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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 23:19
Le samedi 7 mars, nous aurons l'occasion de voir ou de revoir un film de Judith Du Pasquier intitulé "Nos inquiétudes". Il sera projeté au théâtre de l'Ancre à Charleroi dans le cadre de notre cycle "la psychanalyse aujourd'hui". Philippe Stasse, psychanalyste à Namur et membre de l'Ecole de la cause freudienne, viendra animer avec nous un débat autour de ce film et des questions sur ce qu'est devenue la psychanalyse aujourd'hui.

Depuis l'invention freudienne à l'entrée du XXème siècle, la civilisation occidentale a beaucoup changé, son malaise a pris d'autres formes et les symptômes des individus se sont également transformés. Aujourd'hui ce n'est plus l'inhibition qui est à l'avant-plan mais l'excès, les addictions, les dépendances. Aujourd'hui nous ne sommes plus malades de la censure, des interdits mais nous sommes égarés, perdus, déboussolés dans une société de consommation qui nous indique notre accès au bonheur vers un toujours plus. Nous sommes passés du discours du maître au discours capitaliste comme le développe brillamment Jean-Claude Encalado dans un texte qu'il nous a autorisé à diffuser sur le blog de cripsa. Alors aujourd'hui quelles sont les applications que la psychanalyse peut encore prendre dans ce nouveau contexte ? Joseph Rossetto le 23 novembre dernier est venu nous parler du travail mis en place dans le Collège Pierre Sémard de Bobigny (en banlieue parisienne) où il a été Principal pendant sept années. Un film "Quel classe, ma classe!" a été projeté et Joseph Rossetto nous a exposé avec enthousiasme la position qu'il avait choisie d'adopter et de soutenir dans son école avec l'aide d'un collègue psychanalyste, Philippe Lacadée, venant animer régulièrement des conversations avec les enseignants. Cette expérience inédite de soutien d'un désir qui ouvre l'accueil du plus particulier de chaque enfant est la démonstration d'une forme d'application de discours de la psychanalyse en acte. Démonstration passionnante et joyeuse.

Cette fois, c'est avec le témoignage de trois analysants dans cet autre film que l'on pourra découvrir ce que la psychanalyse a pu apporter à ses sujets contemporains en souffrance. Et grâce au débat, chacun pourra poser ses questions sur ce qu'est effectivement la pratique de la psychanalyse aujourd'hui au-delà des clichés réducteurs véhiculés par les médias. Nous pourrons aussi débattre des raisons pour lesquelles nous pensons et nous soutenons que la psychanalyse aujourd'hui est encore la meilleure réponse au malaise et aux différentes souffrances que les humains du XXIème siècle transportent.

La psychanalyse, comme l'amour et particulièrement comme amour retenu, non réalisé, qui ne se noie pas dans l'illusion de la passion, permettra aux sujets hypermodernes, sujets solitaires, de faire médiation entre les uns-tout-seuls. C'est la thèse qu'avance Jacques-Alain Miller dans une intervention faite à Commendatuba au Brésil en 2004, parue dans Mental n°15 et intitulée "Une fantaisie".

A écouter aussi sur le site www.causefreudienne.org dans la rubrique "Réponses à vos questions", une intervention orale d'Eric Laurent, réponse à la question "Pourquoi Lacan aujourd'hui?"

Katty Langelez
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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 18:34
Atelier 2 : Le sexuel est traumatique. Comment accompagner les adolescents dans leur rencontre avec ce réel ?


Cette formation est destinée à tous ceux qui travaillent avec des adolescents : enseignants, éducateurs, psychologues, animateurs, etc. et qui souhaitent les aborder différemment, développer un autre point de vue et les accompagner dans cette traversée difficile et délicate qu'est l'adolescence. Nous partons de l'idée de Freud dans « Propos sur le suicide » que le plus important est qu'ils trouvent des relais, des points de référence extérieurs à la famille et qui leur donnent envie de vivre. Nous appuierons aussi ces trois journées sur la référence à un ouvrage de Philippe Lacadée récemment publié et intitulé L'éveil et l'exil. « L'adolescent perçoit souvent les modifications de son corps comme un autre corps qui fait effraction (le sexuel est traumatique!). Il se heurte à quelque chose d'intraduisible, se confronte à une impasse, au sentiment d'un vide teinté de honte. Cette honte peut mener au dégout, à la haine de soi. Pour parer ce vide, la dimension de l'agir permet à l'adolescent d'accomplir « le grand écart » et d'inventer d'autres partenaires, d'autres scènes, d'autres communautés de vie, voire de se mettre en danger. » D'où l'importance de leur offrir, de leur permettre de rencontrer d'autres personnes qui peuvent devenir des points d'où ils pourront se voir aimables et avec lesquelles ils pourront tisser une conversation qui leur permette de traduire l'indicible, l'insupportable auquel ils ont affaire. Comment soutenir une telle conversation ? En quoi diffère-t-elle d'une autre conversation ? C'est aussi ce que nous aborderons au cours de ces trois journées.


Le mardi 8 janvier 2008
9h30-11h : Conférence d'introduction par Bruno de Halleux
11h30-13h : Conversation clinique avec BdH
14h-16h : exposé clinique par Katty Langelez

Le jeudi 17 janvier 2008
9h30-11h : Conférence par Claire Piette
11h30-13h : Conversation clinique avec CP
14h-16h : Lecture commentée d'un texte de Philippe Lacadée

Le vendredi 25 janvier 2008
9h30-11h : Conférence par Thierry Vandewyngaert
11h30-13h : Conversation clinique avec TVdw
14h-16h : Atelier de lectures par Jean-Marc Josson

Les programmes plus détaillés avec titres et arguments pour chaque intervention seront publiés sur le blog de cripsa http://cripsa.over-blog.com Pour être tenu informé des nouveaux articles parus, inscrivez-vous à la newsletter.

Lieu : Centre de recherche et d’intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa)
33, rue Huart Chapel à Charleroi
Inscription : Le nombre de places est limité à 20 participants par Atelier.
Paiement : 150 euros par Atelier. Versement à effectuer sur le compte n° 360-0409591-63 en indiquant en communication l’Atelier choisi.
Coordonnées à renvoyer à l’adresse ci-dessus ou par e-mail : cripsa@ch-freudien-be.org
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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 22:08
Atelier 1 : La psychose chez l'enfant. Quels en sont les signes, les conséquences pour le sujet et quel travail est possible.

Le mardi 6 novembre 2007
9h30-11h : Conférence d'introduction par Alexandre Stevens
11h30-13h : Conversation clinique avec AS
14h-16h : Exposé clinique par Monique Vlassembrouck et Maïté Masquelier

Le jeudi 15 novembre 2007
9h30-11h : Conférence par Monique Verhelle
11h30-13h : Conversation clinique avec MV
14h-16h : Commentaire clinique du texte de Jacques Lacan, Allocution sur les psychoses de l'enfant, par Katty Langelez

Le vendredi 23 novembre 2007
9h30-11h : Conférence clinique par Danielle Devroede
11h30-13h : Conversation clinique avec DD
14h-16h : Atelier de lecture par Guy Poblome


Atelier 2 : Le sexuel est traumatique. Comment accompagner les adolescents dans leur rencontre avec ce réel ?


