en dehors d’une génitalité globale. “Par pulsion, dit Freud dans Trois essais, nous désignons le représentant psychique d’une source continue d’excitation provenant de l’intérieur de l’organisme, que nous différencions d’une excitation extérieure et discontinue”. (p. 57) “Dans son article: “Pulsions et destins des pulsions” dans Métapsychologie, Folio, essais, 1915, Freud ajoutera ceci: “La pulsion nous apparaît comme un concept limite entre le psychique et le somatique, comme le représentant psychique des excitations, issues de l’intérieur du corps et parvenant au psychisme.” (p. 17 dans Métapsychologie) Nous relevons donc plusieurs points: 1° Il s’agit d’une force constante, continue qui surgit comme une poussée. “ Le caractère “poussant” est une propriété générale des pulsions et même l’essence de celles-ci.” (p. 18 dans Métapsychologie) 2° Elle prend sa source dans l’organisme, à l’intérieur du corps. Il s’agit de l’excitation d’un organe ou d’une partie du corps. 3° Son but est l’apaisement obtenu, la satisfaction. Le suçotement exemplifie bien cet aspect. L’enfant qui suçotte semble connaître une volupté qui absorbe toute son attention, l’apaise et l’endort. La pulsion a pour seul but la satisfaction. 4° “L’objet de la pulsion est ce par quoi la pulsion peut atteindre son but. Il est ce qu’il y a de plus variable dans la pulsion, il ne lui est pas originairement lié. (…) Il peut être remplacé à volonté selon les différents destins que connait la pulsion. “ (p. 19, dans Métapsychologie) 5° Enfin, on ne peut saisir quelque chose de ce mouvement énergétique que par sa représentation dans le psychisme. L’excitation du corps, sans la représentation qu’on peut en avoir, n’existe pas. Certaines zones du corps ont la propriété d’être hyper sensibles à une érogénisation. Ces zones, appelées “zones érogènes”, sont des régions de l’épiderme, de la muqueuse dont la stimulation ou l’excitation procure une sensation particulière, un plaisir d’une qualité particulière. Il s’agit notamment de la zone bucco-dentale, la zone anale, la zone phallique ou clitoridienne. Freud y ajoutera la vision qui conduit à la curiosité; de la pulsion de voir à la pulsion de savoir. Chaque pulsion se définit par la source qui la produit. Nous aurons donc une pulsion orale, une pulsion sadique anale, pulsion phallique, pulsion scopique etc… Freud remarque à propos de cette sexualité précoce de l’enfant qu’elle tombe dans l’oubli. Il existe une véritable amnésie qui jette un voile sur le vécu sexuel de l’enfant. C’est ainsi que les adultes, n’ayant plus aucun souvenir de leur propre sexualité pendant l’enfance, se sont scandalisés des découvertes de Freud. Il écrit, à la fin de son article sur le cas du petit Hans, (Analyse d’une phobie chez un petit garçon de 5 ans, 1909, dans Cinq psychanalyses, pp. 93 à 198,), un épilogue intéressant. Au printemps 1922, un jeune homme se présente à lui en affirmant être le petit Hans: “Je l’avais perdu de vue et depuis plus de 10 ans, je ne savais ce qu’il était devenu. La publication de cette première analyse d’un enfant avait causé un grand émoi et encore plus d’indignation; on avait prédit tous les malheurs au pauvre petit garçon, violé dans son innocence en un âge si tendre et victime d’une psychanalyse. Mais aucune de ces appréhensions ne s’était réalisée. Le petit Hans était maintenant un beau jeune homme de 19 ans. Il déclara se porter parfaitement et ne souffrir d’aucun malaise ni d’aucune inhibition. (.…) L’une des choses que me dit le petit Hans me sembla particulièrement curieuse. Lorsqu’il vint à lire l’histoire de sa maladie, le tout lui sembla quelque chose d’étranger, il ne se reconnaissait pas et ne pouvait se souvenir de rien.” (p. 198). Dans une cure analytique, par les rêves notamment, le voile peut être levé et des souvenirs refoulés peuvent revenir à la conscience pour retomber dans l’oubli par la suite. Le caractère le plus frappant de cette activité sexuelle est l’auto-érotisme, à savoir que l’enfant se satisfait de son propre corps. “En suçant de manière rythmique une partie de l’épiderme ou de muqueuse, l’enfant se satisfait.” (Trois essais, p. 75) Ce mouvement répétitif est un trait essentiel de la pulsion. Il s’origine dans le mouvement réflexe de la succion, fonction phylogénétique essentielle pour la vie même du nourrisson. C’est là, pour la première fois, que ce mouvement lui a donné du plaisir. C’est ainsi que Freud affirme que la pulsion s’étaye sur la satisfaction du besoin. Mais très vite cette satisfaction sexuelle se sépare de l’apaisement de la faim. L’enfant recherchera alors à s’exciter tout seul sans aucun apport extérieur. Le mouvement rythmique des lèvres peut lui apporter une satisfaction auto érotique sans devoir en passer par l’Autre. “ La succion, dit Freud dans Trois essais, p. 77, nous a fait connaître les trois caractères essentiels de la sexualité infantile: elle ne connaît pas encore d’objet sexuel, elle est auto-érotique et son but est déterminé par l’activité d’une zone érogène. » Freud fait remarquer que, s’il y a des zones d’élection, n’importe quelle région du corps peut servir de zone érogène. Ce qui importe à la sensation de plaisir « c’est la qualité de l’excitation bien plus que les propriétés de la région du corps excitée. » (p. 78, dans Trois essais) Le mouvement rythmique autour d’une partie du corps, peut être renforcé par un objet ou un instrument extérieur à la zone (le pouce, par exemple, ou le frottement de la main en ce qui concerne l’organe phallique.) Mais l’objet n’est pas vraiment nécessaire pour obtenir une satisfaction. Le mouvement d’aller retour autour d’un vide est suffisant pour atteindre le but qui est la satisfaction de la pulsion Freud montre le rôle primordial de la mère dans l’érotisation du corps de son enfant. Il n’est pas besoin de séduction pour cela. Les soins donnés à son enfant, soins qui s’accompagnent de caresses, de baisers, de frottements suffisent à érotiser certaines parties du corps et à créer ainsi des points de fixation de la pulsion. La pulsion aura, dès lors, tendance à retrouver la satisfaction originelle que ces parties du corps ont procuré à l’enfant. Cette recherche d’une satisfaction antérieure crée un processus de répétition, répétition inhérente à la pulsion. Ce sont ces points de fixations qui maintiennent le caractère infantile de la sexualité chez les sujets névrosés à l’âge adulte. Freud donnera toute son importance au concept de répétition, dans un texte ultérieur: “Au-delà du principe de plaisir” (1920) dans Essais de psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot. Freud y affirme “qu’il existe effectivement dans la vie psychique une compulsion de répétition qui se place au-dessus du principe de plaisir.” (p. 63) Freud différencie le plaisir comme recherche d’un état de tension minimale et la satisfaction pulsionnelle qui se caractérise par un état de tension qui peut aller jusqu’à la douleur. L’analyse des cauchemars de sujets ayant vécu des traumatismes, cauchemars qui ne cessaient de répéter le traumatisme, oblige Freud à revoir sa conception du rêve comme accomplissement de désir. Il cherche alors à articuler le pulsionnel et la compulsion de répétition. “La pulsion, dit-il p. 80, (Essais de psychanalyse) serait une poussée inhérente à l’organisme vivant vers le rétablissement d’un état antérieur (…) Elle serait l’expression de l’inertie dans la vie organique.” Inertie, invariabilité et répétition sont les propriétés essentielles de la pulsion. Dans “ L’au-delà du principe de plaisir”, Freud oppose, tout d’abord, les pulsions du moi en tant que pulsions conservatrices et les pulsions sexuelles qui sont plus tournées vers l’objet extérieur, vers la vie. Mais, en constatant que le moi est un grand réservoir de libido, il doit corriger sa théorie et reconnaître que les pulsions narcissiques d’auto-conservation doivent également se ranger dans les pulsions libidinales ou sexuelles. Il opposera ensuite les