L’évènement du week-end : le colloque Uforca à la Mutualité sur le désir et la loi animé par Jacques-Alain Miller. Avant l’entrée dans la salle, les piles du volume du Séminaire VI de Lacan, en primeur avant sa sortie en librairie, qui disparaissaient à vue d’œil, et juste à côté l’équipe des J 43, distribuant aux responsables ACF les affiches, les flyers, les 4 pages d’inscription, matériel lui aussi disparaissant à vue d’œil. On n’avait pas prévu assez, à Pipol, on complètera… La salle est comble et le travail commence.

Des analystes témoignent de leurs rencontres avec le réel de la modernité du sexe, féminin, masculin, transgenre. Sous ce phénomène de société, abordé comme tel par certaines interventions, ils mettent en évidence ce trauma qu’est le sexe pour le sujet parlant : l’incertitude ou au contraire la certitude d’appartenir à un genre, la division devant le changement des rôles traditionnellement associés à un genre plutôt qu’à un autre, les choix subjectifs opérés en analyse, la discordance entre d’un côté le genre, terme qui désigne l’impossible appartenance à une identification sexuée, et de l’autre, le mode de jouissance relevant de la marque infantile que le texte de H. Castanet situait très justement du côté de la contingence et donc du réel, toujours scandaleux. Un débat de fond soulevé par J.-A. Miller à propos du cas présenté par S. Harrison que commenta E. Laurent : pour Lacan, le transsexualisme est toujours du côté de la psychose. Et pour les analystes d’aujourd’hui, qu’en est-il ? Cèderons-nous au politiquement correct ? Nous avons une voie cependant, autre, ouverte par l’enseignement du dernier Lacan, celui de la clinique borroméenne : le transsexualisme est un nouage, par le moi contre la jouissance localisée dans le génital.

Donc, un moment passionnant qui traitait déjà des bonnes et des mauvaises rencontres avec le réel, des rencontres possibles, et des rencontres impossibles. La trame traumatique du sujet parlant était partout à l’œuvre : en novembre prochain, nous la mettrons à nu.

 Et puis pour finir, entendre Jacques-Alain Miller sur Le désir et son interprétation, ce dernier séminaire qu’il vient d’établir ! L’entendre sur trauma et fantasme, et découvrir une autre signification du trauma : le point panique du sujet face à l’opacité de l’Autre et le fantasme comme « élaboration de l’expérience traumatique ». Voilà une piste de travail précieuse pour les J43.

Christiane Alberti, Marie-Hélène Brousse

*Lire à la rubrique Bibliothèque (Orientation lacanienne) les références au traumatisme dans le Séminaire VI.