Le mardi 8 janvier 2008
9h30-11h : Conférence d'introduction par Bruno de Halleux
11h30-13h : Conversation clinique avec BdH
14h-16h : exposé clinique par Katty Langelez

Le jeudi 17 janvier 2008
9h30-11h : Conférence par Claire Piette
11h30-13h : Conversation clinique avec CP
14h-16h : Lecture commentée d'un texte de Philippe Lacadée

Le vendredi 25 janvier 2008
9h30-11h : Conférence par Thierry Vandewyngaert
11h30-13h : Conversation clinique avec TVdw
14h-16h : Atelier de lectures par Jean-Marc Josson


Atelier 3 : La psychose ordinaire, un nouveau concept. Définition, pertinence et clinique.

Le samedi 16 février 2008
9h30-11h : Conférence d'introduction par Daniel Pasqualin
11h30-13h : conversation clinique avec D P
14h-16h : Exposé clinique par Philippe Bouillot

Le samedi 8 mars 2008
9h30-11h : conférence par Monique de Villers
11h30- 13h : conversation clinique avec MdV
14h-16h : Exposé clinique par Marie-Françoise De Munck

Le samedi 19 avril 2008
9h30-11h : conférence clinique par Geert Hoornaert
11h30-13h : conversation clinique avec GH
14h-16h : Atelier de lectures animé par Guy de Villers

Les programmes plus détaillés avec titres et arguments pour chaque intervention seront disponibles sur le blog de cripsa à partir de septembre prochain. Sur http://cripsa.over-blog.com


Lieu : Centre de recherche et d’intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa)
33, rue Huart Chapel à Charleroi
Inscription : Le nombre de places est limité à 20 participants par Atelier.
Paiement : 150 euros par Atelier. Versement à effectuer sur le compte n° 360-0409591-63 en indiquant en communication l’Atelier choisi.
Coordonnées à renvoyer à l’adresse ci-dessus ou par e-mail : cripsa@ch-freudien-be.org
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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 22:41
Les tocs dans la névrose et dans la psychose
                               
Monique de Villers

TOC est l’acronyme de « Trouble Obsessionel Compulsif ». Une idée obsédante est dite compulsive lorsqu’elle se présente comme une obligation d’accomplir un acte, même si on sait qu’il est absurde. Exemple : se lever du pied droit sinon un malheur arrivera à un proche, ou se laver sans cesse les mains ou encore vérifier plusieurs fois de suite la fermeture des portes, etc…

Pour le thérapeute comportementaliste, un Toc est un trouble qu’il faut éradiquer. Pour le psychanalyste, au contraire, ce comportement inadéquat est à prendre comme un symptôme. « La psychanalyse n’est rien sans le symptôme qu’elle met au travail. […] Entre psychanalyse et TCC, il y a l’intervalle de la formalisation du symptôme ».i

Mais, du point de vue de la psychanalyse, qu’est ce qu’un symptôme ?

Pour Freud, le symptôme est une formation de l’inconscient. Quand la représentation d’un désir est inconciliable avec le principe de réalité ou les exigences morales, elle se voit refuser l’accès à la conscience. Cette représentation liée à une satisfaction pulsionnelle est, dès lors, repoussée, refoulée dans l’inconscient. Mais le refoulé cherche à faire retour dans la conscience. Il y parvient grâce à une formation symptômatique. Le symptôme renoue, en effet, la représentation inconciliable avec la jouissance qui y est associée.
L’hystérique se défend de cette représentation inconciliable par l’oubli, l’amnésie. Mais, si le souvenir de la représentation est perdu, la pulsion, au contraire, trouve une autre voie de satisfaction.  Dans l’hystérie, la jouissance fait retour dans le corps sous forme de troubles somatiques. Le report d’une somme d’excitation dans le corps est appelé, par Freud, conversion hystérique.
L’obsessionnel se défend de la représentation inconciliable en séparant l’affect et la représentation. Le refoulement a dépouillé le souvenir traumatisant de sa charge affective de sorte qu’il ne reste au niveau conscient qu’une représentation apparemment sans importance. La libido, par ailleurs, régresse au stade narcissique, stade de l’érotisation de la pensée et du surinvestissement du moi. L’obsessionnel contrôle la réalité par la pensée, par des ruminations incessantes. Il jouit de sa pensée qui devient obsédante et inhibe l’action.
Il y a donc conversion d’un côté et déplacement de l’autre. Le symptôme est toujours la conséquence d’un conflit. C’est un compromis qui permet un nouveau rapport entre la jouissance et la représentation signifiante. Pour Freud, déchiffrer le symptôme c’est retrouver le sens sexuel qui s’y trouve caché et dévoilé à la fois.

Pour Lacan, le symptôme est de structure. Il est lié à notre condition de parlêtre. Comme sujet du langage, nous avons été séparé de notre être de jouissance. L’intrusion de la langue a mortifié notre corps, l’a vidé de la jouissance primitive. C’est le fantasme qui, en articulant le sujet parlant et l’objet de la pulsion, permet la récupération d’une part de cette jouissance perdue.
Le symptôme est la marque dans le corps de ce trauma. Entre le corps et le langage, il y a un rapport impossible. Le symptôme est la façon singulière du sujet de renouer le symbolique (le champ signifiant) et le réel (la jouissance). Il habille ce rapport impossible en en faisant un rapport symptômatique. Le symptôme est la trace de notre exil, dit Lacan dans Le Séminaire XX, Encore,ii, de notre exil de cette jouissance primitive par le fait qu’on est un être parlant. L’effet du dire laisse des traces énigmatiques dans le corps, qu’on appelle  symptôme. Dans le symptôme, il y a un sens à déchiffrer, un savoir insu, certes, mais il y a aussi une jouissance à reconnaître, un hors sens qui est notre mode particulier de jouir. Et même si le symptôme est gênant, le supprimer purement et simplement équivaudrait à une mutilation de l’être.

Le symptôme permet aussi d’identifier la manière dont tiennent les éléments de la structure. S’il est absent, comme c’est le cas dans la psychose, il est à construire comme un sinthome, sorte de suppléance à la défaillance de la métaphore paternelle. Il renoue les trois ronds borroméens, le réel, le symbolique et l’imaginaire. S’il est présent, il est à déchiffrer pour lever ce qu’il a de trop invalidant pour le sujet jusqu’au point de non-sens qu’il comporte, jusqu’au noyau de jouissance qui fait la particularité du sujet.