pulsions de vie et les pulsions de mort. La pulsion de mort accomplit son travail sans qu’on s’en aperçoive. Elle oeuvre, en silence, dans l’organisme vivant et tend à réduire la tension existante dans les pulsions sexuelles. C’est ce qui fait dire à Freud, p. 114, “que le principe de plaisir semble être au service des pulsions de mort.” Plus tard en 1924, Freud reverra cette position. Dans “Le problème économique du masochisme” (Névrose, psychose et perversion, Puf), il notera que la pulsion de mort n’entre en fonction que reliée à la pulsion de vie, pulsion sexuelle. “ La libido, dit-il, rencontre dans les êtres vivants la pulsion de mort ou de destruction qui y règne et qui voudrait mettre en pièces cet être cellulaire et amener chaque organisme élémentaire individuel à l’état de stabilité inorganique. La libido a pour tâche de rendre inoffensive cette pulsion de destructrice et elle s’en acquitte en dérivant cette pulsion en grande partie vers l’extérieur. (…) Elle se nommerait alors pulsion de destruction, pulsion d’emprise, volonté de puissance. Une partie de cette pulsion est placée directement au service de la fonction sexuelle où elle a un rôle important. C’est le sadisme proprement dit. Une autre partie (…) demeure dans l’organisme et là elle se trouve liée libidinalement (…); c’est en elle que nous devons reconnaître le masochisme originaire,érogène.” (p. 291) Je terminerai la théorie de Freud sur les pulsions en abordant un des destins des pulsions dans Métapsychologie. Le destin, qui me semble intéressant à accentuer, est le refoulement (article de 1915 “Le refoulement”). Le refoulement est une mise à l’écart de la conscience. Une motion pulsionnelle peut se voir refuser l’accès à la conscience. Ceci aura plusieurs effets dont notamment le renversement en son contraire. Freud donne l’exemple de sujets hystériques chez qui le besoin sexuel est très intense et très précoce, mais suite au refoulement le plaisir sexuel se transforme en son contraire, le dégoût ou la frigidité. Il donne d’autres exemples par rapport à la pulsion orale qui, à cause du refoulement, peut donner lieu à différents troubles alimentaires. Dès le départ, la pulsion est corrélée au refoulement. Il y a, d’emblée pour le sujet humain une impossibilité de vivre naturellement un plaisir d’organe. Lacan dira qu’il y a un rapport impossible, pour l’être parlant, entre la jouissance du corps et le langage. Il manque les mots pour dire la jouissance; celle-ci reste donc hors-sens, innommable. Le sujet parlant peut, toutefois, récupérer une part de cette jouissance originaire perdue dans l’objet plus de jouir. Le plus s’inscrit en fonction de la soustraction de jouissance du fait du langage. Freud parlera lui “d’un refoulement originaire, une première phase du refoulement qui consiste en ceci que le représentant psychique de la pulsion se voit refuser la prise en charge dans le conscient. Avec lui se produit une fixation. (…) Le deuxième stade du refoulement, le refoulement proprement dit, concerne les rejetons psychiques du représentant refoulé.” (“Le refoulement” dans Métapsychologie, p. 48). Ce représentant de la pulsion refoulé continue à exister dans l’inconscient . Il est simplement soustrait à l’influence du conscient. Freud, dans son analyse de “ l’homme aux rats” dans Cinq psychanalyses, décrit, dans l’ambivalence de ce sujet, les deux pulsions d’amour et de haine à l’oeuvre. Il y a chez l’obsessionnel une désintrication très précoce des pulsions sexuelles et des pulsions de mort, ce qui donne ce conflit permanent entre l’amour et la haine. Cette ambivalence apparaît chez l’homme aux rats vis à vis de la dame de ses pensées. “Le jour du départ de la dame, notre patient heurta du pied une pierre dans la rue. Il dut l’enlever de la route, ayant songé que, dans quelques heures, la voiture de son amie, passant à cet endroit, pourrait avoir un accident à cause de cette pierre. Mais quelques instants après il se dit que c’était absurde et dut retourner remettre la pierre au milieu de la route. “ (p. 222) Il veut à la fois la protéger et lui faire du mal. “Cette coexistence de sentiments contraires n’est possible que dans certaines conditions psychologiques particulières et grâce à leur caractère inconscient. L’amour n’a pas éteint la haine, il n’a pu que la refouler dans l’inconscient et là, assurée contre une destruction par l’action du conscient, elle peut subsister et même croître. (…) Une séparation très précoce des contraires, à l’âge “préhistorique” de l’enfance, accompagnée du refoulement de l’un des deux sentiments, de la haine en général, semble être la condition de cette “constellation” si étrange de la vie amoureuse. “(p. 254) Cette ambivalence amour-haine est une des caractéristiques de la névrose obsessionnelle. Alors que dans l’hystérie, suite au refoulement, la motion pulsionnelle se déplace plutôt sur une autre partie du corps. (paralysie, maux de tête, troubles gastriques etc…) Freud a appelé ce processus la conversion somatique de la pulsion, qui apparaît plus fréquemment dans la névrose hystérique. Venons en maintenant à Lacan et examinons les avancées qu’il apporte au concept de pulsion. Notons tout d’abord, que Lacan, tout en prônant le retour à Freud, est resté, pendant plusieurs années, empêtré dans sa volonté de promouvoir la priorité du symbolique. C’est ainsi que lorsqu’il construit son graphe du désir, dans Le Séminaire V, Les formations de l’inconscient, 1957-58, il ne peut concevoir la jouissance autrement qu’articulée au symbolique. Ce graphe comporte deux étages, le premier concerne le circuit de l’enfant dans sa rencontre avec l’Autre comme lieu de la parole. C’est le temps de l’aliénation de l’enfant aux signifiants, au discours de l’Autre. C’est ainsi qu’il définira l’inconscient à cette époque de son enseignement. Cette rencontre introduit le petit d’homme dans la communication verbale. Il apprend à traduire ses besoins en demande signifiante. Ses besoins, en effet, doivent en passer par le défilé des signifiants pour être reconnus par l’Autre maternel. Il se constitue ainsi, lui-même, sujet de sa parole. Mais l’émergence du sujet dans la chaine des signifiants le divise. Le signifiant ne représente le sujet que pour un autre signifiant. Il n’y a donc qu’une part du sujet qui est représentée dans le signifiant, c’est le sujet de l’énoncé, une autre part reste non représentable dans le signifiant, c’est le sujet de l’énonciation, ou le sujet en tant qu’il est désirant, son être de jouissance. La jouissance de l’être n’est pas intégrable dans le signifiant. Le désir, l’enfant va tout d’abord l’appréhender chez l’Autre, dans son absence sur fond de présence, dans le manque de l’Autre. C’est aussi dans les blancs, les intervalles du discours que ce manque apparaîtra. “c’est là, dit Lacan, que rampe, c’est là que glisse c’est là que fuit, tel le furet, ce que nous appelons le désir.” (Le Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux, 1964, p. 194) L’enfant s’interroge sur la parole énoncée. Il dit ça mais que veut-il ? Jusque là, l’enfant pensait qu’il comblait totalement sa mère. En découvrant son manque, il éprouve également son insuffisance à la combler. Cette rencontre du désir de l’Autre le laisse sans recours. Qu’est-il donc pour elle? A cette question se rajoute son désespoir de ne pas trouver dans le trésor des signifiants une définition de ce qu’il est. Il n’y a aucun signifiant qui peut lui donner une garantie de ce qu’il est. Car, ce signifiant manque dans l’Autre, (S du grand A barré). Au second étage du graphe, Lacan écrit la pulsion sur la ligne de la chaine inconsciente, qui va du trou dans l’Autre (S de A barré) à la demande (S barré poinçon D). “Le second étage du graphe comporte(…)une batterie de signifiants inconscients pour chaque sujet, et un message où s’annonce la réponse au Che vuoi? (Le Séminaire VI, Le désir et son interprétation, 1958-59, p. 49) Il désigne ainsi le rapport du sujet inconscient à