Freud et les TOCS

C’est dans « l’Homme aux rats, » paru en 1909 sous le titre Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle et publié en français dans Cinq psychanalyses,iii que Freud aborde les troubles compulsifs obsessionnels.
Voici l’histoire de ce cas.
Un jeune homme de formation universitaire consulte Freud parce qu’il souffre d’obsessions. Sa maladie consiste particulièrement en appréhensions. Il craint qu’il n’arrive quelque chose à deux personnes qui lui sont chères : à son père et à la dame de ses pensées. Lutter contre ses idées obsédantes lui a fait perdre des années.
Enfant, il a eu des gouvernantes assez libérées qui se laissaient toucher et regarder. Ces expériences ont développé chez lui une forte curiosité sexuelle. Vers six ans, il avait ses premières érections. Il en était honteux, supposant que celles-ci avaient un rapport avec sa curiosité de regarder les femmes nues. En éprouvant ses désirs, il avait, dit-il, « un sentiment d’inquiétante étrangeté comme s’il devait arriver quelque chose si je pensais cela et comme si je devais tout faire pour l’empêcher ».iv Ces phénomènes, nous dit Freud, c’est déjà la névrose obsessionnelle complète qui comporte une composante sexuelle, le voyeurisme, et une interdiction. Elle implique, en effet, son problème et son apparente absurdité, à savoir un désir obsédant associé à une crainte aussi obsédante : qu’il arrive quelque chose de terrible s’il se laisse aller à ce désir de regarder des femmes nues : « Nous avons ainsi une pulsion érotique et un mouvement de révolte contre elle ; un désir (pas encore obsessionnel) et une appréhension (ayant déjà le caractère obsessionnel) ; un affect pénible et une tendance à des actes de défense. C’est l’inventaire complet d’une névrose. »v Freud  constate, dans tous les cas de névrose obsessionnelle, une sexualité précoce.
 
La grande appréhension obsédante du sujet s’est produite lors de manœuvres militaires. Lors d’une halte, il perd son lorgnon et téléphone à son opticien afin qu’il lui en envoie un autre. C’est au cours de cette halte, qu’un capitaine fait le récit d’un supplice particulièrement épouvantable pratiqué en Orient, à savoir qu’on attache un prisonnier et qu’on lui retourne sur les fesses un pot dans lequel on introduit des rats qui s’enfoncent dans l’anus. En racontant ce supplice, le jeune homme avait « sur son visage une expression complexe et bizarre, expression que je ne pourrais traduire autrement, dit Freud, que comme étant l’horreur d’une jouissance par lui-même ignorée ».vi Quand le colis arrive, ce même capitaine lui dit qu’il doit en rembourser le montant au lieutenant A., alors qu’en réalité, c’est l’employée de poste qui a avancé l’argent du colis. Lui vient l’idée de ne pas rendre l’argent sinon ce supplice arrivera à son père ou à la dame aimée mais une deuxième idée contredit aussitôt la première : « Tu dois rendre l’argent au lieutenant. » Ce conflit rend le remboursement impossible puisque chaque pensée est annulée par son contraire :  rendre ou ne pas rendre l’argent.
C’est finalement un ami qui l’arrête dans ses hésitations, ses détours et son incapacité à agir. Il le rassure et l’accompagne dans sa démarche pour rembourser sa dette. Doutes, annulations, procrastinations sont des défenses pour ne pas poser l’acte. De plus, ces mécanismes, au service de la pulsion de mort, lui apportent une jouissance morbide qu’il ignore totalement.
 
Le patient a l’idée que son père pourrait être victime de ce supplice des rats. Or ce père, il l’admirait beaucoup, le respectait et l’aimait. Le travail de la cure fera émerger des souvenirs qui nuanceront ce portrait idéalisé du père et révèlera l’ambivalence de ses sentiments à son égard. Son père est mort depuis plusieures années. Le soir de sa mort, il demande au médecin quand il sera hors de danger. Le médecin lui dit « après demain soir ». Il s’endort rassuré, ne s’imaginant nullement que son père pouvait mourir avant cette échéance. Or, c’est ce qui arriva : son père décéda la nuit même.
Ce n’est que quelques temps après, quand il réalise vraiment la disparition du père, que le souvenir de sa négligence l’obsède. Il se fait alors de violents reproches. Il s’imagine être un grand criminel. Il ne peut plus travailler ; la culpabilité et les reproches l’inhibent tout à fait. Freud dit : « Quand il existe un désaccord entre le contenu d’une représentation et son affect, c’est-à-dire entre l’intention d’un remords et sa cause, le profane dirait que l’affect est trop grand pour la cause, c’est-à-dire que le remords est exagéré et que la déduction tirée de ce remords est fausse, par exemple, dans le cas de notre patient, de se croire un criminel. Le médecin dit au contraire : non, l’affect est justifié, le sentiment de culpabilité n’est pas à critiquer, mais il appartient à un autre contenu, qui lui est inconnu et qu’il s’agit de rechercher. »vii
Et c’est effectivement ce que va faire Freud : rechercher la cause de la culpabilité inconsciente de ce patient . De quoi donc est-il coupable, de quel crime ?

L’obsessionnel sépare l’affect de la représentation. Cet affect libéré peut, dès lors, s’accrocher à d’autres représentations. Il se fixe parfois sur des détails qui n’ont que peu à voir avec le trauma ancien, comme c’est le cas ici.
 
Dans chaque individu, deux types de pulsion sont à l’œuvre; il y a, d’une part, les pulsions de vie ou pulsions sexuelles, Eros, et, d’autre part, les pulsions de mort appelés Thanatos. Dès le début de la vie, ces deux pulsions sont intriquées l’une à l’autre. La fonction de la pulsion sexuelle est de tempérer la pulsion de mort. Elle la canalise et la pousse vers l’extérieur où elle se transforme en pulsion de destruction, de maitrise, de domination, etc… Mais lorsqu’il y a désintrication des pulsions à une période trop précoce de la vie, la pulsion sexuelle n’arrive plus à contrôler la pulsion de destruction. L’amour tente alors de repousser, de refouler la haine dans l’inconscient, mais là cette haine s’accroit librement et revient en force chaque fois que l’amour est en jeu. Pour ce sujet, l’amour intense qu’il avait pour son père empêchait le sentiment de haine de devenir conscient. Il y a donc un conflit incessant entre ces deux forces : amour/haine. C’est ce qui donne à la névrose obsessionnelle ces caractéristiques d’alternance, d’indécision, de doute, d’annulation et d’inhibition.
Voici un exemple d’une compulsion à protéger suivie d’une annulation : « Le jour du départ de la dame, notre patient heurta du pied une pierre dans la rue. Il dut l’enlever de la route, ayant songé que, dans quelques heures, la voiture de son amie, passant à cet endroit, pourrait avoir un accident à cause de cette pierre. Mais quelques instants après, il se dit que c’était absurde et dut retourner remettre la pierre au milieu de la route. »viii La compulsion à protéger son amie est aussitôt suivie d’un sentiment hostile : remettre la pierre et qu’elle se fasse mal. La névrose obsessionnelle découle de ce conflit entre l’amour et la haine, de l’ambivalence des sentiments.

Le jeune homme savait que son père n’était arrivé à sa situation de fortune que grâce à son mariage avec une femme riche alors qu’il était amoureux d’une fille pauvre.
Le patient est lui-même amoureux d’une femme d’origine modeste. Or, après la mort du père, la mère fait le projet de le marier à la fille d’un riche cousin. Ce plan matrimonial suscite le conflit suivant : rester fidèle à son amie ou suivre les traces de son père et épouser une fille riche. Ce conflit entre son amour et la volonté du père trouve sa solution dans la maladie. Il recule ainsi la fin de ses études, condition exigée pour ce mariage et postpose, par la même occasion, un choix impossible à faire. Ses craintes, ses obsessions et ses inhibitions  retardent effectivement de plusieurs années l’achèvement de ses études. « Mais, nous dit Freud, ce qui résulte d’une névrose en constituait l’intention : le résultat apparent de la maladie en est, en réalité, la cause, le mobile pour tomber malade. » ix

Le souvenir le plus ancien de son père se situe à 3 / 4 ans. Son père l’avait châtié parce qu’il se masturbait. Il en gardait l’idée que son père était un trouble fête et un gêneur par rapport à son plaisir sexuel. Il se souvint d’une autre punition qu’il avait reçue à la même époque. Il  avait fait quelque chose de répréhensible ( il avait mordu la bonne) et son père l’avait roué de coups. Il se serait mis en rage contre son père l’injuriant pendant que celui-ci le châtiait. Mais, comme il ne connaissait pas encore de jurons, il avait crié « Toi lampe ! Toi serviette ! Toi assiette ! etc… » Le père bouleversé par cette explosion intempestive s’arrêta net et s’exclama : « Ce petit-là deviendra ou bien un grand homme ou bien un grand criminel ». Notre patient est convaincu que cette scène avait produit sur lui, ainsi que sur son père, une impression durable. Son père ne l’avait plus jamais battu. Quant à lui-même, il rend cette scène responsable d’une certaine modification de son caractère : par crainte de la violence de sa propre rage, il était devenu lâche. » x

C’est  la prise de conscience de sa haine à l’égard du père qui lui donne accès aux nombreuses significations de l’obsession des rats (Ratte, en allemand).
Le rat évoque, tout d’abord pour lui, le rat de jeu (Spielratte). Son père, quand il était officier, avait joué au jeu une somme d’argent qui lui avait été confiée, se comportant comme un Spielratte. Il aurait eu de gros ennuis si un camarade n’avait pas remboursé l’argent qu’il avait perdu. Son père avait essayé de retrouver ce camarade, ultérieurement, pour s’acquitter de sa dette. Or il ne l’avait jamais retrouvé et n’a pas pu payer sa dette. Les paroles du capitaine : « Tu dois rembourser ta dette » ont résonné en lui comme une allusion à la dette non payée du père, dette qui lui incombait de prendre en charge.
Une extraordinaire abondance de matériel émerge peu à peu qui lui donne accès à la  compréhension du  sens  sexuel de ses symptômes.
Les rats qui grouillaient dans le rectum pouvaient être comparés aux grands ascaris qui grouillaient dans son rectum, infection dont il avait souffert enfant. Ceci nous amène à l’érotisme anal et aux rapports sexuels par voie anale.
Les rats évoquaient également de l’argent. Il comptait effectivement en quote-part qui s’écrit Rate en allemand. « Dans son état obsessionnel quasi délirant, il s’était constitué un véritable étalon monétaire en rats. »xi
Les rats représentaient aussi l’infection : les rats sont, en effet, propagateurs de maladie et, notamment, de la syphillis. Et, par déduction, le rat prenait la signification du pénis.
Le rat, enfin, symbolisait l’enfant et tout particulièrement cet enfant qu’il avait été quand il mordait, comme le font les rats. «Or lui-même, nous dit Freud, avait été un petit animal dégoutant et sale qui, lorsqu’il se mettait en rage, savait mordre et subissait pour cela de terribles punitions. Il pouvait en vérité reconnaître dans le rat son « image  toute naturelle ». Le destin lui avait lancé, pour ainsi dire, dans le récit du capitaine, un mot auquel son complexe était sensible et il n’avait pas manqué d’y réagir par son idée obsédante. » xii
Le récit du capitaine cruel s’est connecté à la scène de son enfance où lui-même avait mordu. Le capitaine avait pris la place de son père autoritaire et attiré sur lui la haine qui avait jadis éclaté contre la cruauté paternelle. Ce souhait (« c’est à toi que l’on devait faire cela ») était le signe de cette animosité et s’adressait au-delà du capitaine au père du patient.

Dans la névrose obsessionnelle, en effet, la libido reste fixée au stade sadique anal, stade où l’ambivalence est la plus forte. Ambivalence entre le désir de plaire et de répondre aux exigences de l’adulte et la révolte contre cet adulte interdicteur. Il y a pour l’enfant un conflit entre la demande de l’adulte et la satisfaction pulsionnelle. Ce conflit se traduit par une ambivalence entre les sentiments d’amour et de haine, qui est à l’origine des idées obsédantes. La pensée, qui se présente sous forme de ruminations, est survalorisée et se substitue à l’action. Les doutes, les hésitations, les annulations maintiennent l’indécision et l’impossibilité de poser un acte.

Freud nous a montré que les répétitions compulsives sont un traitement du doute. On vérifie pour obtenir une certitude que l’on n’obtient pas. Ce qui donne à penser que le désir inconscient du névrosé est de rester dans le doute et l’indécision dans le but de se mettre à l’abri d’un choix à faire, d’un acte à accomplir. Le désir reste ainsi dans la dimension d’un impossible à réaliser.

Nous pouvons, dès lors, déduire de cette présentation le long travail qui a été nécessaire pour, d’une part, comprendre le sens des symptômes et, d’autre part, reconnaître la jouissance qu’ils contenaient. La cure psychanalytique ne cherche pas à éradiquer les symptômes obsessionnels, mais elle permet de saisir leur utilité dans la vie psychique du sujet. Quand, par exemple, comme c’est le cas ici, le sujet découvre l’ambivalence de ses sentiments, il pourra lâcher ses défenses contre la haine présente dans l’amour et abandonner ses doutes et ses hésitations lorsqu’il aura une décision à prendre. De même, le sujet pourra retrouver le chemin de ses désirs lorsqu’il se sera dégagé de cette jouissance morbide qu’il trouve dans la rumination et le contrôle de la pensée. La guérison vient de surcroît, nous apprend Freud. Un long chemin est nécessaire pour retrouver les causes inconscientes des symptômes et ainsi reconquérir une santé psychique.


Comment faire un diagnostic différentiel ?

Les symptômes obsessionnels peuvent recouvrir une structure psychotique. C’est le cas d’un jeune homme qui présente certains traits d’une névrose obsessionnelle : des idées obsédantes, des compulsions à vérifier, à compter, des craintes qu’il lui arrive une catastrophe ou qu’il soit contaminé. Tous ces symptômes font de sa vie un enfer. Il ne cesse de douter, d’hésiter, d’annuler ce qu’il voudrait accomplir. Nous avons donc un beau tableau de névrose obsessionnelle.