la demande, “ en tant que ce sujet est resté marqué par les avatars de la demande. C’est cela, dit Lacan, que nous appelons les formes orales, anales et autres de l’articulation inconsciente.” (p. 48) Dans le champ de la demande de l’Autre quelque chose chute, quelque chose reste inaccessible. Ce résidus, c’est son désir. Le désir se situe dans le prolongement du besoin; il en garde le caractère d’exigence inconditionnelle et il se situe en-deçà de la demande, ce qui lui donne cette exigence de reconnaissance. Ceci maintient le sujet dans la dépendance de l’Autre. Toute demande a, en effet, pour horizon une demande d’amour. Les désirs comporte donc ces deux propriétés, d’être, à la fois, autistique et corrélé à l’Autre. Le désir, le fantasme et la pulsion. Voici trois termes qui ne se superposent pas et que nous essaierons de différencier. La métaphore paternelle donne à l’enfant la signification du phallus. Ce que la mère veut c’est le phallus. De plus, le père indique à l’enfant qu’il est le porteur du phallus. Il détourne donc l’enfant de cette première identification au phallus. Lacan a appelé cette phase l’identification phallique de l’enfant. Si la mère désire le phallus, il va s’identifier à cet objet pour suturer son manque. Lorsqu’il découvre qu’il ne lui suffit pas, que sa mère désire ailleurs, il vit un moment de grande détresse. Que veut-elle? Face au désir opaque et énigmatique de l’Autre, Lacan prône, dans Le Séminaire VI, que le sujet va se défendre par le fantasme. (S barré poinçon a) Le sujet parlant, qui ne trouve rien qui puisse articuler sa jouissance à sa parole, va s’accrocher à un objet imaginaire qui lui donnera de la consistance, qui lui apportera de l’être. Le fantasme deviendra ainsi le support du désir du sujet. C’est grâce à cette opération, en se corrélant à un objet, que le sujet peut se séparer de l’Autre. A la fin du Séminaire VI, Lacan introduit un concept qui est une avancée par rapport au Nom-du-Père. C’est le concept de coupure: ”La coupure, dit-il, ne l’oublions pas. Elle est déjà à l’oeuvre dans le premier type de l’objet du fantasme, l’objet prégénital. Que sont ici les objets du fantasme? Si ce n’est des objets réels. Tout séparés qu’ils soient du sujet, ils sont dans un rapport étroit avec la pulsion vitale.” (p.469) Lacan articule ici l’objet réel de la pulsion avec l’objet imaginaire du fantasme. Il fait ainsi le lien entre le symbolique (S barré), l’imaginaire (l’objet a) et le réel de la pulsion. Dans Le Séminaire X, L’angoisse, (1962-1963) Lacan précise ce qu’il entend par objet réel. En disant que l’angoisse n’est pas sans objet, il distingue cet objet des autres objets de la culture, objets d’échange, objets de consommation. L’objet de l’angoisse est un objet invisible dans l’image, irreprésentable dans le symbolique. C’est l’objet manquant, à jamais perdu, que Lacan désignera par l’objet a. L’angoisse surgit quand ce qui devait rester invisible, ce qui devait rester dans l’ombre apparait tout à coup sur la scène. C’est un regard qui se présentifie, c’est l’étrangeté qu’on peut avoir quand dans un miroir on ne se reconnait pas. C’est l’impression qu’un esprit rode dans sa chambre etc…Cette inquiétante étrangeté se manifeste à l’approche de cet objet réel. Dans le Séminaire X, la coupure se rapporte à l’objet de la pulsion. Lacan p. 267, décrit la zone érogène comme une structure de bord. La région bucco-dentale, le sphincter anal, les paupières ont cette caractéristique de pouvoir s’ouvrir et se fermer et de pouvoir isoler, séparer l’objet. Le sein, à l’origine, fait partie de l’enfant. Ce sein n’est en fait que plaqué sur la mère et, au moment de la séparation de l’objet du besoin, au moment du sevrage, Lacan insiste pour dire que c’est l’enfant qui cède cet objet, qui est une part de lui-même, à l’Autre. L’objet de la pulsion est donc un objet cessible, détachable, séparable. C’est encore plus clair avec les fèces où l’enfant accepte de lâcher ce qui fait partie de lui pour répondre à la demande de l’Autre. Dans Le Séminaire XI, (1964) Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Lacan va revenir sur la pulsion, qu’il considère comme est un des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, à côté de l’inconscient, du transfert et de la répétition. Dans ce Séminaire, le discours de Lacan change radicalement par rapport au Séminaire VI. La pulsion non seulement n’est plus situé dans le champ signifiant, mais, au contraire, Lacan va définir l’inconscient en se basant sur le modèle de la zone érogène. L’inconscient se manifeste, dit-il, d’une manière “pulsative”, dans un mouvement d’ouverture et de fermeture, selon une pulsation temporelle, et “tout ce qui, un instant, apparaît dans cette fente semble être destiné, (…) à se dérober, à disparaître.” (p. 44) Il définit l’inconscient comme une zone érogène, comme un sphincter qui s’ouvre et se ferme dans un mouvement rythmique. Le retour du refoulé surgit dans cette ouverture, dans ce qui vacille, dans ce qui cloche. La pulsion se manifeste selon “ le mode acéphale, car tout s’y articule en termes de tension et n’a de rapport au sujet que de communauté topologique.”( p.165) C’est ce qu’indique le losange entre le sujet barré et l’objet a. Il y a une interrelation entre le sujet parlant et la jouissance. Il dit que “quelque chose dans l’appareil du corps est structuré de la même façon, c’est en raison de l’unité topologique des béances en jeu, que la pulsion prend son rôle dans le fonctionnement de l’inconscient.” (p.165) L’inconscient par cette forme pulsative, a la même structure topologique et la même temporalité que la pulsion. Il établit une analogie entre le manque à être du sujet parlant et l’objet perdu. Il tente ainsi de nouer le symbolique à la jouissance, considérée, dans ce Séminaire, sous la forme de l’objet a, objets morcelés du corps. Rappelons les termes de la pulsion qui avaient été relevés par Freud en accentuant, pour chacun des termes, l’apport de Lacan. D’un côté, il y a la poussée, une excitation interne qui se manifeste comme une force constante. C’est ce qui la distingue d’une fonction biologique qui a un rythme. A l’autre bout de la chaine, il y a la satisfaction. Les deux autres termes de la pulsion sont la source et l’objet. La pulsion se satisfait toujours. “Il est clair, dit-il, que ceux à qui nous avons affaire, les patients, ne se satisfont pas de ce qu’ils sont. Et pourtant, nous savons que tout ce qu’ils sont, tout ce qu’ils vivent, leurs symptômes mêmes, relève de la satisfaction. Ils satisfont quelque chose qui va sans doute à l’encontre de ce dont ils pourraient se satisfaire, ou peut-être mieux, ils satisfont à quelque chose. Ils ne se contentent pas de leur état, mais quand même, en étant dans cet état si peu contentatif, ils se contentent. (…) Disons que pour cette sorte de satisfaction, ils se donnent trop de mal. Jusqu’à un certain point, c’est ce trop de mal qui est la seule justification de notre intervention. (…) Si nous nous en mêlons, c’est dans la mesure où nous pensons qu’il y a d’autres voies, plus courtes par exemple. En tout cas, si nous nous référons à la pulsion, c’est dans la mesure où c’est au niveau de la pulsion que l’état de satisfaction est à rectifier.” (Le Séminaire XI, p. 151) Notre rôle est de les aider à trouver des voies plus courtes pour atteindre une satisfaction. Par ailleurs, Lacan insiste sur la structure de bord des zones érogènes, dans lesquelles la pulsion prend sa source. Cette structure renvoie à la coupure, la séparation. La pulsion se boucle; elle ne peut être désolidarisée de son retour sur la zone érogène. (Le Séminaire XI, p. 163) La pulsion part d’une zone érogène du corps, sa source, fait un mouvement circulaire autour d’un objet pour revenir dans le corps propre. Cet objet “n’est que la présence d’un creux, d’un vide, occupable par n’importe quel objet, et dont nous ne connaissons l’instance que sous la forme de l’objet perdu petit a.” (Le Séminaire