Pourtant, certains phénomènes donnent à penser que derrière ces comportements se cachent une angoisse profonde et un vide psychotique. On peut situer un moment de bascule dans l’enfance lorsque, lors d’un camp de vacances, son seul ami se détache de lui pour se joindre à d’autres enfants. Cet ami, sorte de double imaginaire, le rassurait et lui donnait un appui social. Sans cet ami, il n’a plus ses béquilles imaginaires et se trouve sans défense face au monde extérieur. A partir de ce moment-là, il n’osa plus sortir seul. Toute séparation, en effet, provoquait des crises de détresse et d’angoisse.
Un autre élément suspect se situe à l’adolescence. Dans la cour de récréation de l’école, il  entend le mot « homo » et a la certitude que ça s’adresse à lui. Si on le dit, c’est qu’il est homosexuel ; il ne saisit ni le discours moqueur, ni les railleries entre garçons. Il ne s’agit donc pas, dans ce cas, d’une identification à un signifiant mais plutôt d’une pétrification. Le sujet n’est pas, comme dans la névrose, représenté par un signifiant pour un autre signifiant, il est pétrifié dans le signifiant qui le désigne.xiii
Par ailleurs, le sujet ne comprend ni les jeux de mots, ni les équivoques. Il lui manque la dimension de la métaphore pour saisir les astuces de la langue. La parole est prise dans son sens littéral et le persécute, « Elle me torture », dit-il. De plus, il se sent perpétuellement menacé, en danger de mort : on veut l’empoisonner, le contaminer. Pendant son sommeil,  il est à la merci d’un Autre féroce qui pourrait abuser de lui ou même l’assassiner.
Pour rencontrer des filles, il cherche des modèles d’hommes qui puissent lui montrer comment faire pour séduire une femme. Ces hommes virils et performants sont mis à la place d’un idéal et restaurent ainsi l’axe imaginaire moi et moi-idéal. Quand  le signifiant « père » manque, dit Lacan, «  il faudra, que le sujet en porte la charge et en assume la compensation, longuement, dans sa vie, par une séries d’identifications purement conformistes à des personnages qui lui donneront le sentiment de ce qu’il faut faire pour être un homme. »xiv  Ce  nouveau cadrage imaginaire le protège de la persécution des mots et de l’angoisse de mort.
Dans ce cas, les symptômes obsessionnels, le doute, l’hésitation, l’annulation, lui évitent la rencontre avec un réel insupportable. La rumination mentale n’est autre qu’une obligation de penser sans cesse pour rester vivant et faire barrage à l’horreur de la mort qui pourrait le surprendre. On voit donc la nécéssité, pour ce sujet, de recourir aux symptômes obsessionnels. Ceux-ci servent de suppléance à la défaillance du Nom-du-Père et lui permettent de se débrouiller dans la vie sociale et professionnelle. Il n’est donc pas question de supprimer ses symptômes même s’ils ne lui facilitent pas la vie, car ils recouvrent un vide psychotique bien plus terrifiant encore.

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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 22:57
Les  Ateliers du CRIPsa à Charleroi

Quatrième Atelier : Les structures de la famille, hier et aujourd'hui

Samedi 24 mars 2007
9h30-11h : Guy de Villers, La place de l’enfant dans le lien familial à l’heure hypermoderne
Le retour à Freud opéré par Lacan doit beaucoup au structuralisme de Claude Lévi-Strauss et de Roman Jakobson. L’approche de la famille comme structure qui noue alliance et parenté a permis une relecture de l’Œdipe freudien en termes d’opération métaphorique. Toutefois, à l’heure de l’hypermodernité, des mutations profondes affectent le régime des familles. Elles appellent une révision en profondeur de son abord psychanalytique en mettant en évidence la place de l’enfant comme objet de jouissance là où ça manque dans l’Autre.

11h30-13h : Atelier de lecture sur « Les complexes familiaux » de Jacques Lacan (1ère partie)

14h-16h : Nadine Page, La famille contemporaine, un résidu?
Notre époque est le témoin de mutations profondes des formes de la famille, qui atteignent jusqu'à la différenciation, notamment des fonctions de père et de mère. Quels en sont les enjeux, et les effets sur la constitution des symptômes; c'est ce que nous nous proposons d'explorer.
Samedi 28 avril 2007
9h30-11h : Alexandre Stevens, La psychanalyse n'a rien contre l'homoparentalité
Il arrive que des psychologues, parfois même des psychanalystes, deviennent moralistes. Ils disent alors qu'il est nécessaire pour les enfants de disposer d'identifications sexuées claires et que le rôle du père et de la mère doivent rester tels qu'écrit depuis toujours dans l'Oedipe. Mais ces psychologues-là ne voient pas que la société évolue. Rien du point de vue psychanalytique n'objecte à l'homoparentalité, ni une théorie des identifications, ni la nécessaire fonction paternelle. La seule question que la psychanalyse pose à l'homoparentalité : il y a-t-il dans votre couple une altérité radicale ou une tendance au même ?

11h30-13h :  Atelier de lecture sur « Les complexes familiaux » de Jacques Lacan (2ème partie)

14h-16h : Jean-Claude Encalado, Un mariage symptomatique
Il y a une connexion entre l’histoire du mariage et les fonctions du symptôme. Le symptôme traite l’intrusion de la jouissance brute dans le corps, répond à l’absence d’écriture du rapport sexuel, et invente un lien social. L’histoire du mariage (dans le droit romain, le droit canonique, le code civil et le pacs) est elle aussi une innovation, est une élaboration symbolique, juridique, qui, dans un même mouvement, traite la jouissance du corps et invente un lien social.

Quand on considère le mariage sur la longue durée, on constate ceci : le mariage selon le droit romain est un contrat dont l’élément central et dissymétrique est le Paterfamilias ; le mariage selon le droit canonique trouve son fondement dans sa référence à l’Autre divin, et les litiges seront réglés par la juridiction exclusive de l’Eglise. Or, après l’avènement du protestantisme, au XVIème siècle, après l’accroissement de la puissance des juridictions séculières, au XVIIème siècle, après la virulence des attaques des Lumières contre la religion, au XVIIIème siècle, le mariage va être progressivement comme décroché de sa référence canonique à l’Autre divin et de sa référence romaine au Paterfamilias. Ce au point que le mariage civil seul sera considéré comme mariage légitime, tandis que le mariage religieux sera, quant à lui, relégué au statut de fête. Le XXème siècle vérifie les conséquences de décisions prises lors de la Révolution française.

Depuis trente ans, nous assistons à d’autres modifications. Il ne s’agit pas seulement de l’augmentation des divorces, ni de la réduction de la durée des mariages, ni des remariages et des recompositions familiales. Il s’agit de quelque chose d’inédit dans l’histoire des civilisations, et qui touche à ce que Lévi-Strauss appelle la structure de parenté. Il s’agit du mariage homosexuel et des nouvelles pratiques de la conception rendues possibles par la PMA.