XI, p. 164) Les objets localisés dans ce vide, le sein, les fèces, le phallus, le regard et la voix ne sont que des représentants de cet objet perdu. Ils doivent, toutefois, avoir la propriété d’être cessibles et détachables. Par rapport au principe de plaisir, qui est la recherche d’une tension minimale, la pulsion se présente comme un accroissement de tension. Il y a donc un facteur économique dans la structure de la pulsion. Lacan déclare “que c’est en raison de la réalité du système homéostatique, que la sexualité n’entre en jeu que sous la forme des pulsions partielles. La pulsion est un montage par quoi la sexualité participe à la vie psychique.” (Le Séminaire XI, p. 160) Et il ajoute ceci: “Au regard de l’instance de la sexualité, tous les sujets sont à égalité depuis l’enfant jusqu’à l’adulte.” (Le Séminaire XI, p. 161) C’est, en effet, par les pulsions partielles que la sexualité se réalise chez l’être parlant, qu’il soit enfant ou adulte. Lacan montre dans Le Séminaire X, L’angoisse, comment l’objet de la pulsion, le sein par exemple, doit en passer par l’angoisse avant de devenir un objet cause du désir. Le moment du tarissement du lait, du sein vidé est un moment d’angoisse. Or comme le sein fait partie de l’enfant, il doit se séparer de cette part de lui-même pour le céder à l’Autre. Une fois situé dans l’Autre, cet objet a peut être extrait du champ de l’Autre pour être contourné dans le mouvement pulsionnel. Ce n’est qu’après qu’il peut devenir, pour le sujet, un objet agalmatique dans le fantasme. C’est en se supportant de la castration que le sein entre dans le champ du désir. Le regard, par exemple, est ce qui disparaît de la vision, ce qui est invisible à l’oeil. Ce n’est qu’après cette perte qu’il peut revenir du champ de l’Autre. Le regard, en tant qu’objet a, est notre regard perdu imaginé au champ de l’Autre. “L’objet du désir ne se trouve donc jamais en position de visée du désir. (…) L’objet du désir, au sens commun, est, ou un fantasme qui est en réalité le soutien du désir, ou un leurre.”(Le Séminaire XI, p. 169) Cette intrusion de l’Autre fait que la rencontre avec l’objet de la pulsion est toujours manqué. C’est, en effet, l’intervention de l’Autre qui ouvre le champ d’une jouissance au-delà du principe de plaisir. C’est ainsi que l’objet oral peut donner lieu à toute une série de troubles alimentaires, comme l’anorexie, la boulimie, la toxicomanie etc…En ce qui concerne l’anorexie, d’ailleurs, c’est l’enfant qui a été trop gavé d’amour qui creusera, par le rien manger, un manque chez la mère. C’est un trop de présence de la mère qui coince l’enfant dans cette position. Son circuit pulsionnel tourne autour du rien. L’angoisse ne se situe pas chez le sujet anorexique mais chez la mère. Carole Dewanbrechies Lasagna dans son article “L’anorexie vraie de la jeune fille” (La Cause freudienne, n° 63) observe bien cela. Un changement ne survient que si on peut créer de l’angoisse chez ces jeunes filles. Pour manger, elles doivent faire l’expérience d’une perte et de l’angoisse qui y est liée. Ce n’est qu’après cette expérience, quand l’angoisse est subjectivée, que l’Autre prend de la valeur et qu’elles peuvent faire de l’objet oral un objet agalmatique. C’est l’entrée en jeu du fantasme qui conjoint le sujet parlant et l’objet cause du désir. Si, dans la pulsion, le sujet est absent, dans le fantasme il est toujours présent même s’il est méconnaissable. Dans le fantasme, en effet, “ le sujet (…), plus ou moins reconnaissable est quelque part schisé, divisé, habituellement double, dans son rapport à cet objet qui, le plus souvent, ne montre pas plus sa véritable figure.” (p. 168 dans Le Séminaire XI) Le fantasme récupère quelque chose de cette perte originelle en imaginarisant cet objet a, qui devient l’objet a plus de jouir. Le fantasme sert ainsi d’écran, de défense contre une jouissance brute, non arrimée au signifiant. En ramenant la jouissance au champ de l’Autre, le fantasme fonctionne comme un piège à jouissance, la nouant au symbolique qui lui donnera son cadre et ses limites. La pulsion et le fantasme se différencient non seulement au niveau du sujet mais aussi au niveau de l’objet. La pulsion rate l’objet, alors que le fantasme fixe, capture cet objet. Par ailleurs, l’objet de la pulsion est quelconque, indifférent. Dans le fantasme, au contraire, il est particularisé et consistant. Il recouvre le vide creusé par l’objet perdu pour le sujet parlant. La pulsion sort d’un bord en suivant un trajet qui fait retour dont rien d’autre n’assure la consistance que l’objet à titre de quelque chose qui doit être contourné. (Séminaire XI, p. 167) L’objet n’est là que comme borne, pour marquer la béance permettant à cette énergie pulsionnelle d’en faire le tour. C’est ce que traduit la fonction pronominale de la pulsion: le “se faire”: se faire bouffer, se faire chier, se faire voir et se faire entendre. (Le Séminaire XI, p.177) Le “se” démontre cet aller retour de la pulsion, qui part du corps pour revenir dans le corps. La pulsion est toujours active: “Cela saute aux yeux, dit Lacan, que, même dans sa prétendue phase passive, l’exercice d’une pulsion, masochique par exemple, exige que le masochiste se donne, si j’ose m’exprimer ainsi, un mal de chien. (Le Séminaire XI, p. 181) Comme le rappelle Lacan en ce qui concerne la pulsion, l’enfant a affaire aux pulsions partielles de la même manière que les adultes. Avant d’être un sujet qui parle, l’enfant est d’abord identifié à un objet, objet de soins, d’amour et de désir, même si, pour la mère, il est déjà un sujet en devenir. Dans cette relation d’amour son corps va s’érogéniser et c’est ainsi qu’il pourra construire ce bricolage qu’est la pulsion L’immaturité de l’enfant, à la naissance, en fait un petit être dépendant de l’Autre pour sa survie même. Les soins, dont il a besoin pour son confort, érotisent son corps et suscitent en lui une excitation sexuelle, source de la pulsion. Mais comme l’enfant doit en passer par le défilé des signifiants pour la satisfaction de ses besoins, la pulsion se développe dans la relation à l’Autre, en rapport à la demande de l’Autre. C’est ainsi que l’objet oral, le sein, est demandé par l’enfant alors que l’objet anal se fonde sur la demande de l’Autre, demande de retenir ses selles et de les lâcher à l’endroit indiqué. Dans la phase orale, le sujet apprend à se séparer de l’objet du besoin, alors que dans la phase anale, on demande à l’enfant de retenir. Il y a donc un phénomène inverse qui se passe. La demande de l’Autre lui fait prendre conscience du pouvoir qu’il exerce sur l’Autre maternel; il peut ou non donner ce qui est demandé. C’est ainsi que cet objet a la propriété d’un don, d’un cadeau à l’Autre. Mais cet objet anal qui représente un don est aussi un déchet, une déjection. D’où l’ambivalence de cet objet du fait qu’à la fois on s’émerveille sur la chose dans le petit pot mais qu’ensuite on le jette. Cet objet agalmatique se transforme en déchet, en palea. “ “Cet objet, dit Lacan dans L’angoisse, que le sujet ne peut s’empêcher de retenir comme le bien qui le fait valoir, n’est aussi, de lui que le déjet, la déjection. Ce sont les deux faces par où l’objet détermine le sujet même comme compulsionnel et comme doute.” (p. 381) Cette ambivalence contamine également les objets désirés et les marque d’impossibilité. L’objet sexuel, par exemple, comporte ce trait d’être désiré et rejeté, ce qui rend la rencontre difficile et même impossible. La relation anale touche au don et à l’idéal. La sublimation plonge ses racines dans la pulsion anale. On sait que la sublimation satisfait la pulsion sans refoulement. C’est une satisfaction directe. Les exemples sont nombreux: il y a l’art, mais également le fait de collectionner, ainsi que les projets altruites, les missions humanitaires etc…. Quant à l’objet phallique, dans L’angoisse, Lacan met l’accent sur la détumescence de l’organe, sur les troubles de l’érection. Comme pour tous les objets de la pulsion, Lacan met en lumière la perte qu’ils impliquent, leur rapport à la castration. Ce n’est pas la puissance sexuelle qui importe mais l’impuissance. (le –ph). “ En raison du moins phi, le mouvement vers la jouissance de l’Autre, comporte la constitution de la castration comme gage de leur rencontre.” (L’angoisse, p. 352) Que se passe-t-il avec les enfants hyper actifs, hyper agités? Quel est le rapport de cette agitation avec la pulsion? Serge Cottet a écrit un article, intitulé:”Ils ne parlent pas, ni ne voient, ni n’entendent; ils bougent”. L’enfant hyperactif ne cesse de bouger. Il “ ne tient pas en place, s’agite sans motif imputable à un besoin. L’un court dans tous les sens, l’autre s’excite toute la journée sur des vidéos, un autre s’échappe de la maison pour faire la course sur l’autoroute avec les automobiles. Cette clinique, dit-il, met surtout en valeur le corps comme pur objet pulsionnel; elle souligne le caractère acéphale de la pulsion, l’absence d’intentionnalité et d’identité subjective dans le mouvement perpétuel. “C’est comme si le corps de ces enfants trouvait une satisfaction dans le seul circuit pulsionnel qui ne cesse de tourner autour d’un vide; comme si aucun objet ne pouvait mettre un arrêt à ce mouvement incessant. Or, pour qu’un objet puisse prendre la fonction d’accrocher le sujet et de lui donner une assise, il faut qu’il ait pu le céder à l’Autre. Comme la séparation d’avec l’Autre n’a pas lieu, leur agitation exige une surveillance constante d’un Autre déjà trop présent. Et plus il est présent et plus forte est l’agitation. On pourrait dire que ces enfants ne franchissent pas ce temps de l’angoisse et restent dans ce vide sans issue. Pour en sortir il faut en passer par l’Autre dans lequel on a pu déposer l’objet pour l’extraire par la suite. Puisque la jouissance est perdue, il ne reste au sujet qu’un plus de jouir qui jamais ne pourra combler la perte. Il y aura toujours un manque, une insatisfaction. Ce ne sera jamais ça. Si l’objet est nécessaire pour permettre au circuit pulsionnel d’en faire le tour, il sera toujours raté, insatisfaisant. On peut observer dans notre époque contemporaine combien cette insatisfaction semble problématique aux enfants d’aujourd’hui. Il leur faut toujours autre chose. Dès qu’ils reçoivent l’objet désiré, ils en veulent déjà un autre. Aucun objet pourtant ne comblera jamais le manque qui est de structure. Les politiques de marketing utilise cette insatisfaction inhérente au sujet parlant pour écouler leurs produits. Ces enfants restent, dès lors, aliénés aux lichettes de jouissance. Ceci les empêche de subjectiver et d’assumer leur manque. Les objets de jouissance immédiate ont pris la place de l’objet cause du désir. Dans son article, “Enfant fétiche et phallus hyperactif” (La petite Girafe, n° 13, 2001, pp. 62-70.) Maryse Roy émet l’hypothèse que les enfants hyperactifs ne sont pas dégagés de leur identification au phallus maternel. Les enfants diagnostiqués par la psychiatrie comme hyperactifs, sont pour elle “des enfants symptômes d’une version de l’hystérie féminine moderne et plutôt que l’enfant hyperactif, je vous propose, dit-elle, le phallus hyperactif, c’est-à-dire l’enfant qui vient, en place de phallus, saturer le manque de la mère.” (p.67) L’enfant a à se situer entre la femme et la mère. “ Plus un enfant comble la mère, et plus il l’angoisse, dit J-A. Miller dans l’article “L’enfant et l’objet”, conformément à la formule selon laquelle c’est le manque du manque qui angoisse. La mère angoissée est d’abord celle qui ne désire pas ou peu ou mal en tant que femme. “ (La petite girafe, Une femme, ma mère, n°18, p. 8) J-A. Miller rappelle que la métaphore paternelle ne sert pas seulement à donner la signification phallique à la mère, elle la divise également en mettant l’accent sur le pas tout. Son enfant n’est pas tout pour elle, puisque le père fait de cette mère l’objet de son désir en tant que femme. L’enfant peut, dès lors, soit saturer son manque ou la diviser. Il la divisera dans la mesure où son désir se porte ailleurs, vers un homme notamment. Ce moment où l’enfant comble la mère et où tous les deux se satisfont de cette relation paradisiaque peut devenir un enfer si l’enfant y reste coincé. Il ne peut en sortir que si la mère continue à être une femme désirante. Pour l’enfant, il faut que l’affaire se règle ailleurs. C’est ce que fait le petit Hans quand il est délogé de ce monde paradisiaque avec sa mère. Elle en avait fait son petit homme ou plutôt son fétiche. En effet, elle l’amène partout avec elle: il est présent quand elle se lave, il l’observe à la toilette et se fait caliner dans le lit conjugal. Hans est d’ailleurs très préoccupé par son organe, qu’il compare avec celui des animaux. Il pose beaucoup de question sur le fait-pipi de son père, de sa mère de sa cousine. Depuis la naissance de sa soeur, sa mère est moins présente à lui et son premier rêve montre bien cela. Hans se lève un matin en larmes et raconte à sa mère :” J’ai cru que tu étais partie et que je n’avais plus de maman pour faire calin avec moi.” ( Cinq psychanalyses, p. 106) Hans, très désemparé, se sent éjecté de ce monde privilégié où il comblait totalement sa mère et s’imaginait faire partie d’elle. De plus, il est très démuni dans sa quête de savoir: sa mère a-t-elle un fait pipi, comment se font les bébés etc…? Pourtant, l’angoisse ne se déclenche que lorsque l’excitation de son organe le pousse à faire des propositions à sa mère. Un matin, Hans qui a 4 ans et 3 mois, reçoit son bain quotidien. “Sa mère le sèche et le poudre comme à son habitude. Elle le poudre autour de son pénis en prenant soin de ne pas le toucher. Hans demande alors: ‘Pourquoi n’y mets-tu pas le doigt?’ ‘Parce que c’est une cochonnerie’ répond la mère. Hans murmure, alors, ‘c’est pourtant très amusant’. “ ( Cinq psychanalyses, p. 103) Hans fait ainsi l’expérience de l’opacité du désir de sa mère. Que désire-t-elle? Il se sent laissé tomber et c’est alors qu’il fait appel à un animal qui fait peur. C’est aussi un appel au père. Il attend de lui qu’il se mette en colère, qu’il intervienne pour pouvoir s’identifier à lui. Mais ce père trop gentil, trop peu désirant par rapport à sa femme, oblige le petit Hans a trouvé dans ses symptômes phobiques une sortie à sa détresse. Cette solution rate dans la mesure où sa phobie renforce sa dépendance à sa mère, puisqu’il n’ose plus sortir seul dans la rue. C’est l’intervention de Freud et du père, soutenu par Freud, qui l’aidera à trouver, dans les fantasmes qu’il construira, une solution à ses symptômes. Dans l’article: “Hyperactivité: “Décomposer jusqu’à la niaiserie tout dramatisme de la vie humaine” ( La petite girafe, n° 26, Droit de cité du symptôme) Esthela Solano, met l’accent sur la nécessité de prendre chaque enfant au cas par cas. C’est ainsi qu’elle donne deux exemples d’enfants hyperactifs. Maxime qui est un sujet obsessionnel et Anthony, un sujet paranoiaque. L’enfant peut ou pas faire le choix de la névrose “ Le choix de la névrose, dit-elle, se détermine par rapport à un certain mode de relation du sujet à la jouissance pulsionnelle en tant que sexuelle. S’il n’y a pas choix de la névrose, c’est parce que le choix forcé se pose du côté de la psychose” (p. 33) Ce choix est lié aux premières rencontres du sujet avec la jouissance de la mère et avec ce qu’il représente dans le fantasme de la mère. “L’enfant (peut), en effet, réaliser la présence de l’objet a dans le fantasme (de la mère). ” (Lacan, “Note sur l’enfant”, dans Autres écrits, p. 373) S’il sature, sans médiation, le désir de la mère, cela signera la structure de la psychose. Le psychotique n’est pas séparé de l’Autre, il n’a pas perdu l’objet. Nous serons, dès lors, attentifs de saisir un au-delà dans ce que ces enfants mettent en scène dans leur agitation, dans les symptômes manifestent qu’ils présentent.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 12:35