La structure de parenté nouait lien symbolique et lien biologique. La conception d’enfants, lien biologique, était conséquente à la relation sexuelle entre un homme et une femme, relation sexuelle encadrée dans tout un système symbolique, système symbolique qui définissait le lien symbolique (à défaut de quoi, cette relation sexuelle était taxée de « fornication », et l’enfant d’« illégitime »).

Or, aujourd’hui, le mariage homosexuel touche à cette structure de parenté. Il évite la différence des sexes, et dénoue lien biologique et lien symbolique. Par là, il se révèle être un traitement symptomatique inédit du non rapport sexuel.


Samedi 12 mai 2007
9h30-11h : Jean-Louis Aucremanne,  Drogues et liens familaux
Tel était le thème de la dernière Conversation du TyA à Bruxelles.
« Les liens familiaux sont souvent au cœur de la pratique avec des sujets dépendants, tant par la place qu’ils occupent dans les dires de ces sujets que par les problèmes concrets qui s’y rattachent : conflits ou ruptures avec la famille d’origine, usages de drogues au sein d’un couple ou d’une famille, difficultés que rencontrent les enfants de parents toxicomanes ou les parents de consommateurs » (Extrait de l’argument)
En repartant des présentations cliniques de cette conversation et de textes de Freud et de Lacan, nous essayerons de tirer quelques enseignements pour la psychanalyse appliquée à l’alcoolisme et à la toxicomanie.

11h30-13h :  Atelier de lecture sur « Les complexes familiaux » de Jacques Lacan (3ème partie)

14h-16h : Marie-Françoise De Munck, Société traditionnelle et fonction paternelle
Nous tenterons une approche de la fonction paternelle au regard d'une société traditionnelle particulière : les Peuls Wodaabé du Niger. De nos jours encore, cette ethnie a gardé des traditions ancestrales. Les relations familiales se caractérisent par des tabous très importants. De ce fait, les Wodaabé sont aussi appelés "le peuple du tabou". Quels enseignements et quelles interrogations pouvons-nous formuler dans la confrontation de repères familiaux qui, sous certains aspects,  peuvent
sembler très éloignés des nôtres ? Tradition et fonction paternelle recouvrent-elles les mêmes attributions ?


Lieu : Centre de recherche et d’intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa) - 33, rue Huart Chapel à Charleroi
Inscription : Le nombre de places est limité à 20 participants par Atelier.
Paiement : 150 euros par Atelier. Versement à effectuer sur le compte n° 360-0409591-63 en indiquant en communication l’Atelier choisi. Coordonnées à renvoyer à l’adresse ci-dessus ou par e-mail : cripsa@ch-freudien-be.org
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24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 00:07
Plus que quelques jours avant le début de l'Atelier 3 sur les TOC ! Ils nous restent plusieurs places disponibles, n'hésitez pas à nous contacter pour vous inscrire à la journée si vous ne pouvez vous dégager les trois jours. Dans ce cas vous ne payerez que 50 euros. Notre numéro de téléphone : le 0475/36.50.19

Petite bibliographie pour entrer dans les références qui feront la trame de cette formation :

FREUD, "Le sens des symptomes", XVIIème conférence, in Introduction à la psychanalyse (1916-1917), Payot.
FREUD, Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle (L'homme aux rats) (1909), in Cinq psychanalyses, PUF.
FREUD, L'homme aux rats, Journal d'une analyse(1909), PUF.
FREUD, "Obsessions et phobies"(1895), in Névrose, psychose et perverdion, PUF.
FREUD,  "Actions compulsionnelles et exercices religieux", in Névrose, psychose et perversion, PUF.
FREUD, "La disposition à la névrose obsessionnelle" (1913), in Névrose, psychose et perversion, PUF.
PERA-GUILLOT Valérie, Ethique et TOC, in l'Anti-livre noir de la psychanalyse, Seuil, 2006.
SOLANO Esthela, Apprendre à lire la névrose obsessionnelle, conférence clinique de l'ECF, LEL n°33, in http://www.causefreudienne.org
JONES Ernest, quelques cas de névrose obsessionnelle, extraits, in documents des conférences  cliniques, in http://www.causefreudienne.org
DE GEORGES Philippe, La réponse obsessionnelle, argument pour les conférences cliniques, in http://www.causefreudienne.org


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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 15:30
Atelier 2 suite

Petit message pour vous signaler la parution d'une intervention de Philippe Lacadée, sous le titre "Le passage à l'acte des adolescents". Vous pouvez le trouver sur le site de l'Ecole de la cause freudienne www.causefreudienne.org dans la section Lettre en ligne n°34.
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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 23:37
La deuxième séance de notre cartel a pris comme référence deux textes dans La conclusion de la cure - Variétés cliniques de la sortie d’analyse : "Résolution curative" et "La résolution curative dans le cas du petit Hans".

Ce sont deux rapports qui situent l’orientation de fin de cure dans l’enseignement de Lacan à partir de sa lecture du mythe en terme de structure.

Le premier texte situe le cheminent de Lacan par rapport à l’Œdipe : une formalisation où opère une structure non à trois termes mais un quaternaire avec le phallus puis l’objet a. C’est tout l’effort de Lacan depuis son séminaire en 1955 sur « La Lettre volée » en passant par « L’Instance de la Lettre » en 1957 et jusqu’au séminaire IV en 1956-1957  « La relation d’objet » : son appui pris non sur une théorie sémantique mais sur le modèle mathématique pour repérer une logique à l’œuvre.

Ainsi le mythe se présente comme nous désignant et nous enseignant sur ce qui est de plus réel et qui peut se déchiffrer (intervention de JAM à Barcelone 94). Il met en jeu un lieu de non-sens, lieu d’un impossible, que le modèle mathématique de l’algorithme permet de logifier, de traduire : écritures des permutations, de formules de fantasme, de substitutions, de réductions qui écrivent une logique à l’oeuvre, une manière pour le sujet de se débrouiller avec les questions que son être lui pose..

C’est cette structuration du mythe qui permet de nouer les créations signifiantes qui se déploient dans la cure à un impossible enjeu qui s’y déploie et que le sujet s’efforce de résoudre.

Cela situe le statut du symptôme analytique comme une réponse du sujet à l’énigme qu’il rencontre et la coextensivité ou l’équivalence du développement du symptôme et de sa résolution curative. A cette époque c’est le versant vérité et déchiffrage du symptôme qui est mise en avant mais aussi une définition du symptôme qui le situe non seulement comme structure signifiante mais comme siège d’une vérité et lié à quelque chose au-delà du réel, au-delà du principe de plaisir « ça parle là où ça souffre ».

Mais si Lacan propose l’algorithme comme procédé résolutif dans sa « proposition  du 9 octobre en 67 » et qui contient le programme qui suppose la vérification exhaustive de toutes les possibilités de l’impossible que le sujet articule, il y a un reste. Freud l’articule comme «sensibilité du complexe » et Lacan le désigne comme un produit restant : l’objet a.

Ce qui nous intéresse dans ce développement c’est ce que Lacan a élaboré la formule de la résolution curative autour de la lettre, support matériel ayant fonction de supporter le message et noyau de notre être : un c’est cela, qui n’a d’autre destin que d’être rebut.

La phobie exemplifie la fonction de signifiant comme marque, localisation, ancrage de quelque chose pour le sujet et en même temps comme défense devant la jouissance.

Ainsi « wegen dem pferd » dans le cas du petit Hans déploie ses multiples fonctions et révèle le moment où apparaît la phobie : sa constitution sur le mode métonimique avec fixation de désir et sa fonction de métaphore qui vient remplacer le père défaillant et qui agit comme cause, coupure du sujet en le fixant à une séries de significations cristalisées.

Ainsi Hans démontre la théorie du signifiant et de la lettre puisque il parvient par une logique signifiante à se débarrasser de sa phobie.

Le deuxième texte exemplifie la mise en équation faite par Lacan dans le séminaire La relation d’objet  à partir du cas du petit Hans. C’est cette logification  qui permet de situer les limites de la solution trouvée par Hans et donne des indications sur une orientation de cure non pas centré sur la résolution du symptôme mais sur les solutions du sujet par rapport à l’impossible qu’il rencontre.

Nous avons relevé quelques repères intéressants pour nous enseigner du cas quant à l’orientation de cure :

-La phobie de Hans comme suppléance au père carent : un premier traitement de Hans pour répondre à l’énigme de son être.

 Hans prélève le signifiant de sa phobie sur une phrase du père  « ne le touche pas du doigt, il te mordra ». Cela va s’articuler à l’onanisme de Hans, ce moment où le pénis réel fait vasciller le phallus imaginaire qui le mettait dans une relation spéculaire à la mère. Jusque là il était inclut dans une homogénéité au modèle maternel : tous ont le phallus, un universel comme tel qui n’était pas sans angoisse pour lui, mais une angoisse non paralysante puisqu’elle fait de Hans un explorateur du monde autour de lui, qu’il ordonne, organise à partir de cette prémisse. Une « welt anschauung » disait Freud et qui dit le lien de la sexualité, de l’énigme que le sujet y rencontre avec l’éveil de son intelligence.

-La progression de Hans à partir de ce signifiant phobique qui se décline, se déplace, permute, se substitue, et lui permet de localiser une jouissance réelle, de construire sa théorie sur la naissance, et de rencontrer la castration maternelle.

Ce qui devient possible, dit Lacan, est l’impossible satisfaction de sa mère. C’est par un travail de métaphore et de métonimie que le symbolique va se substituer à l’imaginaire.

-La mise en équation de deux fantasmes conclusifs de Hans conduit Lacan à un au-delà de Freud.

Freud conclut au triomphe de l’Œdipe pour Hans comme résolution curative à partir du fantasme de l’installateur  qui lui met un fait-pipi tout neuf et celui où il exprime le désir de se marier avec sa mère et d’avoir des enfants avec elle et où il fait du père le mari de la grand-mère. Pour Freud Hans triomphe de l’Œdipe : l’angoisse de castration est surmonté et le désir de mort du père construit en le rendant inoffensif.

Par contre, Lacan met l’accent sur la différence des fantasmes assez proches : celui du plombier et celui de l’installateur qui fait le passage de la morsure au dévissage et symbolise la castration maternelle : elle est décomplétée par le dévissage. Le fantasme de l’installateur fait tomber cette opération sur Hans : une castration mais qui ne tombe pas sur le pénis. Là où Freud dit « triomphe de l’oedipe » Lacan amène la formule finale de la solution trouvée par Hans et permet de situer ce que devient le père carent après la phobie : une fonction atypique du père : il demeure en fonction de la mère et Hans trouve une identification à l’idéal de la mère : obtenir des enfants, substituts phalliques.

La logification de Lacan montre la résolution curative en termes de réduction et de traitement du fantasme sous transfert mais aussi les impasses de Hans. S’il est guéri de sa phobie, il ne l’est pas de l’Autre sexe : oedipe inversé dit lacan.

 

Quelques réflexions surgies lors du cartel
 
-Par rapport à l’oedipe inversé où l’objet d’amour est le père pour Hans et le situe dans une position homosexuelle par rapport au père  et situe la mère comme agent de castration. Une fonction du père qui ne divise pas la mère : femme et mère. Pour cela il faut l’action du père, de son désir, de sa perversion.

-la phobie est plaque tournante entre psychose et névrose : pourquoi Hans n’est-il pas psychotique ? Hans aurait-il pu déclencher ? Est-ce le soutien de Freud au père qui l’oriente du côté névrose ? On voit que cela opère : avec la métaphore et la métonimie il y a mise en scène de la phobie qui traite les énigmes qu’il rencontre et donc il y a la souplesse du sujet Hans  par rapport au signifiant qui oriente ses réponses du côté névrose. Il y a aussi que le fait qu’il prélève le signifiant de sa phobie du côté père, d’emblée, et que cela opère avec lui comme tiers du côté de ce qui le lie à la mère. Il y a là un choix du sujet, d’emblée.

-par rapport à l’angoisse : deux versants : être l’objet de la mère, donc elle n’est pas castrée, la mère reste phallique. L’autre versant c’est l’angoisse face à la castration maternelle et en tant qu’on peut l’être aussi.

-la fin de résolution est différente pour Freud et Lacan.

Pour Freud : rétablir l’oedipe, une structure à trois termes et donc introduire le père.

Pour Lacan : quatre termes entrent en compte. La résolution c’est quand l’enfant n’est plus l’objet de la mère.

Dans la névrose l’objet est perdu : Hans s’en détache. On voit le passage où il accepte que la mère est castrée puisque l’objet est séparé- par la médiation de la naissance de la petite sœur.

-comment répondre au symptôme. L’histoire de Zénon concernant Achille et la tortue, Achille inhibé sur la ligne de départ avec la tortue : il veut la rattraper mais comment, car dès qu’il se met en mouvement il la dépasse ? Achille est donc inhibé par l’énoncé de départ. La psychanalyse lève cette inhibition en situant de l’ impossible dans l’énonciation départ , c’est un signifiant, et qui oblige Achille à faire un saut : celui de lâcher la tortue, son objet, pour pouvoir se mettre en mouvement. Contrairement à Zénon qui conclut à l’impossibilité du mouvement, la psychanalyse parie sur les déplacements..signifiants.  

Monique Vlassembrouck
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8 octobre 2006 7 08 /10 /octobre /2006 23:52
Les Ateliers du CRIPsa à Charleroi

Premier Atelier : Jusqu’où travailler avec les enfants en thérapie et comment arrêter ?
 