Il reste des places disponibles. Il est donc possible pour qui le souhaite de s’inscrire aux deux dernières journées ou à l’une ou l’autre.

Atelier 1 : L'enfant hyper et ses pulsions

Aujourd'hui les enfants sont surtout décrits comme hyper, leurs symptômes vont le plus souvent dans le sens du trop d'excitation, d'agitation. Là où l'ère du Père, c'était l'inhibition qui régnait. Aujourd'hui que le féminin prend le pas sur le viril, c'est davantage l'illimitée de la jouissance qui pose problème. Mais pas question de le regretter. "L'Oedipe (et donc l'amour pour le père) n'est pas la solution unique du désir, c'est seulement sa forme normalisée et celle-ci est pathogène. " (JAM, in 4ème de couverture du Séminaire VI)

Avec la psychanalyse pour orientation, pas question non plus d'opter pour la solution addictive médicamenteuse qui ne fait qu'ouvrir la voie future des autres formes d'addiction comme solutions miracles.

Nous reprendrons dans cet Atelier l'étude des pulsions chez l'enfant en suivant le chemin du Séminaire XI et en nous gardant toujours au plus près de l'expérience de la clinique.

Le lundi 14 octobre 2013

Accueil 9h30 : présentation du thème de la formation par Katty Langelez

10h-12h : Introduction théorique par Monique de Villers

13h30-16h : exposés cliniques par Monique Vlassembrouck et Maïté Masquelier

Le jeudi 7 novembre 2013

9h30-12h : Exposé théorique et clinique par Thomas Roïc, responsable thérapeutique au Courtil.

13h30-16h : préparation de cas en sous-groupes

Le vendredi 22 novembre 2013

9h30-12h : Conclusion théorique par Alexandre Stevens

13h30-16h : discussion de cas

Lieu: Cripsa, 33 rue Huart Chapel à Charleroi

Paf : à verser sur le compte ING 360-0409591-63

Inscription : cripsa@ch-freudien-be.org

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 16:13

LE CHAGRIN ET LE REFUS. ENTRETIEN AVEC NICOLE ROLAND

Nicole Roland a reçu le « Prix Première » de la radio-télévision belge francophone 2011 pour son premier roman, Kosaburo, 1945. Depuis elle en a écrit un deuxième : Les veilleurs de chagrin.

Katty Langelez : Les conditions d’avènement de votre premier roman, la manière dont il est venu au jour est très particulière. Il est une réponse à un événement traumatique : il vient à la suite d’un deuil.