Mardi 7 novembre 

9h30-11h : Bruno de Halleux, Fin de cure, début d'analyse ?
Y a-t-il une psychanalyse des enfants ? se demande Michel Silvestre dans son ouvrage paru au Seuil, "Demain la psychanalyse". La réponse à cette question est déterminante pour introduire au thème de la journée "Jusqu'où travailler avec les enfants en thérapie et comment arrêter ?" Les repères que nous prendrons dans le séminaire de la relation d'objet permettent de nous éclairer sur le savoir-faire des psychanalyste quand ils reçoivent des enfants. Nous mettrons en série quelques cas pour déplier l'enjeu de notre titre.

11h30-13h : Maïté Masquelier, Du monstre aux monstres de papier
J'aborderai la question de la fin de la cure avec les enfants à partir d'un cas clinique où la question de la demande sera à resituer après la levée du symptôme. Qui demande ? Qu'elle est la demande ? Qui poursuit et que poursuit-on ? "Mon fils est demandeur " sont les premiers mots que la maman de Sylvain m'adressera. "Il faut qu'il parle à quelqu'un". Quel chemin Sylvain parcourera-t-il pour pouvoir se déprendre de la demande de l'Autre et ainsi tenter de dire en son nom qu'il ne veut plus venir ?

14h-16h : Monique Stasse-Verhelle, Quelle(s) fin(s) pour la psychanalyse appliquée avec les enfants?
Nous tenterons d'approcher cette question de la fin du "traitement" avec les enfants à partir de situations cliniques. Quand et pourquoi arrête-t-on de recevoir un enfant?  Les cas de figure sont multiples : de la rupture du lien thérapeutique, en passant par l'étiolement, la suspension, l'interruption ou l'arrêt consenti de commun accord des rencontres. Mais l'arrêt des rencontres peut-il toujours être qualifié de "fin"? Si le travail et le maniement du transfert sont à construire et à calculer de manière particulière, au cas par cas, n'en va-t-il pas de même pour la fin du travail? N'est-ce pas là aussi, la lecture de la clinique et de la structure qui doit nous guider? N'est-ce pas après-coup qu'il est possible d'éclairer la fin dont il s'est agi dans ce cas précis avec ce sujet en particulier ?
Nous préférerons alors, plutôt que de parler de "la" fin du travail avec les enfants distinguer des modalités de sortie du lien transférentiel. La "fin" du travail ne consisterait-t-elle pas d'ailleurs ,dès le début et au moins pour une part, à permettre au sujet d'aménager sa sortie ?
 
Jeudi 16 novembre

9h30-11h : Dominique Haarscher, Modalités de début et de fin de cure
A partir du dernier enseignement de Lacan, nous interrogerons non seulement les modalités de fin de cure mais aussi de début de cure. Nous savons que la demande vient rarement de l’enfant lui-même. Le transfert implique un Autre qui a minima demande pour l’enfant au départ. La mise en place du transfert de l’enfant dépendra aussi du transfert de cet Autre. Quant à la fin, peut-on parler de véritable fin de cure avec un enfant ? L’arrêt, la suspension ou une ponctuation de la cure sont des modalités que nous retrouvons plus souvent. Celles-ci peuvent relever d’une décision de l’enfant lui-même. Pour éclairer cet aspect nous évoquerons quelques vignettes cliniques.

11h30-13h : discussion clinique avec les participants

14h-16h : Yves Vanderveken, La disparition d’un symptôme ? Et après ?

Jacques Lacan a très clairement élaboré, à partir de la clinique infantile même, ce qui est à attendre d'une cure menée à son terme chez l'enfant névrosé. Dans son séminaire D'un Autre à l'autre, il revient sur son analyse minutieuse de la cure du petit Hans faite dans son séminaire La relation d'objet. A la lumière d'une clinique centrée sur la jouissance, il logifie la question à partir de ce qu'il considère "ne pas avoir été obtenu" dans la cure de cet enfant concernant son rapport à la sexualité et à l’Autre sexe. Nous tenterons de suivre et d'élucider ses pas sur cette question. Nous verrons qu’il la mène bien au-delà de la disparition du symptôme pour lequel l’enfant névrosé vient consulter, une phobie ici, en l'occurrence. Il ose même, pour le marquer, cette provocation qui, in fine, vise toutes les thérapies : "Quelle en est l'issue, à part ceci, que le petit Hans n'a plus peur des chevaux ? Et après ? Est-ce là tout l'intérêt d'une telle recherche, de faire qu'un ou mille petits bonhommes soient délivrés de ce quelque chose d'embarrassant qu'on appelle une phobie ? L'expérience prouve que les phobies ne mettent pas beaucoup plus longtemps à guérir spontanément (...)".
 
 
Vendredi 24 novembre 

9h30-11h : Monique Vlassembrouck, Quand ça se déloge
La clinique avec les enfants est une clinique qui explore le mode de présence que sont le père et la mère au sujet, en tant qu'il a rapport à leur mode de jouissance.
C'est une clinique de mise en place de la dimension métaphorique de la famille pour opérer sur ce qui est en jeu dans ce que l'enfant rencontre : savoir, jouissance, objet a.Si les symptômes de l'enfant sont une réponse parfois en impasse, ils sont "notre partenaire" dans la rencontre pour explorer avec lui ces liens et pour parier sur des positionnements subjectifs qui laissent une marge au sujet et où il aura à se déterminer.Pari pour déloger le sujet en quelque sorte.Nous nous appuierons sur la clinique rencontrée dans un atelier thérapeutique avec des enfants pour déployer cette visée de travail dont l'arrêt est plutôt interruption que fin. 
 
11h30-13h : discussion clinique avec les participants
 
14h-16h : Atelier de lecture avec Guy Poblome
Hay un fin de analisis para los ninos
, "Il y a une fin de l'analyse pour les enfants". Voici une affirmation qu'Eric Laurent n'hésite pas à avancer comme titre d'une conférence qu'il a faite à Paris en 1991 au Séminaire de psychanalyse avec les enfants de l'Ecole de la Cause freudienne. Curieusement, cette conférence faite en français ne semble avoir été publiée qu'en espagnol dans la revue Uno por Uno, n° 39, 1994 (au moment où j'écris ces lignes, je n'ai pas encore trouvé une version française). Ce texte sera donc traduit de l'espagnol à l'occasion de cet atelier de lecture. L'enjeu de l'atelier sera, dans un travail de lecture en commun, de tenter d'extraire de ce texte très fourni en références qui lui donnent un aspect de circonvolutions, le fil qui va de l'Oedipe freudien à son au-delà et les conséquences que l'auteur en tire pour la fin de l'analyse avec les enfants. Le texte sera à disposition des participants au plus tard une semaine avant l'atelier. Quelques participants seront inviter à présenter une partie du texte pour lancer la discussion que nous tiendrons ensemble.
 

Lieu : Centre de recherche et d’intervention en psychanalyse appliquée (CRIPsa) - 33, rue Huart Chapel à Charleroi

Inscription : Le nombre de places est limité à 20 participants par Atelier.

Paiement : 150 euros par Atelier. Versement à effectuer sur le compte n° 360-0409591-63 en indiquant en communication l’Atelier choisi. Coordonnées à renvoyer à l’adresse ci-dessus ou par e-mail : cripsa@ch-freudien-be.org
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