Nicole Roland : Oui, d’un deuil qui n’est pas accompli. Mais l’écriture a permis de faire une place au deuil, d’entreprendre un deuil. Donc le livre a surgi après la mort brutale de ma fille aînée, après des mois de stupeur, de latence, de chagrin fou et puis des mois de lecture des livres que ma fille, passionnée du Japon, possédait dans sa bibliothèque. Puis le mouvement du deuil s’est amorcé quand j’ai commencé à écrire, parce que ce qui s’est mis en jeu à ce moment-là c’est le travail sur la perte et sur la présence. Par l’écriture, il était possible d’élaborer cela, de mettre ce travail en place et d’aller vers une certaine élucidation, un certain apaisement.

K. L. : Donc un travail sur la présence et l’absence ?

N. R. : Oui. J’écrivais pour conjurer l’absence, pour ne pas la sentir aussi violemment, et ce qui s’est produit, c’est quelque chose d’assez miraculeux, c’est qu’en cours d’écriture se restaurait une présence, une présence autre. A partir de ce moment-là, j’ai poursuivi ce geste d’écriture jusqu’à écrire une histoire finalement. Au départ, c’était des vignettes, des images, de petites séquences, puis ça s’est relié. Il y a eu une élaboration à partir de là qui est venue, en fait, non pas pour créer un livre, mais pour essayer de me pacifier. Tant que j’écrivais et quand j’essayais de donner une forme à ce qui était là, la souffrance était supportable. Mais, il ne s’agit pas d’une écriture thérapeutique : ça ne soigne pas. Mais, par l’enjeu de la présence et de l’absence et l’aller-retour de l’un à l’autre, il y a un apport. Pour moi, ce travail d’écriture m’a remise parmi les autres vivants, sans que je le comprenne, mais cela s’est produit.

K. L. : Depuis lors, vous avez publié un deuxième livre, Les Veilleurs de chagrin, qui a eu un retentissement complètement différent du premier. Beaucoup de lecteurs l’ont trouvé très dur et difficile à lire. Et moi qui l’ai plus apprécié encore que le premier, je me questionne sur ces réactions.

N. R. : Oui, je viens encore de recevoir un courrier, hier ou avant-hier, d’une jeune femme qui m’écrit : « Je viens de lire Les Veilleurs de chagrin, je l’ai trouvé par hasard ». Et elle me dit : « Je suis complètement bouleversée. Je vous remercie. », et enfin des tas de choses très très positives. Mais j’ai rencontré quelqu’un qui m’a dit : « Vous ne pouviez pas écrire ce livre, c’est épouvantable. Je ne peux pas le supporter, etc. » Maintenant, c’est très curieux, parce que ce livre-ci provoque ou bien une adhésion absolue ou bien un rejet absolu. Et tout compte fait, cela ne m’étonne pas. Kosaburo, c’est une fable presque. Cela s’apparente à un conte. Ici, c’est un livre qui a été écrit dans le creux d’une analyse.

K. L. : Ce qui nous intéresse donc particulièrement…

N. R. : C’est très curieux parce que le début de l’élaboration des Veilleurs de chagrin est antérieur à Kosaburo. Quand j’ai écrit Les Veilleurs, j’étais en analyse et je n’allais pas très très bien naturellement. J’étais au bord de la destruction. J’ai repris une phrase de mon psychiatre dans le livre parce que je voulais qu’elle soit un viatique pour ceux ou celles qui le liraient. A la fin d’une séance, il avait clôturé celle-ci en déclarant : « Le suicide est une bonne question, mais c’est une mauvaise réponse », et c’était tout ce que j’avais pour ne pas me précipiter dans le vide, puisqu’après, la porte refermée, j’étais seule. Et cela m’a retenue. De la même façon, cela m’a retenue de la destruction quand il a dit : « Plutôt que de se détruire, ou d’inscrire des choses sur soi, il vaut mieux prendre une feuille de papier et écrire ». Ce sont deux moments qui ont provoqué la naissance des Veilleurs.

A l’origine de ce thème, il y a deux événements : un élève croisé dans un couloir que j’ai entendu dire à un autre : « la vie, c’est nul » sur un ton désinvolte presque désespéré. Je ne lui ai pas parlé et je l’ai regretté. Et je me disais : qu’est qu’on peut faire face au pire ? Qu’est-ce que c’est le pire ? A ce moment-là, c’était la fin de la liquidation au Kosovo. J’étais très perturbée par ce qui se passait là et devant quoi je me sentais tout à fait impuissante. Quand on est en analyse, on est très très poreux, on ressent tout. Du moins c’est ce qui se produisait pour moi. A ce moment-là, peu à peu, je me suis mise à transposer les choses, à les déplacer, à prendre un peu de distance et à imaginer le personnage d’Esther, qui est paléoanthropologue, et à penser à ce qui se faisait pour répondre à toute cette violence, toute cette injustice, tout ce mal. C’était le moment où les équipes du Tribunal pénal international allaient sur place, d’abord les équipes d’enquêteurs qui recueillaient les témoignages, et puis le moment où des humanitaires sont partis avec des archéologues, avec des anthropologues, avec des légistes, pour, sur la base des témoignages, relever, retrouver des corps cachés à la hâte. pour donner la preuve au TPI. C’est très curieux mais ce problème de la guerre, du mal, il fallait que j’y trouve une réponse. Je n’en ai pas trouvé évidemment, sauf que, en écrivant ce livre et en me documentant, en voyant ce que les gens avaient fait sur le terrain, ce à quoi ils avaient été affrontés, je me suis dit : contre le mal, il y a autre chose. Il y a ce qui fait de nous des humains, il y a la solidarité, il y a le refus, le refus de ces choses qui sont imposées, il y a des humains qui se penchent sur d’autres humains, et cela m’a rassurée. Cela m’a semblé une réponse possible. Je pensais pour Les Veilleurs de chagrin que la réponse pour Esther et pour les autres, c’était bien sûr, la solidarité entre eux, le front qu’ils formaient contre le mal absolu, qu’il y aurait de la justice sur cette souffrance. Maintenant, je crois un peu moins à la justice depuis, malheureusement. Mais la réponse, c’était cela : plus d’humanité et aussi l’appui sur la beauté, c’est la raison pour laquelle le livre est greffé : Esther a toujours avec elle Mrs Dalloway de Virginia Woolf, parce que la beauté sauve.

K. L. : C’est son doudou ?

N. R. : Tout à fait, et c’est ce qui la conforte, qui la rassure. Elle l’a toujours, même si elle ne peut pas lire, par moment les situations sont tellement extrêmes qu’elle n’arrive plus à lire. Mais, peu à peu, la lecture reviendra, mais la beauté est là, et elle peut le toucher. Ce livre, en plus, est un objet qui a été transmis. C’est un des seuls souvenirs qui lui reste de sa grand-mère paternelle, qui a disparu pendant la guerre, la deuxième Guerre mondiale, et dont on n’a retrouvé que le violon, et deux ou trois choses. Esther a la beauté à portée de la main et la solidarité humaine, ce sont les réponses que je mettais en place.

K. L. : Et l’écriture, me semble-t-il ! Dans Les Veilleurs, le psychiatre dit à Esther : « Il faut écrire » et elle se met à écrire et à se tenir à l’écriture.

N. R. : Oui, c’est un trait de génie de son psychiatre parce que, au moment où elle se met à écrire, elle comprend que écrire ce n’est pas raconter, mais c’est mettre en forme un certain chaos, c’est donner la possibilité d’un éclaircissement, qui n’est possible en fait qu’avec l’appui du psychanalyste. Elle ne lui parle pas de ce qu’elle écrit, mais lui, il a eu l’intuition profonde que, pour elle, c’était le moyen. L’écriture, c’est un médiateur.

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 00:06

L'enfant hyper et ses pulsions

Aujourd'hui les enfants sont surtout décrits comme hyper, leurs symptômes vont le plus souvent dans le sens du trop d'excitation, d'agitation. Là où l'ère du Père, c'était l'inhibition qui régnait. Aujourd'hui que le féminin prend le pas sur le viril, c'est davantage l'illimitée de la jouissance qui pose problème. Mais pas question de le regretter. "L'Oedipe (et donc l'amour pour le père) n'est pas la solution unique du désir, c'est seulement sa forme normalisée et celle-ci est pathogène. " (JAM, in 4ème de couverture du Séminaire VI)

Avec la psychanalyse pour orientation, pas question non plus d'opter pour la solution addictive médicamenteuse qui ne fait qu'ouvrir la voie future des autres formes d'addiction comme solutions miracles.

Nous reprendrons dans cet Atelier l'étude des pulsions chez l'enfant en suivant le chemin du Séminaire XI et en nous gardant toujours au plus prêt de l'expérience de la clinique.

Le lundi 14 octobre 2013

Accueil 9h30 : présentation du thème de la formation par Katty Langelez

10h-12h : Introduction théorique par Monique de Villers

13h30-16h : exposés cliniques par Monique Vlassembrouck et Maïté Masquelier

Le jeudi 7 novembre 2013

9h30-12h : Exposé théorique et clinique par Thomas Roïc, responsable thérapeutique au Courtil.

13h30-16h : préparation de cas en sous-groupes

Le vendredi 22 novembre 2013

9h30-12h : Conclusion théorique par Alexandre Stevens

13h30-16h : discussion de cas

Lieu: Cripsa, 33 rue Huart Chapel à Charleroi

Paf : 160 euros à verser sur le compte ING 360-0409591-63

Inscription : cripsa@ch-freudien-be.org

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 15:22

Atelier de lecture participative

Sept jeudis entre 12h30 à 14h30 au 33, rue Huart Chapel à Charleroi.

Les 26 septembre, 24 octobre, 5 décembre 2013, 23 janvier, 27 mars, 24 avril, 22 mai 2014

Lire Lacan vous intéresse mais sa complexité vous arrête. La question de l'autisme vous interpelle soit parce que vous travaillez avec des personnes autistiques, soit parce que vous vous intéressez à l'émergence du langage chez l'humain et ses conséquences : production du sujet de l'inconscient, exil de tout instinct, entrée dans le désir au détriment du besoin, etc. La question de l'autisme rejoint celle de la psychanalyse pure. Elle met au jour l'impact du signifiant sur le corps chez tout être parlant. Elle nous oblige à retourner aux fondements de la production du sujet, comme dans le Séminaire sur les Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse où Lacan élabore la théorie de l'aliénation et de la séparation.

Dans cet atelier de lecture participative, nous choisirons à chaque fois quelques extraits tirés du Séminaire XI ou des textes de Jean-Claude Maleval et Éric Laurent sur l'autisme. Nous les lirons, les interrogerons, les discuterons ensemble. Ainsi aborderons-nous des thèmes certes difficile mais qui seront rendus plus clairs grâce à cette lecture à plusieurs.

Pour vous inscrire, prendre contact avec Katty Langelez au 0475.36.50.19 ou par mail à l'adresse : cripsa@ch-freudien-be.org - paf : 70 euros à verser sur le compte ING 360-0409591-63

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Atelier 1 : L'enfant hyper et ses pulsions

Aujourd'hui les enfants sont surtout décrits comme hyper, leurs symptômes vont le plus souvent dans le sens du trop d'excitation, d'agitation. Là où l'ère du Père, c'était l'inhibition qui régnait. Aujourd'hui que le féminin prend le pas sur le viril, c'est davantage l'illimitée de la jouissance qui pose problème. Mais pas question de le regretter. "L'Oedipe (et donc l'amour pour le père) n'est pas la solution unique du désir, c'est seulement sa forme normalisée et celle-ci est pathogène. " (JAM, in 4ème de couverture du Séminaire VI) Avec la psychanalyse pour orientation, pas question non plus d'opter pour la solution addictive médicamenteuse qui ne fait qu'ouvrir la voie future des autres formes d'addiction comme solutions miracles.

Nous reprendrons dans cet Atelier l'étude des pulsions chez l'enfant en suivant le chemin du Séminaire XI et en nous gardant toujours au plus prêt de l'expérience de la clinique.

Le lundi 14 octobre 2013

Accueil 9h30 : présentation du thème de la formation par Katty Langelez 10h-12h : Introduction théorique par Monique de Villers
13h30-16h : exposés cliniques par Monique Vlassembrouck et Maïté Masquelier

Le jeudi 7 novembre 2013

9h30-12h : Exposé théorique et clinique par Thomas Roïc, responsable thérapeutique au Courtil.
13h30-16h : préparation de cas en sous-groupes

Programme du CRIPSA en 2013-2014

Le vendredi 22 novembre 2013

9h30-12h : Conclusion théorique par Alexandre Stevens 13h30-16h : discussion de cas
Lieu: Cripsa, 33 rue Huart Chapel à Charleroi
Paf : 160 euros à verser sur le compte ING 360-0409591-63 Inscription : cripsa@ch-freudien-be.org

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Atelier 2 : l 'accompagnement en institution des sujets au bord de lalangue

À la fin de son enseignement, Lacan a dérangé toutes les allées qu'il avait jusque là bien tracées pour sortir de nouveaux concepts dont celui de lalangue. Cette langue intime de laquelle la jouissance est peu à peu chassée par la langue officielle, commune, celle qui par la grammaire et l'orthographe va lever les équivoques. Cette lalangue si difficile à retrouver par les analysants est souvent présente à ciel ouvert chez les personnes présentant une déficience mentale et pour qui l'opération du symbolique est défaillante. Notre souci n'étant pas d'éduquer et de mettre au pas cette lalangue pour le bien commun de la langue, que faisons-nous des lors de ces productions langagières particulières? Comment notre travail peut-il s'appuyer sur la langue intime des sujets pour trouver leur juste place dans l'Autre et savoir y faire avec la demande et les exigences sociales.

Le lundi 3 février 2014

Accueil 9h30 : présentation de la formation par Katty Langelez
10h-12h : Katty Langelez, Comment opère la supervision en institution dans l'accompagnement?
13h30-16h : présentation de cas par l'équipe des Ateliers du 94

Le jeudi 20 février 2014

9h30-12h : Frédéric Bourlez, pratique en institution auprès d'enfants autistes 13h30-16h : préparation de cas en sous-groupes

Le vendredi 14 mars 2014

9h30-12h : Guy de Villers, Qu'est-ce que lalangue ? 13h30-16h : discussion des cas

Lieu : Ateliers du 94 à Houdeng-Goegnies
Paf : 160 euros à verser sur le compte ING 360-0409591-63 Inscription : cripsa@ch-freudien-be.org

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